C’est ici, à partir du verset 14 d’Éphésiens chapitre 6, que Paul présente les sept éléments de l’armure de Dieu. Il ne s’agit pas d’une armure ordinaire. C’est l’armure parfaite de Dieu, éprouvée et avérée vraie dans le plus grand de tous les combats spirituels. Mais d’où Paul tire-t-il ces images et ces informations ? Et pourquoi ces sept éléments précis : une ceinture, une cuirasse, des sandales, un bouclier, un casque, une épée et, enfin, la prière ? Qu’avait-il à l’esprit ?

 

Ce qui est remarquable, c’est que tout au long de ce passage, Paul s’appuie sur une série de textes messianiques des Écritures hébraïques qui décrivent le Messie Lui-même. En d’autres termes, l’armure de Dieu est bien plus qu’une simple liste de vertus spirituelles. C’est un portrait de Yeshua Lui-même. Il est notre force. Il est notre puissance. Il est notre défense.

 

L’armure de Dieu se compose de sept éléments. Le chiffre sept symbolise la plénitude et la perfection spirituelles. Nous avons donc ici la provision complète de Dieu pour le croyant. Sept est aussi le nombre du repos, du Sabbat. Lorsque nous revêtons cette armure, nous trouvons le repos dans la provision et la protection de Dieu. Sept correspond également au nombre de branches de la ménorah dans le Lieu saint, nous rappelant que notre service pour Dieu ne peut s’accomplir que par sa force.

 

Examinons-les pour voir comment Yeshua les a portées et comment Il nous communique cette puissance. Nous lisons au verset 14 le premier élément de l’armure : la ceinture de la vérité. « Tenez donc ferme : ayez à vos reins la ceinture de la vérité. » Il s’agit d’une référence directe à Ésaïe chapitre 11, un passage messianique décrivant le règne du Roi à venir et qui nous révèle que le Messie sortira d’abord du « tronc d’Isaïe », non pas avec la puissance du Fils de David à la tête d’armées, mais dans l’humilité. Lorsqu’Il apparaîtra, il est écrit : « La justice sera la ceinture de ses flancs, et la fidélité la ceinture de ses reins » (Ésaïe 11. 5). Il communiquera la justice et la fidélité à l’homme. Le deuxième élément de l’armure est la cuirasse de la justice, qui trouve son origine directe dans Ésaïe chapitre 59. C’est un passage profondément émouvant. Il nous est dit ici que le Seigneur a regardé et a vu qu’il n’y avait aucun homme, personne pour intervenir, personne pour intercéder. C’est alors que le Seigneur Lui-même intervient pour sauver. C’est dans ce contexte que nous lisons : « Il se revêtit de la justice comme d’une cuirasse » (Ésaïe 59. 17). Il l’a revêtu pour l’offrir à tous ceux qui viennent à Lui. C’est de Sa justice que nous avons tous besoin pour nous approcher de Dieu. Le troisième élément de l’armure concerne les pieds du croyant : « …et pour chaussures, le zèle que donne l’Évangile de paix » (Éphésiens 6. 15). Là encore, Paul s’inspire d’un passage messianique important d’Ésaïe chapitre 52. Cette section commence par ces paroles inspirantes : « Qu’ils sont beaux sur les montagnes, les pieds de celui qui apporte de bonnes nouvelles, qui annonce la paix, qui apporte de bonnes nouvelles de bonheur, qui annonce le salut et qui dit à Sion : « Ton Dieu règne ! » (Ésaïe 52. 7). De nombreux anciens rabbins, notamment ceux de la « Pesikta de-Rav Kahana », ont compris que ce passage faisait référence au Messie à venir. Nous voyons ici le Messie, lors de sa première venue, apporter la Bonne nouvelle, proclamer la paix et annoncer le salut, ce qui conduit directement à Ésaïe chapitre 53, où Il donne sa vie pour les péchés d’un grand nombre.

 

La quatrième pièce de l’armure est le bouclier de la foi : « Prenez par-dessus tout le bouclier de la foi, avec lequel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du malin » (Éphésiens 6. 16). Cela semble faire allusion au Psaume 91, considéré au premier siècle comme une source de protection contre les puissances démoniaques. Il y est dit que le Seigneur est notre refuge et notre protection ; au verset 4, nous lisons : « Sa vérité sera ton bouclier et ton rempart. » Immédiatement après, il y est écrit : « Tu ne craindras ni les terreurs de la nuit, ni la flèche qui vole de jour. » Ici, Paul parle du bouclier qui éteint tous les traits enflammés du malin. Nous pouvons faire le lien avec la victoire de Yeshua sur Satan lors de la tentation au désert. Sa victoire nous a donné notre bouclier, notre protection contre les traits enflammés de l’ennemi. Yeshua a remporté la bataille grâce à la Parole, car c’est elle la puissance derrière le bouclier de la foi. La cinquième pièce de l’armure est le casque du salut. Il s’agit d’une autre citation directe d’Ésaïe 59. 17, passage où il était également question de la cuirasse. Le casque symbolise l’assurance de notre salut et cela revêt une importance particulière au cœur du combat spirituel. Ce casque nous rappelle que, quelle que soit l’intensité de la bataille, nous ne pouvons pas perdre la guerre. Il témoigne de notre sécurité éternelle en le Messie. La sixième pièce de l’armure est l’épée de l’Esprit, qui est la Parole de Dieu. C’est notre arme, à la fois défensive et offensive, fournie par l’Esprit de Dieu. Le mot grec utilisé ici pour « parole » est « rhema » : qui veut dire ce qui est prononcé, une parole dite, une déclaration ou une affirmation. Il peut s’agir d’une allusion à Ésaïe 49. 2, passage décrivant la préparation du Messie durant sa jeunesse ; on y lit que le Seigneur « a rendu sa bouche semblable à une épée tranchante » et l’a « caché sous l’ombre de sa main ». « Il a fait de moi une flèche aigüe et m’a caché dans son carquois. » Nous pouvons en comprendre que Dieu a joué un rôle déterminant dans l’enseignement et l’éducation de son Fils. Et la septième pièce de l’armure est la prière. Le verset dit : « Faites en tout temps par l’Esprit toutes sortes de prières et de supplications ; veillez à cela avec une entière persévérance, et priez pour tous les croyants. » C’est la dernière, mais c’est aussi celle qui, d’une certaine manière, enveloppe toutes les autres. Quelqu’un a écrit que Satan se rit de nos efforts et se moque de notre sagesse, mais qu’il tremble lorsque nous prions car le Seigneur écoute toutes nos prières.

 

Tout comme la Parole de Dieu et chacun des six autres éléments, la prière doit être pratiquée quotidiennement. Et comment Dieu a-t-Il formé Yeshua durant sa jeunesse ? À quelle fréquence Yeshua priait-Il et étudiait-Il la Parole ? Il nous est dit que, lorsque le Seigneur formait le Messie durant sa jeunesse : « Le Seigneur Dieu… m’éveille matin après matin, Il éveille mon oreille pour écouter comme un disciple. » Le Messie s’exprime ici et nous dit que Lui, Dieu Lui-même, « l’éveille matin après matin (« b’boker b’boker »), donc : Il éveille mon oreille pour entendre comme celui qui a été instruit. » (disciple). Et peut-être que la plus grande leçon concernant l’armure de Dieu est celle-ci : l’armure n’est pas simplement une chose que le Messie nous donne ; l’armure, c’est le Messie Lui-même. Il est notre vérité : la Ceinture de la Vérité. Il est notre justice : la Cuirasse de la Justice. Il est notre paix : les Chaussures de l’Évangile de la paix. Il est l’objet de notre foi : le Bouclier de la Foi. Il est notre salut : le Casque du Salut. Il est la Parole vivante : l’Épée de l’Esprit. Et par Lui, nous avons accès au Père dans la prière — cette atmosphère dans laquelle l’armure toute entière doit être portée et à travers laquelle nous recevons la puissance nécessaire.

 

Visionner l’étude Ephésiens 6: 10-20 – La Guerre Invisible