מִכָּל-מִשְׁמָר, נְצֹר לִבֶּךָ

Garde ton Coeur plus que tout autre chose… Prov. 4: 23

 

 

Une jalousie salvatrice

 

Combien d’entre nous prennent l’habitude de lire le livre des Proverbes en un mois ? C’est facile. Impossible de s’y perdre. Il y a 31 chapitres, et sept mois de l’année comptent 31 jours. On peut donc choisir les mois qui nous permettent de suivre parfaitement un rythme de lecture d’un chapitre par jour. C’est comme s’étirer quotidiennement pour se dégourdir les jambes. Alors, allons-y !

 

Le 27 du mois, nous lisons donc le chapitre 27 des Proverbes, et le verset 4 attirera notre attention. La colère est cruelle et la fureur est démesurée ; mais qui peut résister à la jalousie ?

 

Avez-vous déjà pensé que l’envie (la jalousie) pouvait représenter une menace plus grande que la colère ou la fureur ? Le mot hébreu pour jalousie est « kana », et son sens premier évoque une émotion d’une intensité brûlante. La plupart d’entre nous l’avons probablement ressentie à un moment ou un autre, mais avez-vous envisagé que la jalousie puisse être une émotion neutre ? Selon la manière dont elle est exprimée, elle révèle l’état d’esprit de notre cœur.

 

Examinons deux passages des premiers temps de l’Écriture où le mot « kana » est employé. Dans Genèse 30, Rachel est jalouse (kana) de sa sœur Léa, un exemple précoce de rivalité fraternelle. On la retrouve ensuite dans Genèse 37:11, où l’on apprend que les frères de Joseph sont très jaloux de lui. Pourquoi ? Parce que Jacob porte une affection plus grande aux enfants de Rachel. Encore un exemple de rivalité fraternelle.

 

Que révèlent ces deux épisodes ? La jalousie apparaît très tôt dans l’Écriture, au sein des relations familiales. Et tout comme ces premiers exemples de jalousie impliquent des liens familiaux, la jalousie divine — la jalousie de Dieu — se rapporte également à la famille, en l’occurrence au mariage.

 

Dans Exode 20. 5-6, Dieu a établi une alliance avec Israël au Sinaï – son épouse. Israël est son partenaire d’alliance, et Dieu lui ordonne : « Vous ne vous prosternerez point devant elles (les idoles), et vous ne les servirez pas, car moi, l’Éternel, votre Dieu, je suis un Dieu jaloux (kana). » Ici, le mot « jaloux » est employé dans un contexte divin et aussi avec une image familiale.

 

Mais la jalousie du Seigneur est très différente de la jalousie humaine. Certes, elle est intense, mais son but est de protéger et de préserver cette précieuse alliance avec Israël, afin qu’aucune influence extérieure ne puisse séparer Dieu de sa « segullah » (son bien le plus précieux).

 

Contrairement à notre jalousie, celle de Dieu n’est ni vindicative ni égoïste. Contrairement à nous, le Seigneur n’est ni dans le besoin ni avide. Il ne désire rien de ce que nous possédons ; en réalité, c’est ce qui nous manque qui Le préoccupe. Le Seigneur veut que nous entretenions une relation parfaite avec Lui, sans aucun autre dieu ni idole pour interférer.

 

L’auteur J.I. Packer a dit : « C’est sa sainteté qui réagit au mal d’une manière moralement juste et précieuse… ; c’est un zèle louable de sa part pour préserver ce qui est suprêmement précieux. » La jalousie de Dieu est donc parfaite et pour des raisons parfaites.

 

D’un point de vue humain, la jalousie est un profond ressentiment envers la réussite, les avantages ou les accomplissements d’autrui. Mais y a-t-il jamais eu un moment où la jalousie humaine a été louée et bénie par le Seigneur ? Le livre des Nombres, chapitre 25, relate l’acte remarquable de Phinées, fils d’Éliézer. Qu’est-ce qui motivait son zèle ? Il nourrissait une sainte indignation contre le péché et cherchait à défendre l’honneur de Dieu et à maintenir l’alliance d’Israël avec lui. Dans cet acte incroyable de jalousie héroïque et divine, poussé par une émotion intense, il tua la Madianite et l’Israélite qui avaient désobéi à Dieu. La jalousie, lorsqu’elle est mise au service d’objectifs saints et divins, peut sauver des vies, comme ce fut le cas lors de l’éradication de la peste. Combien de vies pouvons-nous sauver, combien de réputations pouvons-nous préserver, et combien de souffrances pourrions-nous éviter à nous-mêmes et aux autres si nous canalisions la jalousie seulement et uniquement vers des fins divines et saintes ?