
Vous êtes-vous déjà demandé ce qui se passerait si Israël et le monde entier soudainement se tournaient vers le Seigneur dans un esprit de repentance et de confession, en reconnaissant le Dieu de la Bible ? Que diraient les gens ? Que feraient-ils ? Et que se passerait-il ensuite ?
À première vue, cette idée pourrait sembler utopique, trop parfaite pour être vraie. Pourtant, l’histoire montre que cela s’est déjà produit, avec une nation, Israël, même si ce ne fut que brièvement.
Le fait que l’Écriture nous le relate avec beaucoup de détails et en longueur nous rappelle que Dieu peut encore amener n’importe qui, n’importe où et n’importe quand à découvrir ses merveilles. Dans notre étude précédente, nous avons vu comment le peuple d’Israël a redécouvert la Parole de Dieu, la Torah écrite. Ils ne l’avaient pas perdue, mais ils l’avaient oubliée, comme beaucoup aujourd’hui dont la Bible reste fermée et prend la poussière.
Cependant, à l’époque de Néhémie, tout changea lorsque, comme nous le lisons en Néhémie 8. 2, « Esdras apporta la Loi devant l’assemblée, et au verset 5, il est dit qu’il « ouvrit le livre aux yeux de tout le peuple, car il se tenait au-dessus de tout le peuple, et lorsqu’il l’ouvrit, tout le peuple se leva. »
À cet instant, un miracle commença à se produire. Remarquez l’expression récurrente : « Esdras ouvrit le livre… il l’ouvrit. » Ce mot, ouvrir, פָּתַח (pātaḥ), est l’un des nombreux synonymes d’ouverture et figure parmi les plus fréquemment utilisés. Cependant, il décrit aussi la libération de quelqu’un, comme dans Ésaïe 51. 14, où une promesse annonce la libération prochaine des exilés. Il est également employé lorsqu’on tire l’épée, comme en Ézéchiel 21. 28, pour signifier le jugement des méchants.
De plus, ce simple mot sert aussi à décrire ce qui est gravé ou sculpté, comme sur les pierres précieuses du pectoral du Souverain sacrificateur (Exode 28. 36). On peut donc aborder la Bible de deux manières : soit en se contentant de lire en surface ce qui y est écrit, soit en approfondissant son étude pour être libéré et laisser sa Parole s’ancrer dans nos cœurs. C’est cette dernière approche qui semble avoir fait défaut en Israël à cette époque ; soit de commencer à la lire et à l’étudier. Cette prise de conscience, cette rencontre avec Dieu, plongea le peuple dans le deuil, les pleurs et la douleur. Ils furent soudain confrontés à la vérité du péché, tant au sein de la nation que dans leurs propres cœurs.
Ce que nous voyons ici illustre ce qui se produira lors du retour du Messie. Beaucoup aujourd’hui affirment qu’Il ne vient qu’une seule fois, mais considérons ce que le Seigneur Lui-même dit dans cette puissante prophétie de Zacharie 12. 10 : « Je répandrai sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem un esprit de grâce et de supplication, afin qu’ils tournent leurs regards vers Celui qu’ils ont transpercé et ils pleureront sur Lui comme on pleure sur un fils unique… »
Dans le judaïsme ancien, cela est perçu comme une prophétie messianique. Remarquez comment ils reconnaissent Celui qu’ils avaient percé ? Ils pleureront, mais ils trouveront également du réconfort. Ils confesseront leurs péchés comme ils l’ont fait dans notre texte, ils pleureront et se lamenteront comme ils l’ont fait avec Néhémie, et même plus encore avec Zacharie, car cette fois, Celui qui incarne la Loi elle-même viendra les sauver.
Remarquez ce que le peuple a fait et dit en Néhémie 8. 6 : « Alors Esdras bénit l’Éternel, le grand Dieu. Et tout le peuple répondit : « Amen ! Amen ! » en levant les mains ; puis ils s’inclinèrent profondément et adorèrent l’Éternel, le visage contre terre. »
Ils commencèrent par lever leurs mains ; on voit qu’il n’est pas nécessaire d’être pentecôtiste pour faire cela, c’est un geste typiquement juif et biblique. Puis, profondément touchés, ils s’inclinèrent jusqu’à terre et commencèrent à adorer l’Éternel. Mais observez leur toute première réaction à la lecture de la Parole : ils l’affirmèrent en criant : « Amen ! Amen ! » Le mot « Amen » est bien plus qu’une simple confirmation de politesse.
Dans l’Écriture, il signifie une affirmation solennelle – une déclaration quasi-juridictionnelle selon laquelle ce qui a été dit est vrai, contraignant et doit donc être accepté.
Mais pourquoi répètent-ils ce mot deux fois ? À première vue, cette répétition confirme clairement les paroles de la Loi. De même que la Loi exige deux témoins pour établir la vérité d’un fait, le peuple répond par un double « Amen », déclarant devant Dieu et les autres : « Nous sommes d’accord. Nous l’affirmons. Nous nous soumettons. Ceci est vrai. »
Cependant, un autre passage de l’Écriture répète ces mêmes mots, « Amen, amen », exactement de la même manière, ce qui confère une signification encore plus profonde à ce qui se passe ici. On le trouve dans la Loi, dans le Livre des Nombres, au chapitre 5.
Il existe dans la Torah une histoire étrange, mais significative, concernant la femme soupçonnée d’adultère et les Eaux Amères. Si un mari soupçonnait sa femme d’infidélité, il l’amenait devant le sacrificateur, qui préparait un mélange d’eau sanctifiée, de poussière du tabernacle et d’encre d’un rouleau contenant les accusations écrites. Elle buvait alors le mélange : si elle avait dit vrai, elle était innocentée et si elle était coupable, elle devenait stérile.
Mais cette femme du livre des Nombres, chapitre 5, représente bien plus qu’une simple personne ; elle symbolise grandement la nation d’Israël car, dans les Écritures hébraïques, Israël est souvent décrite comme l’épouse de Jéhovah. Tout au long de son histoire, Israël a fréquemment commis l’infidélité spirituelle, et pourtant Dieu, dans sa miséricorde, l’a épargnée de la destruction. Dans son infidélité, elle n’a pas porté de fruit spirituel, tout comme la femme adultère devenue stérile.
Écoutez maintenant le serment que la femme devait prononcer avant de subir l’épreuve, Nombres 5. 22 : « Et la femme dira : « Amen, Amen. » Nous retrouvons ici la même double affirmation que dans le livre de Néhémie. C’est comme si Israël, se tenant devant la Parole de Dieu, faisait un vœu solennel : une promesse de loyauté, un renoncement à l’idolâtrie et un engagement total envers son Époux divin, le Seigneur. Lorsque les gens, à l’époque de Néhémie, criaient « Amen, Amen », ils réaffirmaient leur fidélité envers cette alliance, déclarant de leur voix et de leur cœur qu’ils appartenaient entièrement à Dieu.
Et qui d’autre a utilisé ce « double Amen » ? Jésus Lui-même. Et Il l’a souvent employé, comme pour rappeler à Israël le serment qu’elle avait jadis prêté à Dieu. Nous reconnaissons tous ses paroles : « En vérité, en vérité, Je vous le dis », ou, dans les traductions modernes, « Vraiment, vraiment, Je vous le dis ». Ce mot « en vérité » ou « vraiment » est simplement le mot hébreu « Amen ». Le texte grec l’a conservé intact : Amen.
Yeshua a utilisé ce mot « Amen » environ 76 fois dans les Évangiles, mais ce n’est que dans l’Évangile de Jean qu’Il le répète deux fois, en disant « Amen, Amen », et ce, 25 fois au total. Chaque fois, Jésus souligne une vérité profonde de la Torah, c’est-à-dire des Écritures hébraïques.
Par exemple, lorsqu’Il parla de la nouvelle naissance spirituelle en Jean 3, il rappela à ses auditeurs l’épisode de Moïse et du serpent de bronze. Lorsqu’Il révèle la divinité du Fils en Jean 5, il fait référence aux anciennes prophéties et aux événements historiques qui confirment sa nature divine éternelle. En se déclarant le Pain de Vie en Jean 6, il fait allusion à la manne dans le désert. Lorsqu’Il proclama : « Je suis le Bon Berger » en Jean 10, c’est une référence à de nombreux passages où Dieu lui-même est appelé « le Berger d’Israël ».
Chacune de ces grandes révélations, et bien d’autres encore, commence par une déclaration solennelle : « Amen, amen… » afin qu’Israël se souvienne. Afin que nous le reconnaissions. Et aussi afin que nous puissions voir en Yeshua, notre véritable Sauveur, notre Messie, et l’accomplissement de toute l’Écriture.
Visionnez : Nehémie 6e partie – Le jour où la Tora a réveillé Israël