L’histoire de la reconstruction des murailles de Jérusalem se trouve dans les chapitres 4 à 10 du livre de Néhémie. Ces chapitres, empreints d’une succession d’épreuves et de triomphes, mettent en scène un ennemi acharné opposé à un groupe de fidèles serviteurs résilients.
La narration de ces chapitres peut s’avérer complexe en raison des changements de chronologie et du style parfois complexe. Mais cette structure est peut-être intentionnelle, pour attirer notre attention vers un message sous-jacent plus profond, à la fois prophétique et pratique.
Par exemple, les événements relatés dans le livre de Néhémie font écho à ceux décrits dans le livre des Actes, où un Reste fidèle d’Israël – les Juifs croyants du premier siècle – entreprend de bâtir le Corps du Messie. Les mêmes forces du mal qui s’étaient opposées à Néhémie réapparaissent alors, employant des tactiques similaires pour entraver l’œuvre de Dieu. Ces stratagèmes continuent d’être utilisés contre les croyants de nos jours. C’est pourquoi les paroles de Paul dans 2 Corinthiens 2 verset 11 sont particulièrement importantes : « Afin que Satan ne prenne aucun avantage sur nous, car nous ne sommes pas ignorants de ses ruses. » Tout cela, rapporté dans le livre de Néhémie, vise notre croissance spirituelle et notre discernement.
Au-delà des leçons pratiques, ce livre renferme une dimension prophétique d’une grande puissance. À la fin du récit de Néhémie, lorsque les murailles de Jérusalem sont enfin achevées, le peuple célèbre deux grandes fêtes : la Fête des Trompettes et la Fête des Tabernacles.
Pourtant, et c’est surprenant, la fête entre les deux, celle du Yom Kippour, n’est pas mentionnée. Pourquoi ? Cette omission n’est peut-être pas accidentelle. Elle s’accorde parfaitement avec la vision prophétique des temps de la fin. Comme nous le savons, la Fête des Trompettes annonce l’Enlèvement, le rassemblement de tous les croyants, la première résurrection des croyants, tandis que la Fête des Tabernacles préfigure le Royaume messianique. Se pourrait-il que l’absence de Yom Kippour soit due à sa préfiguration de la Tribulation – un temps de jugement – dont le Corps du Messie sera épargné, ayant déjà été enlevé au ciel ?
Regardons maintenant le chapitre 4 de Néhémie et nous verrons comment ce livre remarquable révèle à la fois le combat spirituel et l’espérance prophétique qui attendent le peuple de Dieu.
Comment Néhémie a-t-il reconstruit les murailles ? Nous pouvons en tirer une application pratique significative. Ce passage contient l’un des versets les plus célèbres de Néhémie, chapitre 4 verset 17 : « Ceux qui rebâtissaient les murailles et ceux qui portaient les fardeaux les portaient d’une main, faisant le travail, et de l’autre, tenant une arme. »
D’une main, ils construisaient, restaurant ce qui était brisé et relevant les murailles de Jérusalem, tandis que de l’autre, ils se défendaient contre l’ennemi. Cette image reflète notre propre cheminement spirituel aujourd’hui : d’un côté, nous nous efforçons de fortifier notre foi, de progresser dans la sanctification et de témoigner du Messie dans le monde. D’autre part, nous devons constamment rester sur nos gardes, résistant aux attaques des ennemis extérieurs de même qu’à notre vieille nature intérieure.
La vie d’un croyant ressemble beaucoup au mur que Néhémie a bâti : elle se construit malgré l’opposition. Car le même Dieu qui nous donne la force de construire nous équipe aussi pour combattre. À son service, nous sommes à la fois bâtisseurs et soldats. Si le verset 17 présente une image saisissante d’un travail de bâtisseur en même temps qu’une défense, montrant tout Israël en un seul corps uni, les versets suivants expliquent comment cela a été possible. Après tout, il est impossible de manier efficacement une épée d’une main tout en tenant une pelle de l’autre. Cependant, ensemble, unis dans leur but et dans leur foi, ils pouvaient accomplir les deux tâches simultanément.
Néhémie organisa le peuple en deux groupes : l’un travaillait à la construction du mur tandis que l’autre montait la garde, équipé de lances, de boucliers, d’arcs et portant des cuirasses. Leur dévouement était tel qu’ils dormaient même tout habillés, prêts à combattre à tout moment.
Cependant, faute d’hommes pour assurer une protection adéquate, Néhémie mit au point une autre stratégie. Il posta un homme portant un homme muni d’une trompette, à intervalles réguliers autour de la muraille. Comme indiqué au verset 20 : « Au son de la trompette, rassemblez-vous près de nous, à l’endroit où vous l’entendrez sonner, et notre Dieu combattra pour nous.», leur rappelant une grande promesse : « Notre Dieu combattra pour nous. » Ce plan s’avéra efficace et la muraille fut achevée, préparant ainsi Jérusalem.
Pendant la construction du mur, chacun avait une tâche précise. Certains réparaient les brèches, d’autres restauraient les portes et les tours, et d’autres encore étaient chargés de la surveillance et de la garde. Leur unité illustrait magnifiquement la coopération sous la direction de Dieu. Cette harmonie entre les bâtisseurs reflète le fonctionnement du Corps du Messie, l’Église de Dieu. Comme l’écrit l’apôtre Pierre : « Que chacun mette au service des autres le don qu’il a reçu, comme de bons dispensateurs des diverses grâces de Dieu » (1 Pierre 4.10).
Chaque croyant reçoit un don, une vocation, une force ou un ministère, non pour sa gloire personnelle, mais pour le bien d’autrui. Lorsque ces dons s’expriment dans l’amour et l’obéissance, ils forment un tout, un « echad », une unité, semblable à celle que l’on observe au temps de Néhémie. Le mur est resté solide parce que chacun a joué son rôle ; de même, le Corps du Messie est fortifié lorsque chaque membre sert fidèlement, et ainsi Dieu reçoit la gloire.
Bien que nous aurions souhaité que le livre s’achève au chapitre 4, ce n’est pas le cas. Tous ces éléments nous rappellent le cheminement du Corps du Messie, l’Église. Le livre de Néhémie et le livre des Actes présentent des similitudes frappantes : tous deux décrivent des communautés appelées par Dieu, poursuivant leur œuvre malgré une opposition et des attaques extérieures incessantes, en plus de conflits internes.
Prenons l’exemple des premiers croyants dans le livre des Actes. Au chapitre 2, nous lisons que 3 000 Juifs se sont convertis à la foi en Yeshua, et au chapitre 4, 5 000 autres s’y ajoutent. Pourtant, à la fin de ce même chapitre, la faveur dont ils jouissaient auprès du peuple commence à décliner (Actes 2. 47).
Semblable à l’époque de Néhémie, la première vague de persécution est venue de l’extérieur, comme lorsque les chefs religieux ont arrêté Pierre et Jean, cherchant à faire taire la Parole de Dieu (Actes 4). L’attaque suivante est venue de l’intérieur, semblable à ce qui s’est produit pour Néhémie. Dans les Actes des Apôtres, chapitre 6, des tensions apparaissent entre les croyants hébreux et les croyants hellénistes (ceux de la Diaspora) au sujet de la distribution quotidienne de nourriture aux pauvres. Cette division interne fait écho au conflit décrit dans Néhémie, chapitre 5, où des désaccords surgissent entre les riches et les pauvres au sein du peuple de Dieu.