Ce texte met en lumière avec force l’appel de Dieu et la résistance croissante de l’humanité. Tout au long du livre de Malachie, on trouve environ 25 questions, et le message de ce livre peut se résumer à ces questions et à leurs réponses. Nous nous concentrerons sur celles des deux premiers chapitres.

 

Les questions ont ce pouvoir unique d’éveiller les cœurs. L’Écriture Sainte en contient environ 3 000, et Jésus lui-même en a posé près de 225. Nombre d’entre elles n’avaient pas pour but de recueillir des informations, mais de susciter la réflexion et la conviction. Fait significatif, la toute première question de Dieu apparaît dans le livre de la Genèse, immédiatement après le péché d’Adam et Ève : « Où es-tu ? » (Genèse 3. 9). Le Seigneur savait parfaitement où ils étaient, mais Il voulait qu’ils prennent conscience de leur nouvelle et triste condition suite au péché.

 

À bien des égards, chaque question que Dieu pose dans le livre de Malachie fait écho à la toute première question des Écritures : « Où es-tu ? » Toutes sondent la même question fondamentale : où en sommes-nous dans notre relation avec Dieu et où en sommes-nous réellement dans notre cheminement sur Terre ?

 

Sur les quelque 25 questions de Malachie, environ la moitié sont posées par Dieu et l’autre moitié par le peuple. Ce dialogue continu révèle avec une clarté saisissante les intentions des deux parties. D’un côté, nous voyons la patience, la précision et la fidélité inébranlable de Dieu. De l’autre, nous voyons la résistance, la défensive et la tendance à l’auto-justification de l’humanité.

 

Ce qui se dévoile est presque un portrait psychologique du cœur humain. À travers ces questions, Malachie met au jour non seulement des désaccords théologiques, mais aussi une distance relationnelle que Dieu cherche à confronter, dans le but de guérir et de restaurer.

 

Tournons-nous maintenant vers les questions que le peuple lui-même posait. Je voudrais vous présenter d’abord celle qui décrit si vivement cette indifférence spirituelle que les commentateurs bibliques se sont sentis obligés d’en modifier le libellé.

 

Ce changement fait partie des Dix-huit Émendations des Sopherim, (ou Variantes proposées) connus sous le nom hébreu de ; Tiqqunê Sopherim, des ajustements apportés pour préserver le respect dû au Seigneur. Bien que ce désir de changement ne justifiât pas l’action d’altérer la Parole de Dieu, les scribes n’ont pas dissimulé leurs actions.

 

Cet exemple apparaît dans Malachie 1:13 : « Vous dites : « Oh ! Quelle fatigue ! » et vous le dédaigniez, dit l’Éternel des armées. » Pourtant, le sens hébreu original est différent ; il dit : « Vous soufflez irrespectueusement sur moi. » L’image est ici choquante par son manque de révérence envers le Tout-Puissant. Souffler au visage de quelqu’un était un geste d’arrogance et de mépris. Le peuple comprenait parfaitement à quel point cela était offensant.

 

En Perse, à la cour, des bas-reliefs montrent que même les hauts fonctionnaires se couvraient la bouche en signe de respect lorsqu’ils parlaient au roi. À la cour céleste, le contraste est encore plus frappant.En Ésaïe 6. 2, nous voyons que les séraphins se tiennent devant Dieu avec six ailes : deux pour se couvrir le visage, deux pour se couvrir les pieds et deux pour voler. Et, à l’époque de Malachie, ce genre de révérence, cette vénération et cette estime respectueuse pour Dieu avaient largement disparu.

 

Nous voici arrivés au terme du chapitre 2. Malgré les appels répétés de revenir, leur cœur ne s’est pas adouci ; au contraire, il s’est endurci. Mais ce n’est pas seulement la fin du chapitre 2 : nous nous trouvons ici à la conclusion des écrits hébraïques, face à un peuple qui semble avoir atteint le point de non-retour. D’un point de vue purement logique, Dieu devrait simplement s’éloigner et laisser l’humanité à son propre sort. Mais la logique sans sagesse et sans amour est cruelle. Et Dieu n’est pas cruel.

 

C’est alors que nous atteignons le point culminant du livre de Malachie, peut-être même de toute la Bible en hébreu, lorsque nous lisons le chapitre 3, où, face à un tel désespoir, Dieu décide d’intervenir Lui-même pour résoudre le problème.

 

C’est le moment où le Messie apparaît, non pour juger, mais pour sauver. Concluons en lisant et en méditant sur la puissance du passage de Malachie 3.1. Nous l’examinerons plus en détail la prochaine fois. Il est écrit : « Voici, J’enverrai mon messager : il préparera le chemin devant Moi. Et soudain entrera dans son temple le Seigneur que vous cherchez; et le messager de l’alliance que vous désirez, voici, Il vient, dit l’Éternel des armées. » Ce que Dieu déclare ici est stupéfiant. Il dit qu’Il enverra un messager qui préparera le chemin devant lui, c’est-à-dire devant le Seigneur lui-même. Autrement dit, Dieu vient.

 

Qui est ce messager et comment le Seigneur résout-il le problème le plus profond de l’humanité ? Yeshua lui-même répond à la première question. Dans l’Évangile, il identifie le messager comme étant un Lévite fidèle nommé Yohannan HaMatvil. Vous souvenez-vous de qui il s’agit ? C’est le nom de Jean « le baptiseur », en hébreu. Les quatre Évangiles commencent par son ministère car son rôle est essentiel, celui de préparer le chemin du Seigneur. La prophétie de Malachie l’exprime clairement lorsqu’on lit : « devant Moi », c’est-à-dire devant le Seigneur. Le Brit Chadasha, le Nouveau Testament, révèle que l’accomplissement de cette prophétie est en Yeshua lui-même.

 

C’est pourquoi Ésaïe pouvait prophétiser des siècles auparavant, en Ésaïe 9. 6, qu’un enfant naîtrait et serait appelé El Gibbor, Dieu Puissant et Père Éternel. Au-delà de notre pleine compréhension, il est clair qu’ils ne font qu’un.

Lorsque nous tournons la page de Malachie vers le livre suivant, l’évangile selon Matthieu, il nous est révélé précisément pourquoi Il est venu : « Tu l’appelleras du nom de Yeshua, car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » (Matthieu 1:21) C’est ainsi que le problème de l’humanité est résolu, non par la loi, non par le rituel, non par la réforme, mais par Dieu lui-même qui décide d’intervenir dans l’histoire humaine pour apporter le salut.

 

Imaginons un tribunal où le verdict est : « coupable » et la sentence prononcée est juste. Le juge pourrait simplement frapper de son marteau et s’en aller. Mais au lieu de cela, il descend de son estrade, ôte sa toge et prend la place du condamné !

 

C’est exactement ce que déclare Malachie 3. 1. C’est cela l’Évangile. Lorsque l’humanité a atteint son point de non-retour, Dieu ne s’est pas détourné : Il est venu. Son nom est Yeshua, qui signifie Salut.

 

 

Visionner :  Malachie 4e partie – Le jour où Dieu ne pouvait plus rester silencieux