Pour ceux qui croient que l’Église a remplacé Israël et qu’Israël n’a plus aucun rôle dans le plan futur de Dieu, Romains 11 contient l’un des messages les plus puissants du Nouveau Testament. Tout commence au verset 13, où Paul s’adresse directement aux non-Juifs. Il déclare sans détour : « Mais je vous le dis, à vous, les non-Juifs… »
Paul ne se contente plus d’expliquer la situation d’Israël. Ici, il met en garde les croyants issus du paganisme quant à leur attitude envers Israël. Que prévoit-il qu’ils diront ? Regardez le verset 19 : « Tu diras alors : « Des branches ont été retranchées afin que je sois greffé à leur place. » Quelle affirmation extraordinaire ! Paul anticipe la conclusion même qui allait marquer des siècles d’histoire de l’Église dont certains affirmaient qu’Israël aurait été écarté pour leur permettre de prendre sa place. Or, dans Romains 11, Paul répond « non » de bien des manières !
Il leur dit très clairement qu’ils ont été greffés et qu’ils ne doivent pas faire preuve d’arrogance. Ils ne doivent ni se vanter aux dépens des branches, ni se croire supérieurs, ni conclure que Dieu en a fini avec Israël. Paul a mis en garde contre ce danger il y a plus de 2000 ans. C’est ce qui rend Romains chapitre 11 si remarquablement pertinent pour l’Église d’aujourd’hui.
Quelle devrait être l’attitude de l’Église envers Israël aujourd’hui ? Écoutez attentivement ce que dit Paul dans Romains 11. 11 : « Je dis donc : ont-ils trébuché pour tomber ? Loin de là ! Mais, par leur transgression, le salut est parvenu aux non-Juifs afin de provoquer leur jalousie. » Ici, Paul nous révèle quelque chose de remarquable. C’est à cause de la transgression d’Israël que le salut est parvenu aux non-Juifs. Même si la nation d’Israël n’a pas accepté Jésus, l’Évangile s’est répandu parmi les non-Juifs grâce à un Reste de croyants juifs, faisant ainsi des nations les bénéficiaires des bénédictions spirituelles à travers Israël. Mais que doivent faire les croyants issus des nations(non-Juifs) en attendant ? Paul nous le dit précisément ici, au verset 11. Et ne passez pas à côté de ceci, car il ne s’agit pas d’une simple suggestion de Paul. Ce sont des paroles inspirées par le Ruach HaKodesh (l’Esprit Saint) : « Le salut est parvenu aux non-Juifs, afin de provoquer leur jalousie. » Cela fait partie de l’appel du croyant issu des nations envers Israël : non pas de le remplacer, de le mépriser ou de s’enorgueillir à ses dépens, mais de susciter chez Israël de la jalousie envers leur propre Messie promis. Que veut dire exactement Paul par « provoquer leur jalousie » ? Aujourd’hui, lorsque nous entendons le mot « jalousie », nous y associons généralement une connotation négative. Nous pensons à l’envie, au désir de posséder ce qu’un autre a, ou à la peur de perdre un être cher. Mais ce n’est pas ce que Paul a à l’esprit ici. Paul décrit une jalousie qui éveille le désir et le zèle. Imaginez quelqu’un qui n’a jamais connu la paix de Dieu en train d’observer une autre personne traverser une épreuve terrible avec une paix extraordinaire. Il pourrait se dire : « Je veux cette paix que cette personne possède. » Ou imaginez quelqu’un qui n’a jamais connu de famille aimante être accueilli dans un foyer empreint de chaleur, de pardon et d’amour véritable. Quelque chose s’éveille en lui et il se dit : « J’aimerais avoir une famille comme celle-ci. » Ou encore, pensez à une personne qui a passé des années à chercher un sens à sa vie et qui rencontre quelqu’un dont la relation avec Dieu est si authentique, si joyeuse et si captivante qu’elle finit par dire : « Quoi que tu aies trouvé, je veux le connaître aussi. »
C’est là l’aspect positif de la jalousie. Appliquons maintenant cela à Romains chapitre 11. Paul affirme que lorsque Israël voit des non-Juifs adorer le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, lire les Écritures d’Israël, croire au Messie d’Israël, recevoir les bénédictions spirituelles promises par l’intermédiaire d’Israël et manifester la joie, la paix, l’amour et l’espérance qui découlent de Lui, quelque chose devrait s’éveiller en Israël. Ils devraient se dire : « Ce sont nos Écritures. Ce sont nos promesses. C’est notre Messie. Comment les non-Juifs en sont-ils venus à jouir de ces bénédictions ? » C’est précisément ce genre de jalousie que Paul souhaite voir les non-Juifs susciter. Il y a aussi quelque chose de fascinant dans le langage employé. Les notions de jalousie et de zèle sont étroitement liées. Le verbe grec utilisé ici par Paul est parazēloō (παραζηλόω) ; il est construit sur la même racine zēl (ζηλ) qui donne naissance aux termes associés au zèle. Nous avons vu qu’ils possèdent déjà du zèle, mais sans la connaissance ; or les non-Juifs possèdent cette connaissance : partagez-la donc avec eux afin de stimuler et d’accroître ce zèle pour le Seigneur. Paul nous amène à l’un des versets les plus importants de tout ce chapitre. Il va expliquer pourquoi Israël compte toujours aux yeux de Dieu et pourquoi la place d’Israël dans Ses desseins n’a pas disparu. Il le fait au moyen de deux illustrations extraordinaires contenues dans un seul verset : la pâte (la challah) et l’olivier.
Romains 11. 16 déclare ceci : « Si les prémices sont saintes, la masse l’est aussi et si la racine est sainte, les branches le sont aussi. » Deux illustrations sont présentées ici : la première concerne les prémices et la masse (ou la pâte), qui sont mises à part et saintes. Commençons par cette illustration : que sont — ou qui sont — les prémices, et que représente la masse ? C’est ici que Paul nous entraîne dans un voyage merveilleux à travers la Torah et l’Histoire. À propos de la parabole de la pâte, par les mots mêmes qu’il emploie, Paul nous renvoie à Nombres 15. 17-21. Là, au moment où Israël entrait dans le pays, il lui fut ordonné de prélever les prémices de sa pâte pour les offrir au Seigneur. Le principe était simple : les prémices appartenaient à Dieu. Cette première partie étant mise à part pour Dieu, elle représentait l’ensemble. Paul reprend ce commandement ancien et en applique le principe à Israël : « Si les prémices sont saintes, la masse l’est aussi. » Qui sont ces prémices ? Paul vient d’évoquer le Reste fidèle ; dans le passé d’Israël se trouvent les patriarches — Abraham, Isaac et Jacob — mis à part par Dieu et bénéficiaires de ses promesses. Ainsi, si les prémices sont saintes, mises à part pour Dieu, alors la pâte qui en est issue est sainte elle aussi.L’idée de Paul n’est pas que tout Israélite croyant est automatiquement juste ; il fait plutôt référence au Reste d’Israël qui, aujourd’hui encore, continue de proclamer le message des Écritures, tout comme le firent Abraham, Isaac et Jacob.
Cela nous amène tout naturellement à la seconde illustration de Paul : du premier morceau de pâte à l’olivier. Quelle est la racine ? La racine est la source, fondée sur l’alliance, de la sainteté et de la bénédiction d’Israël ; elle représente les promesses faites aux patriarches et finalement accomplies en la personne du Messie. C’est de cette riche racine issue de l’alliance que les branches tirent leur nourriture. Mais qu’en est-il des branches ? Ici, Paul se montre très précis. Les branches naturelles sont les Juifs. Certaines branches naturelles demeurent sur l’arbre ; il s’agit des Juifs croyant en Yeshua.D’autres sont retranchées à cause de l’incrédulité ; ce sont les Juifs qui ne croient pas.
Visionner : Romains 9-11, 6e partie – L’Église a-t-elle remplacé Israël?