La négation des dogmes se fait par infiltration insidieuse

 

Abordons maintenant une autre dimension remarquable de la prophétie biblique, celle qui concerne l’église de Dieu elle-même. Quel sera son état spirituel à l’approche de la fin des temps ? À quels dangers les croyants seront-ils confrontés ? À quoi devons-nous être attentifs ?

 

Les Écritures nous éclairent abondamment sur ces questions. Aujourd’hui, nous commençons l’étude d’un petit livre remarquable qui aborde ces dangers avec une urgence extraordinaire : le « Sefer Yehudah », c’est-à-dire l’Épître de Jude. Cette lettre a été rédigée il y a près de 2000 ans ; pourtant, les avertissements qu’elle contient restent d’une actualité saisissante, non seulement pour l’époque de Jude, mais aussi pour la nôtre.

 

Dans cette courte épître, Jude met en lumière un point essentiel : l’importance et le sérieux de la foi biblique en ces derniers temps. Il nous invite à examiner le fondement même de nos convictions. Quelle est la solidité de notre foi en Dieu ? À quel point sommes-nous enracinés en Yeshua ? Avec quelle fermeté demeurons-nous attachés à la vérité et à l’autorité de sa Parole ? Nous découvrirons que cette lettre ne laisse aucune place à une foi qui transigerait avec le péché, composerait avec le mensonge ou même ferait la paix avec ceux qui cherchent à corrompre la vérité de Dieu.

 

C’est peut-être là l’une des raisons pour lesquelles cette lettre est si brève, si dense et d’une intensité aussi extraordinaire. Elle ne compte que 25 versets ! Environ 461 mots en grec : une lettre que l’on peut lire en moins de cinq minutes. Pourtant, à l’intérieur de ces 25 versets, Jude nous entraîne au milieu de la rébellion d’Israël au désert jusqu’aux anges ayant abandonné leur demeure originelle ; de Sodome et Gomorrhe jusqu’à Caïn, Balaam et Koré ; et des jours d’Énoch jusqu’au jugement réservé aux impies. C’est presque comme si Jude avait condensé des siècles d’avertissements divins en une seule lettre. Et peut-être devrions-nous nous réjouir qu’elle ne soit pas plus longue ! À peine a-t-on le temps de se remettre d’un avertissement qu’un autre survient déjà.

 

Lorsque Jude nous exhorte à veiller sur notre foi, il le fait dans le contexte de la fin des temps. À cet égard, le livre de Jude occupe une place unique dans les Écritures. En quelques versets, Jude délivre l’un des avertissements les plus urgents concernant les derniers jours. Il insiste sur ce point en invitant ses lecteurs à se souvenir des paroles prononcées par les apôtres de notre Seigneur Jésus le Messie : « Dans les derniers temps, il y aura des moqueurs, marchant selon leurs propres convoitises impies. » (Jude 18).

 

Remarquez l’expression « les derniers temps » ; elle est particulièrement significative. Elle reflète une conception profondément juive de l’histoire et de la prophétie, ancrée dans les Écritures hébraïques. Pierre et l’auteur de l’Épître aux Hébreux ont également employé des expressions similaires, s’agissant d’épîtres messianiques. Cette notion remonte à Jacob et traverse les écrits des prophètes, qui parlaient des « derniers jours » ou de la « fin des temps » — be’a-harit hayamim (בְּאַחֲרִית הַיָּמִים). Ce concept n’était pas inconnu des croyants juifs : il faisait partie de leur héritage prophétique.

 

La structure de cette lettre présente également un aspect remarquable. Jude rassemble divers avertissements concernant la fin des temps, dispersés à travers le Nouveau Testament. Prises dans leur ensemble, ces prophéties décrivent l’état spirituel de l’assemblée durant les derniers jours — une situation que nous voyons déjà se développer autour de nous, et de plus en plus au sein de l’Église évangélique. Elles révèlent ce que l’on pourrait appeler un système de négations, de dénis en un schéma qui nous aide à comprendre ce qui arrive aujourd’hui à la foi biblique.

 

Pourquoi parle-t-on de « négations » ? Parce qu’elles nient la vérité de Dieu. Il nous faut comprendre une chose fondamentale au sujet du mal : le mal n’est pas une entité indépendante et il ne peut créer la vérité. Il ne peut que nier, imiter, contrefaire et corrompre ce que Dieu a déjà établi.

 

Tout commence par la remise en question de ce que Dieu a révélé. Ensuite, la vérité est déformée, ce qui est saint est corrompu et le mal est travesti, au point que plus personne ne reconnaît la vérité originelle. Où cela a-t-il commencé ? Dans le jardin d’Éden ! Le serpent n’y a pas introduit une révélation entièrement nouvelle. Il a commencé par remettre en question la Parole que Dieu avait déjà prononcée, semant le doute avec cette question : « Dieu a-t-il réellement dit ? » (Genèse 3. 1).

 

Dans cette étude, nous examinerons six reniements majeurs : le reniement de Yeshua Lui-même, le reniement de Sa Parole, l’abandon de la foi, le rejet de la moralité biblique, le rejet de la prophétie et le rejet de la place d’Israël dans le plan prophétique de Dieu.

 

 

Premier reniement

Permettez-moi de vous présenter ces grands reniements tout en suivant le schéma remarquable des avertissements concernant la fin des temps contenus dans l’épître de Jude. Le premier reniement — et la première grande attaque — vise Yeshua Lui-même ! Cela commence par minimiser sa grandeur, redéfinir sa Personne et sa nature divine, amoindrir son autorité et, finalement, totalement Le renier. Il est remarquable de constater qu’il s’agit là du tout premier danger que Jude dénonce lorsqu’il met en garde contre les faux docteurs s’infiltrant dans l’assemblée de Dieu. Il écrit, verset 4 : « Car certains hommes se sont glissés inaperçus… [et] renient notre seul Maître et Seigneur, Jésus le Messie. »

 

Remarquez où commence l’attaque ! Non pas à la périphérie de la foi biblique, mais en son cœur même ! Ils s’attaquent à l’autorité suprême, au fondement même de notre foi : la personne de Yeshua le Messie Lui-même. Si ceux qui se sont infiltrés discrètement parviennent à ébranler son identité, ils peuvent ébranler tout ce qui repose sur Lui.

 

Passons maintenant au sixième et dernier grand reniement, celui que nous voyons s’intensifier à une vitesse alarmante : le reniement de la place d’Israël dans le plan prophétique de Dieu. Ce qui n’est pas nouveau ! Peu après la mort de Jean, le dernier des apôtres, des idées se sont répandues au sein de l’Église selon lesquelles Israël avait été remplacé par l’Église, que les promesses de Dieu au peuple juif avaient été transférées à un autre peuple et qu’Israël n’occupait plus une place unique dans ses plans. C’est ce que l’on a appelé « la théologie du remplacement », qui a alimenté des siècles d’antisémitisme chrétien. Fait notable, de nombreuses églises adhèrent encore aujourd’hui à certaines formes de cette doctrine. Selon les prophètes, ce qui a commencé il y a des siècles atteindra son paroxysme terrible durant la Tribulation. Nous voyons déjà des signes inquiétants d’une hostilité croissante envers Israël.

 

Certes, Jude n’aborde pas explicitement ce reniement ; peut-être ne l’avait-il pas encore vu apparaître. Mais Paul, lui, le fait assurément ! C’est là un point central de son enseignement dans l’épître aux Romains, en particulier dans les chapitres 9 à 11, où il défend la fidélité constante de Dieu envers Israël et déclare que « les dons et l’appel de Dieu sont irrévocables » (Romains 11.  29).

 

Pourtant, un principe énoncé dans l’épître de Jude aborde directement cette question. Aux versets 17 et 18, Jude écrit : « Mais vous, bien-aimés, souvenez-vous des paroles qui ont été dites à l’avance… ». Se souvenir des paroles ! Se souvenir de ce que Dieu a déjà révélé ! Lorsque nous gardons les Écritures à l’esprit, comment pourrions-nous oublier Israël ? Israël est au cœur d’une grande partie de l’histoire et des prophéties bibliques, de la Genèse aux prophètes, jusqu’au Nouveau Testament.

 

Tout au long des Écritures, le Seigneur se présente à maintes reprises comme le Dieu d’Israël. Le nom d’Israël apparaît des milliers de fois, et l’histoire de ce peuple occupe une place extraordinaire dans la révélation divine. Comment, dès lors, prétendre croire aux Écritures tout en négligeant le peuple même avec lequel Dieu a conclu ses alliances et auquel Il a fait ses promesses ?

 

Oublier Israël revient à méconnaître un élément central du plan révélé de Dieu. Nier les promesses qu’il a faites à Israël revient à remettre en question la fidélité même du Dieu qui les a prononcées.

 

 

Visionner : L’avertissement de Jude à l’assemblée des derniers jours – Le combat de la foi