Tout ce qui appartient à Dieu

Joël est un livre très puissant, car le prophète a une manière particulière de rassembler les voix des autres prophètes et d’intégrer leurs messages au sien. Ces prophéties s’entremêlent ensuite dans les paroles de Yeshua en Matthieu 24, puis dans les visions de Jean en Apocalypse. Ensemble, ces voix forment un panorama complet des choses à venir.

 

L’étude de Joël nous plonge directement dans le monde des prophéties de la fin des temps, une période qui s’étend de notre époque aux tout derniers événements de l’histoire. Un autre aspect frappant est l’implication profonde de Dieu dans la réalisation de chaque détail. En Joël, nous entendons le Seigneur parler avec passion de son amour pour Israël et pour tous ceux qui croient en Lui. Il est émouvant de remarquer sa façon de parler, non pas avec distance ni détachement, mais avec l’intimité de Celui qui ressent la douleur de son peuple.

 

Par exemple, l’utilisation répétée de pronoms possessifs le montre clairement. Il parle de la nation juive comme de « mon peuple » (2. 26, ​​27, 3. 2, 3), soulignant leurs souffrances comme si elles étaient aussi les siennes. Par deux fois, il appelle Israël « mon pays » et, par deux fois, il parle de Jérusalem comme de « ma montagne sainte » (2. 1, 3. 17), car elle lui appartient. Il parle également du peuple juif comme de « mon héritage » (Joël 3. 2). Il dit « mon argent, mon or, mes trésors » (3. 4), en parlant du Temple. On peut presque percevoir un désir nostalgique de sa demeure parmi les hommes, comme ce sera le cas en Apocalypse 21, il parle de « ma grande armée » (2. 25), faisant référence à ceux qui reviendront avec lui. Tout cela témoigne de la grande importance que Dieu accorde aux événements actuels au Moyen-Orient. À dix-huit reprises, le Seigneur utilise le pronom possessif (mon), mentionnant Sion sept fois, et Jérusalem et Juda six fois.

 

On constate que le livre de Joël commence de manière abrupte, sans aucune introduction formelle, comme c’est le cas pour les autres prophètes. Cette absence est intentionnelle ; ainsi, lorsque nous examinons attentivement le tout premier verset, nous découvrons qu’il constitue l’introduction du livre. En une seule ligne, Joël ouvre la voie au message puissant qui suit. Ce premier verset devient la porte d’entrée vers le reste de la prophétie.

 

Joël 1. 1 « La parole de l’Éternel fut adressée à Joël, fils de Pethuel. » Les tout premiers mots que nous entendons sont : « La parole de l’Éternel. » Pourquoi commencer ainsi ? Peut-être parce que ce qui suit sera, pour beaucoup, difficile à accepter, difficile à croire et encore plus difficile à imaginer. Mais tout cela est sa parole. Le problème est que nous sommes habitués à entendre le côté réconfortant du message de Dieu : ses promesses de paix, de bénédiction et de salut. Pourtant, il existe un autre côté tout aussi réel : celui de la justice, du jugement et de la responsabilité. Et c’est ce côté-là qui nous paraît souvent étranger, voire troublant. Mais Joël nous présente les deux côtés de Dieu, et cette réalité se reflète dans son nom même, Joël, qui contient les deux noms de Dieu.

 

« Joël » (יוֹאֵל, Yo’el) est composé de deux noms divins : Ya, abréviation de Yahweh, et El. Ensemble, ils reflètent deux grandes facettes de Dieu : Yud-Hey-Vav-Hey, le Seigneur fidèle à l’alliance, plein de miséricorde et de grâce, et El, le Juge tout-puissant qui règne dans la sainteté et la justice. Dès le premier verset, Joël nous rappelle donc que le message que nous allons entendre n’est pas la parole d’un homme, mais la Parole du Seigneur, une parole qui révèle la plénitude de Dieu. Cette parole réconfortera et confrontera ; elle promettra l’espoir, mais elle annoncera aussi le jugement. Et ce n’est qu’en recevant les deux côtés de ce message que nous pouvons véritablement commencer à comprendre le cœur et la nature de Dieu.

 

C’est à ce moment que la prophétie nous saisit, comme des montagnes russes qui s’élèvent lentement et avec détermination, jusqu’à atteindre leur point culminant avant leur chute vertigineuse. Et puis, soudain, le plongeon, rapide, vertigineux et bouleversant. C’est la force de l’instant, tandis que nous sommes emportés par un message qui nous laisse bouche bée.

 

Lisons Joël 1. 2-3 et… attachez vos ceintures ! « Écoutez ceci, anciens, et soyez attentifs, vous tous, habitants du pays ! Est-il arrivé quelque chose de semblable de votre temps, ou du temps de vos pères ? Racontez-le à vos fils, et que vos fils le racontent à leurs fils, et leurs fils à la génération future. »

 

Écouter, שָׁמַע (šāmaʿ), signifie obéir. Écouter, אָזַן (āzan), signifie prêter une attention particulière. Alors, que devraient-ils répéter à leurs enfants et à leurs petits-enfants, sans cesse, pour ne jamais les oublier ? Et que demande Joël ? « Est-il arrivé quelque chose de semblable de votre temps, ou du temps de vos pères ? »  La réponse est évidente : non, rien de tel ne nous est encore arrivé. De quoi doivent-ils se souvenir de ce qui arrivera… un jour ?

 

Il y a une allusion claire dans les derniers mots :

« Racontez-le à vos fils et que vos fils le racontent à leurs fils, et leurs fils à la génération suivante. » On retrouve ce commandement à plusieurs reprises dans la Loi, et notamment pour la Pâque. La première fois qu’il est mentionné, c’était en rapport avec le fléau des sauterelles, un phénomène que Joël s’apprête à expliquer. Il se pourrait bien que Joël ramène le peuple juif à l’époque de l’Exode, lorsque Dieu révéla sa puissance et son nom à Israël, ce qu’il fera également à la fin des temps.

 

Dans le livre de l’Exode, le fléau des sauterelles était très violent et dévastateur, et le langage que nous retrouvons ici dans Joël est très similaire. Comme dans Joël, Moïse avertit les Égyptiens de l’invasion imminente des sauterelles et leur annonça ce que ni vos pères ni vos grands-pères n’ont vu, depuis le jour où elles sont apparues sur la terre jusqu’à ce jour (Exode 10. 6).

 

C’est en lien avec cette plaie que le Seigneur dit à Moïse : « Raconte, aux oreilles de ton fils et de ton petit-fils, comment je me suis moqué des Égyptiens et comment j’ai accompli mes signes au milieu d’eux, et tu sauras que je suis l’Éternel. » (Exode 10. 2). Ceci est similaire à ce que dit Joël au verset 3 du chapitre 1. En fait, le souvenir de cette plaie de sauterelles, associé à la Pâque, est ancré dans la tradition du judaïsme actuel. C’est ici que se trouve le premier commandement : annoncer la nouvelle à nos enfants. C’est là que réside l’origine de la création de l’Haggadah, lue chaque année à Pessah (Pâque) dans les foyers juifs ; c’est avec cet événement de la huitième plaie que nous apprenons l’invasion des sauterelles.

 

Il est profondément significatif que Joël nous ramène à Pessah, le moment où Israël est né en tant que nation et où Dieu a déployé sa puissance. Pourtant, l’avertissement est clair : la même puissance qui a délivré le peuple juif d’Égypte sera un jour libérée pour juger Israël et les nations. Les sauterelles sont un puissant moyen d’humilier un homme. En vérité, peu importe à quel point nous projetons posséder le contrôle, sans Dieu, tout contrôle n’est qu’une illusion.

 

 

Visionner : Joel 1e partie : Joël et au-delà : sur les traces des prophéties de la fin des temps