Pourquoi la lecture du livre d’Amos donne-t-elle la forte impression qu’il a été écrit pour notre génération ? Bien sûr, chaque passage de l’Écriture transcende les époques, car la Parole de Dieu est toujours vivante, pertinente et actuelle. Mais le livre d’Amos possède une urgence particulière. Son message semble surgir du monde antique et se trouver au cœur de l’actualité.
Par exemple, nombre de jugements portés sur les nations ne s’inscrivent dans aucun contexte historique précis. Les historiens peinent souvent à déterminer le quand, l’où et le comment. Et des événements décrits comme contemporains ne peuvent être clairement situés dans le passé, ce qui amène beaucoup à considérer le message d’Amos comme profondément tourné vers l’avenir.
Étonnamment, le grand empire assyrien, puissance dominante émergente à l’époque d’Amos, n’est pas au centre du livre. Il n’est même pas mentionné. Amos cite plutôt les nations voisines, ces mêmes régions et tensions qui sont aujourd’hui au centre de l’attention mondiale.
En observant une carte de cette région, on constate qu’Amos mentionne Gaza et Tyr, régions où le Hamas et le Hezbollah sont aujourd’hui actifs. Il cite également Ammon, Moab et Édom, qui correspondent globalement à des zones de la Cisjordanie et de la Jordanie, et, plus au nord, la Syrie. Ces régions demeurent profondément hostiles à Israël. Remarquons aussi ceci : la carte d’Israël a très peu changé en près de 3 000 ans. C’est comme si le temps s’était arrêté, et notre génération assiste peut-être aujourd’hui à l’accomplissement de ces prophéties. Toutes les nations mentionnées par Amos sont présentes et prêtes.
Nous étudierons les prophéties concernant ces nations en parallèle avec les paroles de Jérémie, d’Ésaïe, d’Ézéchiel, des Psaumes et d’autres écrits prophétiques. La mise en commun de ces textes nous offre une vision plus large et plus précise des mouvements des nations dans les derniers jours. Elles attirent également notre attention sur des régions qui font la une de l’actualité, notamment les pays du Golfe : l’Arabie Saoudite, Oman, Bahreïn, le Koweït, les Émirats Arabes Unis et, surtout, le Qatar. Ces nations n’ont pas échappé à l’attention de Dieu, et l’Écriture contient des prophéties importantes à leur sujet. Par exemple, Amos parle de Gaza et de Tyr faisant des captifs et des otages à Israël. Cela ne vous rappelle rien ?
Ses prophéties, ainsi que celles d’autres prophètes, suggèrent également des liens entre Gaza, Tyr et les pays du Golfe, notamment par le biais d’un soutien financier. L’Écriture présente ces alliances comme l’une des raisons du jugement sévère qui s’abattra sur ces régions. Ces thèmes méritent une étude approfondie, et nous les examinerons de près lorsque nous aborderons les prophéties d’Amos.
Un autre sujet traité par Amos résonne encore aujourd’hui : la religion. Dans l’Israël de son époque, on observe un riche héritage religieux, une forte tradition et une activité religieuse intense. Cependant, ces deux aspects se mêlent : leur religion était une superposition de traditions, mêlées à la Torah, au point que la Parole de Dieu s’en trouvait altérée et obscurcie. C’est là l’un des grands fardeaux d’Amos. Et ce problème ne se pose-t-il pas également aujourd’hui ? Dans le livre d’Amos, le Seigneur offre néanmoins une issue, un message d’une actualité brûlante. Il indique à Israël la voie à suivre face à la montée en puissance des nations ennemies et déclare en Amos 5. 5 : « Cherchez-moi et vous vivrez. » Cherchez le Seigneur et vous vivrez ! Il offre la bénédiction plutôt que le jugement, le refuge plutôt que la colère et la restauration plutôt que la ruine.
Ce verset est fondamental dans ce livre et a influencé de nombreux auteurs rabbiniques qui y voient une voie vers le salut. Dans un passage du Talmud, on trouve un aphorisme célèbre concernant les 613 commandements de la Loi de Moïse : le roi David les réduits à 11 (Psaume 25), Ésaïe à six (Ésaïe 33. 15), Michée à trois (Michée 6. 8), puis à deux (Ésaïe 56. 1). Amos, quant à lui, les a résumés en un seul : « Cherchez-moi et vous vivrez ! » (Amos 5. 4) (BTalmud, Makkot 23b-24a). En effet, tout au long du livre, les jugements sont intimement liés à l’espérance et au désir profond de Dieu qu’Israël et tous les peuples se tournent vers lui pour trouver protection et salut éternel.
Il leur offre même une espérance remarquable dans ce livre : le pouvoir de transformer une prophétie par la prière. Cela apparaît au chapitre 7, où Amos est témoin de prophéties locales inquiétantes, mais il ne reste pas inactif ; il prie, et le Seigneur les annule. En fait, cela se produit à deux reprises. Nous ne pouvons peut-être pas modifier le cours général des prophéties, mais nous pouvons assurément agir localement, c’est-à-dire prier pour cette communauté, comme l’a fait Amos, et demander à Dieu d’annuler le jugement qui pesait sur elle. Dans les moments de grande tourmente, Dieu confie un grand pouvoir à son peuple par la prière, et il est grand temps que nous l’utilisions.
Mais Amos nous livre un détail frappant sur lui-même, et nous y découvrons un message puissant quant à sa présence. Interpellé par un sacrificateur au chapitre 7, Amos répond : « Je ne suis pas prophète, ni fils de prophète. » Amos était pourtant bien un prophète. Il voulait simplement dire qu’il n’appartenait à aucune des communautés ou écoles prophétiques qui existaient à cette époque, remontant au temps d’Élie. Il ne s’agissait pas d’écoles où l’on enseignait la prophétie, comme si cela pouvait s’apprendre. Dans ces écoles, on étudiait les Écritures, on recherchait la sainteté et on se préparait à servir Dieu.
Remarquons qu’il précise également ne pas être le fils d’un prophète. Les élèves considéraient souvent leurs guides spirituels comme des pères, à l’instar d’Élisée qui appelait Élie « Mon père » (2 Rois 2. 12). Ce que cela nous révèle est remarquable. Amos était un homme d’affaires prospère, à l’aise probablement, et qui n’a jamais fréquenté d’école de prophètes. Pourtant, profondément touché par Dieu et sans doute façonné par les Écritures qu’il lisait et les prières qu’il récitait, il fut poussé à quitter son travail, au moins temporairement, pour proclamer la Parole du Seigneur.
Même son nom est significatif. En hébreu, Amos signifie « fardeau ». C’était davantage qu’un nom ; cela décrivait sa vocation. Il portait le fardeau de la vérité, le fardeau de l’amour du prochain et le fardeau d’un message qu’il était impératif de proclamer. Il comprenait la nécessité de la repentance et exhortait son peuple à revenir à Dieu avec ferveur. Il ne pouvait se taire. C’est lui qui a déclaré : « Le Seigneur, l’Éternel, a parlé ! Qui ne prophétisera pas ? » (Amos 3. 8)
Ce message ne nous concerne-t-il pas encore aujourd’hui ? Croyez-vous aux prophéties bibliques ? Pourquoi ne pas les proclamer ? Avez-vous commencé à prier à ce sujet ? Le moment est venu.
Visionner l’étude Amos 1er partie : Et si Dieu vous appelait maintenant ?