À l’époque de Néhémie, bien avant sa venue, l’ombre du Messie planait déjà. C’est pourquoi nous devons considérer Yeshua dans le livre de Néhémie : tout au long du livre, et plus particulièrement dans les actions et le travail de Néhémie, nous observons des schémas et des préfigurations qui Le désignent. Ces aperçus servent de repères prophétiques et de sources d’espérance, disséminés tout au long du récit.
En examinant cela de plus près, nous commençons à percevoir comment la vie de Néhémie projette d’importantes facettes du Messie, révélant des schémas qui nous orientent vers Celui qui est encore plus grand et qui doit venir. Par exemple, lorsque Néhémie fut appelé à sa mission, il vivait confortablement et jouissait de privilèges au palais du roi. Pourtant, il quitta volontairement sa position pour servir son peuple. De même, mais à un niveau infiniment supérieur, Yeshua quitta la gloire du ciel pour venir sauver le monde.
Ce qui motivait Néhémie, c’était la compassion ; son livre commence par des larmes, un jeûne et une prière fervente pour son peuple. De même, ce qui motivait Yeshua est son amour profond, non seulement pour Israël, mais pour le monde entier. Et son amour surpasse tout amour humain : Il est venu donner sa vie pour nous, pour le monde.
Néhémie restaura Jérusalem en reconstruisant ses murailles et en rétablissant l’ordre. Ceci préfigure ce que Yeshua fera à son retour. Il se tiendra sur le mont des Oliviers, jugera les nations, puis restaurera pleinement Jérusalem et son temple pour le Royaume messianique.
Néhémie aspirait également à renouveler l’Alliance abrahamique, mais il ne put la rétablir que partiellement, dans les frontières limitées de Juda. Cependant, lorsque Yeshua reviendra, Il rétablira pleinement l’alliance. Israël occupera enfin toute la Terre promise, du fleuve d’Égypte à l’Euphrate, exactement comme Dieu l’a promis. Il rétablira la lignée davidique et siégera Lui-même sur le trône de David, en tant que Roi des rois.
Néhémie ramena le peuple d’Israël à Jérusalem, du moins autant qu’il put en rassembler. Mais Yeshua rassemblera tout le reste d’Israël des quatre coins du monde et le ramènera dans le pays que Dieu a promis.
À tous égards, l’œuvre de Néhémie préfigure et annonce prophétiquement la restauration bien plus grande que le Messie lui-même accomplira. Cependant, un acte de Néhémie nous rappelle profondément Yeshua : il rétablit l’autorité de la Parole de Dieu. Néhémie convoqua la nation pour écouter la lecture des Écritures, d’abord pendant deux jours, puis pendant sept jours consécutifs. Ce fut un retour national au Livre.
Yeshua n’est pas venu seulement pour lire la Parole, mais Il est venu comme la Parole – le Logos, le Memra – l’expression même de l’amour, de la lumière et de la gloire de Dieu sous forme humaine. Dans le Sermon sur la montagne, Jésus a récité les mêmes Écritures qu’à l’époque de Néhémie, mais avec une profondeur, une clarté et une autorité que seul le Verbe incarné pouvait offrir. Et combien de fois le voyons-nous appeler les dirigeants d’Israël à revenir aux Écritures qu’ils prétendaient défendre ?
À six reprises dans les Évangiles, Il interpelle les Pharisiens, les Sadducéens et les Scribes avec la même question percutante :
N’avez-vous pas lu dans le livre de Moïse ? (Marc 12. 26)
N’avez-vous pas lu dans la Loi ? (Matthieu 12. 5)
N’avez-vous pas lu que celui qui a créé… ? (Matthieu 19. 4 ; 21. 16, 21. 42)
N’avez-vous pas lu ce que Dieu a dit ? (Matthieu 22. 31).
De plus, on retrouve ces paroles au moins trois fois dans les Évangiles :
N’est-ce pas écrit dans votre Loi ? (Jean 10. 34)
N’est-ce pas écrit dans ce livre ? (Jean 20. 30)
Est-ce écrit dans les Prophètes ? Marc 1. 2, Luc 3. 4, Luc 18. 31, Jean 6. 45.
De même que le réveil spirituel au temps de Néhémie a commencé par un retour aux Écritures, toute véritable restauration, personnelle ou nationale, commence encore de la même manière : par un retour à la Parole de Dieu.
De plus, le lieu où la Parole était lue à l’époque de Néhémie est riche de sens. Il s’agissait de la Porte des Eaux. Notre attention a été attirée pour la première fois sur cette porte au chapitre 3, où nous avons appris que parmi les dix portes mentionnées, toutes nécessitaient des réparations, sauf la Porte des Eaux. Son état intact suggère la nature éternelle et immuable de la Parole de Dieu qu’elle représente.
Les archéologues n’ont pas pu déterminer l’emplacement exact de cette porte, mais l’histoire juive, notamment le Talmud, la situe sur le Mont du Temple, le long du chemin menant à la piscine de Siloé. Cette piscine était connue du peuple sous le nom « d’eaux du salut ».
C’est précisément sur ce chemin que Yeshua envoya l’aveugle-né, lui demandant de se laver les yeux, et pour la première fois de sa vie, il vit. La guérison de cet homme est une image de notre condition à tous avant de connaître Yeshua : spirituellement aveugles jusqu’à ce que les eaux du salut nous ouvrent les yeux.
C’est probablement près de cet endroit, à la Porte des Eaux, que Yeshua proclama : « Celui qui croit en moi, des fleuves d’eau vive jailliront de son sein, comme l’a dit l’Écriture » (Jean 7. 38). Une déclaration puissante, faite en ce lieu même associé à la lecture de la Parole de Dieu, aux eaux du salut et à la guérison des aveugles.
Enfin, ce passage recèle un puissant message eschatologique pour tous ceux qui aiment sa Parole. Les deux principales lectures publiques des Écritures dans Néhémie 8 eurent lieu pendant deux des grandes fêtes du Seigneur : Yom Terouah (la Fête des Trompettes) et Succoth (la Fête des Tabernacles). Ces fêtes sont hautement prophétiques. La première lecture eut lieu pendant Yom Terouah, lorsque le peuple se rassembla à Jérusalem au son des trompettes. Dans le schéma prophétique des fêtes, cela correspond à la première résurrection, au grand rassemblement de tous les croyants auprès de Yeshua. C’est le moment où la trompette sonne et où les rachetés sont enlevés pour rencontrer le Seigneur.
La deuxième lecture eut lieu quelques jours plus tard, pendant Succoth, et dura les sept jours de la fête. Ceci est très important car, dans le tableau eschatologique, Succoth symbolise le Royaume messianique, le grand sabbat de l’histoire, lorsque le Verbe lui-même, Yeshua, régnera sur la terre dans la gloire et la paix.
Mais plus remarquable encore c’est au sujet de la fête qui se situe entre les deux : Yom Kippour, le Jour du Grand Pardon. Cette fête n’est pas mentionnée dans Néhémie 8, et cette omission est intentionnelle. Dans l’ordre prophétique des fêtes, Yom Kippour représente les sept années de Tribulation, une période de jugement et de souffrance dont les croyants seront exemptés, ayant déjà été rassemblés auprès du Seigneur.
Ainsi, le schéma de Néhémie devient un symbole d’espérance : de Yom Terouah à Succoth : de la résurrection au Royaume. C’est le privilège et la destinée de tous ceux qui aiment Dieu et sa Parole — un voyage qui commence avec le son de la trompette du salut et s’achève avec la joie de demeurer avec lui pour toujours.
Visionner : Nehemie 6e partie – Le Messie dans Néhémie