Nous entamons l’étude du dernier chapitre de la Bible en hébreu, qui contient 3 chapitres pour le livre de Malachie. Après près de 4 000 ans, depuis la chute d’Adam, représentant l’humanité entière, jusqu’à la chute des nations païennes à la tour de Babel, incluant l’échec de l’état d’Israël, nous arrivons à la prophétie de l’événement le plus important de l’histoire de l’univers, passé, présent et futur : la venue de Dieu lui-même sur terre pour sauver l’humanité.

 

Dans le chapitre 3 de Malachie, nous trouvons des prophéties annonçant les deux venues du Messie, la première et la seconde. Si le judaïsme moderne rejette en grande partie la première venue, les prophètes de Dieu dans le Tanakh la proclament clairement et constamment. Malachie présente ici ces deux venues avec une force particulière. Il nous dit que la première venue serait annoncée par un messager, tout comme la seconde le sera par Élie.

 

Ce livre nous explique comment le Messie viendrait soudainement ; « pitom » en hébreu, prenant beaucoup de gens par surprise car ils n’avaient pas lu les prophéties des Écritures ou les interprétaient différemment, ce qui engendrait des croyances erronées sur ce qu’ils s’attendaient du Messie. Mais Malachie va plus loin ; il révèle qui est véritablement le Messie, dévoilant sa nature profonde.

 

Alors que le prophète Michée nous dit que l’origine du Messie provient de toute éternité, Malachie, lui, insiste sur sa nature divine. Le Messie n’est pas simplement un individu envoyé pour nous sauver ; il est Dieu lui-même venu sauver le monde. C’est ainsi que Malachie retrace avec force le chemin messianique de la Torah jusqu’au dernier chapitre des Saintes Écritures pour révéler qui est le Messie d’Israël.

 

Ce faisant, le prophète nous offre un tableau remarquablement précis des conditions de son époque et du premier siècle. Il va même plus loin, dressant un portrait prophétique du peuple juif dans la Diaspora au cours des deux derniers millénaires. En cela, il se place aux côtés de Moïse, décrivant avec lui les terribles souffrances endurées par le peuple juif sous le joug de la persécution et de l’antisémitisme.

 

Sur cette toile de fond douloureuse, Malachie décrit ensuite la Seconde venue, employant des mots d’une force et d’une profondeur extraordinaires. Le chapitre 3 de Malachie est riche de sens et de sagesse.

 

Un enseignement du premier verset du chapitre 3, tel qu’interprété par Malachie, est que le Messie viendra deux fois. Lorsque nous avons publié un message sur Facebook il y a quelques semaines concernant cette double venue, nous avons rencontré une forte opposition de la part de rabbins et de Juifs instruits, notamment en Israël, qui ont fermement nié ces deux venues, malgré les nombreux écrits des prophètes d’Israël et les arguments convaincants de Malachie lui-même.

 

Malachie 3. 1 décrit la venue soudaine du Seigneur dans son temple. Mais de quel temple s’agit-il ? Cette prophétie correspond plus précisément au Second temple, existant à l’époque de Malachie. L’Écriture ne contient aucune prophétie explicite concernant l’entrée du Messie dans un futur troisième temple, et encore moins une entrée aussi soudaine et inattendue.

 

Lors de son retour, à sa Seconde venue, le Messie se rendra au Mont des Oliviers où, selon Zacharie et le passage de Matthieu 25, Il jugera les nations. Il n’est fait mention d’aucune entrée dans un troisième temple à cette époque, et il est fort probable qu’un tel édifice aurait déjà été détruit.

 

Cette prophétie ne peut pas non plus se référer à un quatrième temple, car alors l’apparition du Messie ne serait ni soudaine ni surprenante. Par conséquent, la venue soudaine décrite par Malachie désigne plus clairement la Première venue du Messie, lorsqu’Il entra discrètement dans le deuxième temple, sans qu’on l’attende et sans être reconnu par la plupart, comme nous le voyons dans les Évangiles.

 

Malachie met également en lumière un autre point très important : toujours au sujet du Messie, le Seigneur déclare dans ce même verset qu’il est « celui que vous désirez », ou encore « celui en qui vous trouvez votre joie ». Certains y voient de l’ironie, voire du sarcasme, se demandant comment Israël pourrait trouver sa joie en quelqu’un qu’il méprise et rejette. Pourtant, cette affirmation recèle peut-être une vérité plus profonde.

 

Se pourrait-il que, derrière le rejet et l’incompréhension, se cache une réalité bien plus grande : que leur véritable désir aille vers celui-là même qu’ils méprisent, hélas ? Car lui seul peut sauver Israël et combler l’aspiration la plus profonde du cœur humain.

Mais une autre question se pose à la nation ; on la trouve en 3. 7 : « Comment retournerons-nous à lui ? » C’est une question essentielle, puisque nous proclamons que Yeshua est bien le Messie. La question à laquelle Dieu va répondre dans Malachie est celle du chemin vers le Messie d’Israël.

 

Considérons la première partie de la réponse de Dieu qui est très intéressante. Au verset suivant, une autre question : « Un homme peut-il voler Dieu ? » Le mot « voler » attire notre attention. Malachie n’utilise pas le verbe habituel pour le vol. Il ne dit pas : « Tu m’as volé. » Alors, comment quelqu’un pourrait-il voler Celui qui possède les troupeaux sur mille collines et tout l’or du monde ?

 

Le mot « voler » employé ici est frappant car il est très rare dans l’Écriture. Le verbe hébreu קָבַע (qāvaʿ) est apparenté à des mots signifiant « casque, coupe » ou « quelque chose qui couvre de par le haut. Cela nous donne un indice important sur son sens. Ce que Malachie semble dire, c’est qu’ils n’ont pas volé Dieu matériellement ; ils l’ont couvert, dissimulé, obscurci. Ils ont placé un voile sur lui, cachant qui Il est vraiment.

 

Cela ne vous rappelle rien ? N’est-ce pas là la contribution tragique des religions créées par l’homme, notamment au sein du christianisme et du judaïsme, lorsqu’elles s’éloignent du pur message des Écritures ? Lorsque la Parole de Dieu est modifiée, altérée ou qu’on y ajoute, Dieu lui-même devient « voilé ». Lorsque Dieu est ainsi dissimulé, le Messie devient alors méconnaissable.

 

 

Visionner :  Malachie 5e partie – Israël, reviens à la maison