Commémorer les disparus, honorer les héros, garder l’espoir.

 

Mercredi dernier marquait le troisième anniversaire du 7 octobre 2023. Il y a tant de choses à se remémorer qu’il est difficile de savoir par où commencer.

 

Nous nous souvenons de plus de 1 200 vies perdues. Nous nous rappelons les 251 personnes prises en otage. Nous nous souvenons des familles brisées en l’espace de quelques heures. Et nous nous souvenons d’actes de courage extraordinaires, accomplis par des soldats, des policiers, des agents de sécurité et de simples civils qui, soudainement, ont accompli des prouesses pour sauver une vie humaine.

 

Les chiffres et les statistiques sont éloquents, mais ce sont des histoires comme celle qui suit qui donnent à ces chiffres une dimension si personnelle.

 

Parmi elles figure l’histoire du photojournaliste Roi Idan et de son épouse, Smadar. Ils avaient trois enfants : Michael, Amalia et la petite Abigail. Le 7 octobre, leurs parents ont été tués. Smadar a été abattue dans la maison alors qu’elle protégeait deux de ses enfants. Michael et Amalia ont survécu en se cachant chez eux pendant des heures. Le père, Roi, a également été tué par les terroristes, mais il a réussi, on ne sait comment, à mettre la petite Abigail à l’abri chez un voisin. Elle a fini par être emmenée à Gaza par les terroristes, mais a finalement été libérée et a retrouvé sa famille. Les enfants sont aujourd’hui élevés par leur tante et leur oncle.

 

Ces trois enfants ont survécu, mais ils grandiront sans leur père et leur mère. Et ils ne sont pas les seuls dans ce cas. Au lendemain immédiat du 7 octobre, il a été signalé que 116 enfants avaient perdu au moins un parent, dont 20 avaient perdu leurs deux parents. Et ce chiffre ne concerne que la journée du 7 octobre.

 

Derrière chaque statistique se trouve une chambre où manque une présence. Une chaise vide à table. Un enfant dont la vie sera à jamais scindée en deux : l’avant et l’après 7 octobre. Pour beaucoup en Israël comme pour les Juifs de la Diaspora, le 7 octobre marque un tournant décisif, annonçant une nouvelle et terrible douleur de l’enfantement des temps de la fin.

 

Les blessures ne se sont pas arrêtées au 7 octobre, pas plus que les souffrances. Des centaines de milliers d’Israéliens ont été déplacés, quittant leurs localités du sud comme du nord. À un moment donné, les estimations faisaient état de plus de 250 000 personnes ayant dû évacuer leur domicile. Des familles ont vécu dans des hôtels ou des logements temporaires, des enfants ont fréquenté des écoles inconnues, tandis que fermes et entreprises étaient laissées à l’abandon.

 

Certaines blessures sont visibles ; d’autres ne le sont pas. À ce jour, le ministère israélien de la Défense signale qu’environ 30 000 soldats du Tsahal et membres des forces de sécurité blessés ont intégré le système de réhabilitation depuis le début de la guerre. Plus de la moitié d’entre eux font face à des troubles psychologiques, notamment le syndrome de stress post-traumatique (SSPT), l’anxiété, la dépression et des difficultés à réintégrer la vie civile. Trois ans plus tard, de nombreux Israéliens vivent encore dans la réalité du 7 octobre.

 

Une autre blessure est apparue presque aussitôt : la flambée de l’antisémitisme à travers le monde. Pour beaucoup de Juifs, l’une des expériences les plus déconcertantes a été la rapidité avec laquelle le discours a basculé. À peine Israël avait-il commencé à enterrer ses morts que des arguments surgissaient déjà pour tenter de justifier, de minimiser ou de nier ce qui s’était passé. Les victimes ont rapidement été présentées comme les agresseurs. Selon Human Rights Watch, dans les 24 à 48 heures suivant l’attaque — et avant même qu’Israël ne lance sa propre offensive sur Gaza —, des discours en ligne et sur les réseaux sociaux niaient le caractère de crime de guerre de l’événement pour le justifier comme un acte de résistance du Hamas. Combien de milieux universitaires ont choisi de rendre Israël responsable de la terreur et de la tragédie, soutenant que les victimes avaient elles-mêmes provoqué cette violence ? On a enregistré des chiffres records d’incidents antisémites, les niveaux les plus élevés jamais relevés. Des hausses de 300 à 400 % ont été constatées au Canada, en Australie, au Royaume-Uni et en France. Des synagogues ont été visées par des engins incendiaires et des coups de feu ont été tirés sur des écoles juives. Des Juifs arborant des signes visibles de leur foi ont subi des agressions physiques et un harcèlement violent.

 

Pour les communautés juives du monde entier, ce fut le rappel qu’une haine ancestrale n’avait pas disparu.

 

Quant à nos futures commémorations, elles reposent sur les promesses des Écritures ; celles-ci ne nient pas que ces événements se produiront, mais nous offrent une vision claire de l’espérance future d’une restauration. Bien que la souffrance soit immense et continue de croître, nous savons que la justice triomphera. Il est de notre responsabilité de réconforter le peuple juif de bien des manières. Leur faire savoir qu’ils sont aimés et soutenus par le Dieu d’Israël peut être une grande source de réconfort, tout comme le fait de se tenir à leurs côtés dans leur chagrin, de contribuer financièrement, de les servir et de prier pour eux. Et lorsque Dieu nous en donne l’occasion, leur dire que le Dieu d’Israël n’a ni oublié ni abandonné son peuple.

 

Enfin, nous partageons avec eux la plus grande espérance que nous possédions : l’espérance en Yeshua, le Messie. Nous reconnaissons la haine éternelle dont il est question dans le Psaume 83, mais nous nous appuierons pour toujours sur la garantie de préservation divine énoncée en Jérémie 31. 35-36. Un jour, nous devrons faire remarquer à nos amis juifs qu’à la fin, lorsque le Messie reviendra et que la paix sera rétablie, nous verrons s’accomplir les paroles de Michée 4. 4 : « […] chacun sera assis sous sa vigne et sous son figuier, et personne ne les [le peuple juif] effrayera. »

 

Lire l’article : Psaume 83: Haine éternelle contre amour éternel