L’un des développements les plus préoccupants depuis le 7 octobre 2023 n’est pas seulement l’opposition à laquelle Israël est confronté de la part de ses ennemis, mais la visibilité croissante d’une opposition au sein même du peuple juif. Des individus, des organisations, des militants politiques et même des citoyens israéliens juifs sont devenus des voix marquantes qui remettent en question le gouvernement israélien, ses actions militaires, le sionisme et, dans certains cas, l’existence même d’Israël en tant qu’État juif.

 

Comment expliquer ce phénomène ? Un examen plus approfondi de l’histoire d’Israël révèle qu’il ne s’agit pas d’une nouveauté. Toutefois, ce qui frappe particulièrement, c’est que chaque fois qu’une telle opposition interne a surgi, elle est apparue à des moments critiques de l’histoire de la nation, précédant parfois des tournants majeurs aux conséquences considérables.

 

Ce dont nous sommes témoins aujourd’hui pourrait-il être un nouveau signe qu’Israël approche d’un tournant décisif de son histoire — un tournant qui pourrait être lié aux événements dramatiques annoncés dans les prophéties bibliques concernant la fin des temps ? Ce qui rend ce phénomène encore plus significatif, c’est que les Écritures abordent précisément ce danger, qui semble aujourd’hui se propager, tel un incendie, de l’intérieur.

 

Examinons d’abord certains groupes religieux juifs qui s’opposent à l’État d’Israël moderne. Les Neturei Karta, mouvement juif ultra-orthodoxe, rejettent l’État d’Israël pour des raisons religieuses, estimant que la souveraineté juive ne devrait être rétablie qu’avec la venue du Messie. On voit souvent des membres de ce mouvement participer à des manifestations antisionistes, défilant parfois aux côtés de groupes ouvertement hostiles à Israël.

 

Aux États-Unis, l’organisation Jewish Voice for Peace s’oppose ouvertement au sionisme et milite pour les droits des Palestiniens. Au Canada, le groupe Independent Jewish Voices a officiellement adopté une position antisioniste en juin 2024 et continue de soutenir le mouvement « Boycott, désinvestissement et sanctions » (BDS). Ces groupes, et d’autres semblables, ne se contentent pas de critiquer les politiques du gouvernement israélien : ils sont véritablement antisionistes. D’autres organisations juives s’opposent à certaines politiques du gouvernement israélien sans pour autant rejeter l’existence même d’Israël. Ces distinctions sont importantes.

 

Cependant, nulle part cette controverse n’est plus manifeste que dans un documentaire intitulé NAZA. Qu’est-ce que Naza ? Réalisé par les cinéastes israéliens Yuval Abraham et Rachel Szor, et produit par le journal britannique The Guardian, le titre du documentaire est tiré de l’expression hébraïque Nezek Agavi (נזק אגבי), qui signifie « dommages collatéraux ».

 

Ce documentaire de 80 minutes présente les témoignages de 24 soldats israéliens ayant souhaité garder l’anonymat. Il affirme que les opérations militaires israéliennes à Gaza ont eu recours à des systèmes de surveillance sophistiqués et à l’intelligence artificielle pour identifier des cibles, tout en acceptant un nombre élevé de victimes civiles. Il s’agit d’accusations d’une extrême gravité. L’une des allégations les plus troublantes concerne un projet de frappe militaire visant un membre du Hamas, opération pour laquelle, selon les témoignages recueillis dans le film, on anticipait jusqu’à 500 morts parmi les civils.

 

Le film a rencontré un vif succès ; présenté en avant-première au Festival du film de Venise, il a été salué par une ovation debout de 25 minutes. Il a suscité une attention internationale considérable et sort actuellement dans plusieurs pays. Il sera disponible gratuitement en ligne fin novembre 2026. Compte tenu de son caractère profondément anti-Israël, il faut s’attendre à une recrudescence de l’antisémitisme.

 

La souffrance des civils à Gaza est réelle et ne doit jamais être minimisée ni écartée. Toutefois, des accusations d’une telle gravité exigent une vérification minutieuse. Les Forces de défense israéliennes (FDI) démentent catégoriquement avoir jamais planifié une attaque à Gaza qui aurait pu entraîner, ou dont on aurait pu prévoir, la mort de 500 civils — ou un chiffre s’en approchant.

 

Par ailleurs, une analyse approfondie, publiée par des médias israéliens tels que The Times of Israel, a soulevé de sérieuses interrogations quant aux normes journalistiques appliquées dans ce documentaire. Parmi les points soulevés figurent le recours à des témoignages anonymes, l’insuffisance de vérifications indépendantes, le manque de contexte, ainsi que le fait de ne pas avoir offert aux FDI la possibilité de répondre avant la publication.

 

Il convient également de prendre en compte la réputation des FDI en matière de réduction des dommages collatéraux. En 2009, par exemple, le colonel Richard Kemp, ancien commandant des forces britanniques en Afghanistan, a déclaré devant les Nations unies que les FDI avaient déployé, dans le cadre des combats, davantage d’efforts pour protéger les civils que n’importe quelle autre armée dans l’histoire. En 2024, le colonel John Spencer, officier de l’armée à la retraite, a affirmé : « Israël a mis en œuvre davantage de mesures pour prévenir les pertes civiles que n’importe quelle autre nation dans l’Histoire. » Pourtant, une grande partie du monde ne semble pas disposée à l’entendre.

 

Nous sommes arrivés à un stade où presque tout commentaire négatif sur Israël suscite une attention immédiate, tandis que les voix proposant une perspective différente, plus favorable, sont trop souvent ignorées, écartées ou étouffées. C’est comme si Israël n’était plus jugé sur ses actes, mais sur ce que le monde a déjà décidé de croire à son sujet.

 

Que disent les prophètes de la Bible à propos de ce phénomène ? Tout d’abord, les prophètes de Dieu critiquaient souvent les dirigeants d’Israël en des termes sévères, sans pour autant éprouver de la haine envers l’État lui-même. Jérémie, Ésaïe, Amos et Michée ont tous formulé des critiques virulentes à l’encontre d’Israël ou de Juda. Pourtant, ces critiques ne visaient pas nécessairement l’existence même d’Israël, ni les promesses de l’alliance divine. Les Écritures hébraïques décrivent, à maintes reprises, des périodes où les plus grandes difficultés rencontrées par Israël ne provenaient pas seulement d’ennemis extérieurs, mais aussi de divisions internes au sein même de la nation, comme évoqué précédemment.

 

Ésaïe 9. 21 évoque le moment où les tribus d’Israël se retourneraient les unes contre les autres. Avant l’arrivée des Assyriens, et plus tard des Babyloniens, Ésaïe a décrit le climat qui régnait en Israël : « Manassé dévorera Éphraïm, et Éphraïm Manassé ; ensemble, ils se tourneront contre Juda. » Michée 7. 6 avertit que les ennemis d’un homme pourraient provenir de sa propre famille. Alors que les ennemis d’Israël commençaient à se rassembler, il déclare : « Les ennemis d’un homme sont les gens de sa propre maison. »

 

Les Écritures vont plus loin, jusqu’à la fin des temps et l’avènement de l’AntiChrist, en nous révélant que ce dirigeant mondial trouvera des collaborateurs parmi ceux qui ont abandonné l’alliance de Dieu avec Israël. Daniel a écrit que ce dirigeant mondial portera son attention sur ceux qui délaissent l’alliance sainte (Daniel 11. 30). Le prophète fait référence aux sept dernières années précédant la venue du Messie. Et que voyons-nous émerger aujourd’hui ? Des Juifs qui s’opposent à Israël, comme nous le constatons de nos jours.

 

Selon les prophéties concernant la fin des temps, rien de ce qui se passe actuellement n’est nouveau ; c’est un signe que nous sommes très proches du retour de notre Seigneur. La tradition rabbinique juive elle-même a reconnu les conséquences dévastatrices des divisions internes. Dans le Talmud de Babylone (traité Yoma 9b), les rabbins s’interrogent sur les raisons de la destruction du Second Temple. Leur réponse est frappante : Sinat Hinam (שִׂנְאַת חִנָּם), c’est-à-dire la « haine gratuite ». Ils avaient compris que la haine et les divisions au sein du peuple juif avaient contribué à la catastrophe que fut la destruction de Jérusalem en l’an 70 après J.-C.

 

Que devons-nous en conclure ? Israël a toujours été confronté à des défis extérieurs et à des divisions internes. Il convient de distinguer la critique légitime — qu’il s’agisse d’une opposition à certains gouvernements ou d’un rejet du sionisme — du fait de nier ce que Dieu a promis au peuple juif. « Sion » est un terme biblique, c’est un autre nom pour Jérusalem. Être sioniste, c’est être en accord avec Dieu sur le fait qu’Il ​​établira son royaume en ce lieu. En tant que croyants au Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, nous gardons à l’esprit que les défaillances humaines ne rendent pas caduques les promesses de Dieu. Comme Paul nous le rappelle en Romains 11. 29 : « Car les dons et l’appel de Dieu sont irrévocables. »

 

Les gouvernements peuvent changer. Les nations peuvent s’opposer à Israël. Il peut même arriver que des Juifs se dressent les uns contre les autres. Pourtant, le Dieu d’Israël demeure fidèle aux promesses de Son alliance.

 

 

Visionner: Israël et les nations – Pourquoi certains Juifs se retournent-ils contre Israël?

Lire l’article – La controverse autour de NAZA