Le temps de la grâce d’abord, puis le trône

 

En abordant le dernier chapitre du livre d’Amos, nous sommes frappés par la pertinence de ses prophéties concernant notre génération. Nous avons parcouru ce livre remarquable et y avons découvert une série d’avertissements solennels venant de Dieu. Cinq avertissements majeurs se distinguent particulièrement :

 

  • Le premier concerne les ingérences étrangères en Israël et le jugement qui finira par s’abattre sur les nations s’opposant aux desseins de Dieu pour son peuple. C’est ainsi qu’Amos entame sa prophétie dans les chapitres 1 et 2.

 

  • Le deuxième avertissement porte sur les dangers internes : la corruption religieuse et l’influence d’hommes prétendant parler au nom de Dieu alors qu’Il ne les a pas envoyés. Amos aborde ce point dans les chapitres 3 à 5.

 

  • Le troisième avertissement est en rapport avec la conséquence inévitable du fait de se détourner de Dieu — notamment la dispersion – la Diaspora – et la montée de l’antisémitisme, alors que la nation d’Israël est livrée aux nations. Ce thème est développé dans les chapitres 6 à 9.

 

  • Le quatrième avertissement, celui du grand conflit d’Harmaguédon, a trait à l’aboutissement ultime de cette hostilité envers le peuple de Dieu et tout ce qui s’y rapporte. Bien que ce sujet traverse tout le livre, le chapitre 9 le met particulièrement en évidence.

 

  • Enfin, le cinquième avertissement — qui constitue également la promesse la plus bénie — est le retour de Yeshua sur terre pour établir son Royaume et restaurer le trône de David. C’est sur cette note qu’Amos conclut son livre. Même cet événement constitue un avertissement, car il nous rappelle que l’ordre mondial actuel ne perdurera pas indéfiniment ; le Roi lui-même vient pour juger la terre.

 

D’un point de vue humain, une prophétie concernant l’établissement du trône de David semble presque impossible à réaliser. En observant les troubles qui agitent notre monde, l’hostilité envers Israël et l’instabilité croissante parmi les nations, nous pouvons nous demander comment un avenir aussi glorieux pourrait jamais se concrétiser. Pourtant, ce qui est impossible à l’homme est certain pour Dieu. Écoutez la glorieuse promesse d’Amos 9. 11 : « En ce jour-là, Je relèverai la hutte de David qui est tombée, J’en réparerai les brèches, Je relèverai ses ruines et Je la rebâtirai telle qu’elle était autrefois. » C’est la promesse de Dieu qu’Israël non seulement survivra, mais sera aussi pleinement restauré en tant que nation. Plus encore, c’est la promesse que Dieu accomplira l’alliance qu’Il a conclue avec David concernant le Messie et son Royaume. En lisant les Écritures, vous avez peut-être remarqué que de nombreuses promesses faites à Israël ne sont pas encore accomplies. Prenons, par exemple, la promesse concernant le pays. Dieu a promis à Abraham en Genèse 15. 18 et à sa descendance une terre s’étendant « depuis le fleuve d’Égypte jusqu’au grand fleuve, le fleuve Euphrate ». Israël n’a jamais possédé de manière permanente l’intégralité de ce territoire. Les frontières bibliques s’étendent bien au-delà de la terre située entre le Jourdain et la mer Méditerranée. Aujourd’hui, lorsque nous entendons le slogan « Du fleuve à la mer », les croyants devraient se rappeler de la promesse même du Seigneur : « d’un fleuve à l’autre ». Dieu n’a pas oublié son alliance. Une autre promesse attendant son plein accomplissement est l’alliance davidique, vers laquelle Amos attire maintenant notre attention.  Que nous enseigne cette alliance ?

 

•       Premièrement, elle nous indique que Yeshua reviendra. Avant d’établir son Royaume, Il rassemblera le peuple juif des quatre coins de la terre et le ramènera dans le pays.

•       Deuxièmement, Il restaurera le Tabernacle — le Trône — de David qui était tombé. Depuis Jérusalem, un Fils de David, Yeshua Lui-même, régnera sur le Royaume messianique.

•       Troisièmement, les nations du monde se tourneront vers le Dieu d’Israël. Les non-Juifs qui entreront dans l’Ère messianique viendront régulièrement à Jérusalem pour adorer le Seigneur, comme l’a prophétisé Ésaïe dans les chapitres 2, 11, 40 et 66.

 

Quelle époque bénie ce sera ! Alors qu’Amos nous livre cette glorieuse prophétie concernant la restauration du royaume déchu de David, un autre prophète — du Nouveau Testament — ajoute un élément crucial quant au moment de son accomplissement et nous aide à mieux la comprendre. Cet autre prophète est Jacques, le demi-frère de Yeshua et dirigeant de la première congrégation de Jérusalem. La prophétie d’Amos 9. 11 est tellement importante que Jacques la cite lors du premier grand concile du Corps du Messie — le Concile de Jérusalem — relaté dans le livre des Actes, au chapitre 15. Pourquoi et comment Jacques a-t-il cité Amos ? Si nous saisissons ce point, nous comprendrons bien mieux les rôles respectifs d’Israël et de l’Église. À cette époque, les croyants juifs peinaient à comprendre pourquoi tant de non-Juifs venaient à la foi en Yeshua. Cela peut sembler étrange à beaucoup de chrétiens aujourd’hui, mais la congrégation primitive était entièrement juive à ses débuts. Dans les premiers chapitres des Actes, il n’y avait aucun croyant venant des nations. Il s’agissait là d’une continuité de l’histoire d’Israël. Cependant, à mesure que les non-Juifs ont commencé à rejoindre la congrégation en grand nombre, des questions importantes ont surgi. De nombreux croyants juifs, en particulier ceux issus du parti des pharisiens, insistaient pour que les croyants non-Juifs soient circoncis et observent la Loi mosaïque afin d’être pleinement acceptés au sein de la communauté de foi.

 

Pour résoudre ce problème, un Concile fut convoqué à Jérusalem. Certains des dirigeants de la première assemblée y étaient présents : Pierre, Paul, Jean et Jacques. Jacques, dirigeant de l’assemblée de Jérusalem, prit la parole en dernier, et ses propos sont remarquables. Dans Actes 15. 15 à 17, nous lisons : « Les paroles des prophètes s’accordent avec cela, selon qu’il est écrit : « Après cela, Je reviendrai et Je rebâtirai le tabernacle de David qui est tombé, J’en relèverai les ruines et Je le rétablirai, afin que le reste des hommes cherche le Seigneur, ainsi que toutes les nations sur lesquelles mon nom a été invoqué. » Remarquez d’abord que Jacques déclare : « Les paroles des prophètes s’accordent ». Pour Jacques, les prophètes parlaient d’une seule voix. Chaque prophète apportait une pièce supplémentaire au puzzle prophétique, mais ensemble, ils proclamaient un message unifié venant de Dieu. Cependant, Jacques introduit également un détail chronologique important qui nous aide à comprendre l’époque dans laquelle nous vivons. C’est un point crucial. Observez attentivement ce que dit Amos : « En ce jour-là, Je relèverai la « soukka » [la hutte – le tabernacle] de David qui est tombée. » Mais voyons ensuite ce que Jacques ajoute : « Après cela, Je reviendrai ». Pour Amos, l’expression « En ce jour-là » désignait la période suivant la Tribulation ; or, Jacques modifie la formulation en disant « Après cela ». Pourquoi cette différence, et à quoi correspondent ces choses auxquelles Jacques fait référence ? À l’époque de Jacques, un élément supplémentaire s’était ajouté au déroulement du plan de Dieu. Un nouvel intervalle de temps — un mystère temporel — était apparu, permettant au reste des nations de se joindre aux assemblées, au reste d’Israël. Pour Amos et les prophètes des Écritures hébraïques, le trône de David devait être rétabli aussitôt après la venue, la mort et la résurrection du Messie. Toutefois, lorsque le Messie est venu, est mort et est ressuscité, une période supplémentaire a été ajoutée pour permettre aux nations de croire (l’ère de l’Église), une période qui dure depuis plus de 2 000 ans. L’apôtre Jacques, inspiré par le Saint-Esprit, attire l’attention sur cette nouvelle ère afin que les nouveaux croyants juifs puissent comprendre pourquoi tant de personnes issues des nations rejoignaient leurs assemblées.

 

Tout au long d’une grande partie de l’histoire de l’Église, de nombreux exégètes chrétiens ont interprété la prophétie d’Amos concernant la restauration du royaume de David comme s’étant accomplie spirituellement lors de la première venue du Christ et comme s’appliquant à l’Église. Jacques et Paul, toutefois, soulignent un accomplissement futur : à l’ère actuelle, Dieu rassemble les nations (les non-Juifs), mais une fois que la totalité des nations sera entrée, le Messie reviendra pour restaurer Israël, accomplir les promesses de l’alliance divine et établir le royaume davidique sur terre. Nous ne sommes pas encore dans le Millénium, et le peuple juif continue de jouer un rôle central dans la prophétie biblique. En fait, Paul exhorte les croyants issus des nations à ne pas faire preuve d’arrogance envers Israël, mais à reconnaître les desseins que Dieu poursuit à l’égard du peuple juif.

 

 

Visionner l’étude Amos 9e partie : La prophétie oubliée : Le rétablissement du Royaume de David