À première vue, ces chapitres ressemblent à une ancienne liste de condamnations de nations : Damas, Gaza, Tyr, Édom, Ammon et Moab. Des noms d’un autre temps ; des royaumes disparus, comme la poussière sur les pages de l’Histoire. Mais regardons de plus près. Ces noms ne sont pas choisis au hasard. Ce sont les territoires mêmes qui entourent Israël, les mêmes régions qui font encore la une des journaux aujourd’hui, les mêmes couloirs de guerre, d’alliances, de trahisons, de violence et d’incertitude angoissante.
En observant la carte des nations voisines d’Israël, il est essentiel de reconnaître un point important. On ne peut établir de lien direct entre les populations actuelles de ces territoires et celles de l’époque d’Amos, il y a près de 3 000 ans : pourtant, deux réalités demeurent inchangées : la géographie et l’hostilité persistante envers Israël.
Remarquez sa précision. Aujourd’hui, après les guerres et les tentatives de paix au Moyen-Orient, on pourrait croire que certaines menaces ont disparu. Certains affirment que des groupes comme le Hamas ou le Hezbollah ont disparu, mais Amos nous apprend que ces mêmes territoires, occupés par ces deux groupes, resteront hostiles à Israël jusqu’au retour du Messie et à l’avènement de l’ère messianique.
Plus remarquable encore, les événements récents, tels que les prises d’otages et les agressions territoriales, font écho aux schémas décrits par Amos dans ses prophéties et trouvent leur origine dans ces mêmes régions. Nous comprenons donc qu’elles se relèveront. Elles n’ont pas disparu.
Quant aux autres nations, Ammon, Moab et Édom, Amos les décrit comme nourrissant une hostilité tenace et une fureur implacable, comme c’est le cas aujourd’hui et le sera jusqu’à la fin. Des tentatives de paix auront lieu, mais elles seront vaines : seul le Messie apportera la paix.
Comme lors des conflits passés, la Syrie continue de s’opposer. Selon Amos, Ésaïe, Jérémie et Ézéchiel, la Syrie se soulèvera de nouveau contre Israël avant le Second Avènement. Une fois encore, ce que nous observons aujourd’hui n’est pas le fruit du hasard, mais s’inscrit dans un schéma bien connu.
Cependant, cette prophétie recèle un profond mystère, que nous ne commençons à percevoir qu’en comparant les paroles d’Amos à celles des autres prophètes. Ensemble, elles révèlent un schéma indéniable. Remarquons que Gaza et Tyr sont toutes deux décrites comme ayant livré des populations entières à Édom (Amos 1. 6, 9). Ce détail est loin d’être anodin ; il est répété pour souligner son importance.
Dès lors, une question se pose : pourquoi Édom ? Pourquoi cette nation se trouve-t-elle au cœur d’une accusation si grave ? Dans les deux premiers chapitres d’Amos, Édom est mentionné à cinq reprises, tandis que d’autres nations ne sont citées qu’une ou deux fois. Géographiquement, Édom correspond en grande partie à la partie sud de la Jordanie actuelle, une région aride, accidentée et peu peuplée. Rien dans son apparence ne laisse présager son importance mondiale. Pourtant, prophétiquement, elle se distingue.
Considérons un instant la mention d’Édom chez les autres prophètes. Lorsqu’ils évoquent le jugement d’Édom, nous voyons cette nation jugée aux côtés d’un autre groupe de nations ayant récemment acquis une notoriété internationale : les pays du Golfe.
Les prophéties de la fin des temps indiquent un lien étroit entre Tyr, Gaza, Édom et les pays du Golfe. En termes actuels, les prophéties bibliques indiquent qu’il existe, même aujourd’hui, un lien entre le Hezbollah, le Hamas, l’Arabie Saoudite, le Qatar et leurs pays voisins. Ce schéma nous invite à la plus grande vigilance, car les liens établis par les prophètes ne sont pas fortuits, mais bel et bien interconnectés.
Il est également important de noter le rôle majeur qu’Édom joue dans les écrits des autres prophètes. Le livre d’Abdias est entièrement consacré à Édom. Ésaïe (chapitres 34-35, 63), Jérémie (chapitre 49) et Ézéchiel (chapitre 25) évoquent tous la violence, l’hostilité et le jugement final d’Édom. Or, un point crucial est à souligner : ils associent souvent Édom à d’autres régions (par exemple les pays du Golfe).
En Ézéchiel 25, versets 12-13, il est écrit : « Parce qu’Édom a agi contre la maison de Juda… Je la dévasterai ; de Téman jusqu’à Dedan ils tomberont par l’épée. » Ceci soulève une question essentielle : qui est Dedan, et pourquoi est-elle associée à Édom ? Dedan correspond à l’Arabie Saoudite. Cette région est généralement associée au nord-ouest de la péninsule arabique, et souvent liée à l’oasis d’Al-‘Ula, dans l’actuelle Arabie Saoudite.
On retrouve ce même lien dans le livre de Jérémie 49. 7-8, où, dans une prophétie contre Édom, les habitants de Dedan sont sommés de fuir, car le jugement s’abat sur eux. Dans le livre d’Ésaïe 21. 11-17, ce lien se poursuit. Édom est associé à l’Arabie, et Dedan est mentionné dans le même contexte.
Que constatons-nous donc ? Qu’Édom n’est pas un cas isolé. Il s’inscrit dans un contexte régional plus large, lié à l’Arabie, où se situent les pays du Golfe. Même dans la prophétie de la guerre de Gog et Magog (Ézéchiel 38), Dedan et Saba sont mentionnés parmi les nations qui observent le conflit ou y réagissent. Saba est souvent associée aujourd’hui au Yémen, un pays qui a récemment révélé son hostilité envers Israël.
En Ézéchiel chapitre 27, il est écrit que Dedan commerce avec de nombreuses régions côtières. Qui sont les habitants des régions côtières de Dedan ? La plupart des nations du Golfe, pour la grande majorité, ont une forme politique moderne relativement récente, ayant émergé principalement au 20e siècle. L’Arabie Saoudite a été fondée en 1932, le Koweït en 1961, Oman en 1970, Bahreïn, le Qatar 1971, et les Émirats Arabes Unis en 1971.
Auparavant, il s’agissait généralement de territoires tribaux gouvernés par des familles dans des régions d’oasis ; comment expliquer leur enrichissement récent ? Et aujourd’hui, leur argent finance leur guerre contre Israël ? C’est bien ce qu’Amos semble indiquer en mentionnant Édom comme un acteur majeur dans le conflit de ces nations contre Israël.
Visionner l’étude Amos 2e partie : Le chaos au Moyen-Orient et le Livre d’Amos