Imaginez célébrer une vérité pendant des millénaires, la conserver, la préserver et débattre à son sujet sans jamais en comprendre pleinement le sens profond. Depuis des siècles, Israël observe trois fêtes sacrées : la Pâque, les Pains sans levain et les Prémices. On a débattu au sujet de ces fêtes, on les a définies, on les a protégées, et pourtant, on a manqué Celui qui se trouve au centre même de toutes.
Ces fêtes ne sont pas de simples rituels ; elles ne sont pas que faire partie de l’histoire. Elles sont en soi une révélation. La Pâque nous montre que le Messie devait mourir. Les Pains sans levain démontrent que sa vie était parfaitement sainte. Les Prémices révèlent que la mort n’a pu le retenir. Ensemble, elles ne sont pas simplement trois fêtes arbitraires ; elles constituent la biographie du Messie lors de sa Première Venue, écrite bien à l’avance.
La Pâque
Examinons maintenant un fait important concernant la Pâque. Voici une question simple : si vous demandez aujourd’hui à un Juif : « Qu’est-ce que la Pâque ? », que répondra-t-il ? La plupart évoqueraient l’exode d’Égypte et la libération de l’esclavage. Ils mentionneraient sans aucun doute le repas du « Seder », la matza et la Haggadah, le livre sacré transmis de génération en génération lors du « Seder ».
Ce qu’ils considèrent comme étant important concernant la Pâque est à la fois beau et significatif. Cependant, une autre question se pose : que dit la Parole de Dieu ? En lisant les chapitres 12 et 13 du livre de l’Exode, on découvre quelque chose de frappant. Le récit ne se limite pas à l’esclavage, à la délivrance et à la matza ; le récit est surtout centré sur un agneau.
Remarquez l’importance que le Seigneur accorde à l’agneau en Exode 12. Au verset 3, l’agneau est choisi. Au verset 4, il est partagé. Le verset 5 précise qu’il doit être sans défaut. Au verset 6, il est gardé puis immolé. Enfin, le verset 7 décrit comment son sang sauvera des vies. Le texte souligne que ce n’est pas la foi seule qui les a sauvés, mais aussi le sang de l’agneau sur les linteaux des portes. Aujourd’hui encore, ce récit se transmet. Tous les symboles sont toujours présents. Le souvenir est préservé. Mais la question qui se pose est la suivante : où est l’agneau ? Je ne pose pas cette question pour accuser, pour critiquer, mais par un profond désir : pour les ramener aux Écritures. Car la Parole de Dieu place l’agneau au cœur même de la rédemption. Et si l’agneau est absent, alors quelque chose d’essentiel manque. En effet, l’Agneau est le Messie, le Sauveur d’Israël, Celui qui a été mis à part, et surtout Celui-là même qui aime Israël et continue de le préserver. C’est pourquoi la Torah insiste tant sur ce point. En fin de compte, ce qui importe vraiment, c’est notre destinée éternelle, et le Messie nous assure que tous ceux qui placent leur foi en Lui seront sauvés.
Pain sans levain
Le lien entre la Pâque et le Pain sans levain est profond. Le sacrifice ne doit pas seulement être offert : il doit être parfait. L’Agneau de Dieu devait être sans péché, saint et immaculé, pour pouvoir être notre sacrifice. Cette fête, par conséquent, évoque les qualités du Messie. Non seulement qu’Il allait mourir, mais que lui seul était digne de mourir d’une mort expiatoire. Une vérité importante se retrouve dans toute l’Écriture : la sainteté est requise pour s’approcher de Dieu. Aucun prêtre-sacrificateur, aucun prophète, aucun homme d’aucune nation n’a jamais été assez saint. Un seul, Yeshua, le seul qui a vécu sans péché, est seul capable de nous rapprocher de Dieu.
Yom Ha-Bikkurim
Voici la troisième fête : Yom Ha-Bikkurim, la résurrection, ou la Fête des Prémices. Les Écritures font souvent référence aux Prémices, mais celle-ci est la première de toutes, la première de l’année, le début de la moisson. C’est lors de cette fête même que Yeshua est ressuscité des morts, confirmant, une fois pour toutes, la destinée éternelle de tous ceux qui lui appartiennent. Mais en quoi cette résurrection diffère-t-elle de toutes les autres dans les Écritures hébraïques ? Cette résurrection est unique. C’est la première résurrection d’un individu pour la vie éternelle, pour ne plus jamais mourir. Tous les autres ressuscités sont morts de nouveau. Élie a ressuscité le fils de la veuve de Sarepta, mais cet enfant est mort plus tard. Il en va de même pour Lazare ; il a été ressuscité, mais lui aussi est mort de nouveau. Mais lorsque Yeshua est ressuscité, c’est pour ne plus jamais mourir. Il est donc les Prémices.
Et c’est pourquoi le nom de cette fête est si significatif : Prémices (reshit), qui signifie le Premier d’une série. Et s’il y a un premier, il y en aura forcément d’autres. La question est : qui sera le prochain ? C’est précisément ce que Paul enseigne dans 1 Corinthiens 15. 20 à 23 : « Le Messie est ressuscité des morts, prémices de ceux qui sont morts… chacun en son rang : le Messie comme prémices, ensuite ceux qui lui appartiennent, lors de son avènement. » Le mot « prémices » (aparchē) renvoie directement à l’offrande décrite en Lévitique 23. Paul nous dit que Yeshua est le premier de la moisson et qu’il y en aura d’autres. Et c’est la bonne nouvelle. Ceux qui appartiennent au Messie suivront. Que ce soit lors de l’Enlèvement ou de la Résurrection, nous faisons partie de cette moisson. Au premier siècle, la fête de Yom HaBikkurim, ou des Prémices, était un événement majeur en Israël. Durant cette fête, la quantité de grain offerte au Temple était doublée, et c’était un temps d’abondance et de joie !
Cependant, aujourd’hui, dans la pratique du judaïsme moderne, la fête des Prémices, Yom HaBikkurim, est presque tombée en désuétude. Nombre de Juifs ignorent même son existence en tant que fête particulière et distincte. Les anciens rabbins en parlent, notamment dans le traité Menachot de la Mishna, où elle marque le début des récoltes. Mais la fête elle-même n’est plus observée sous sa forme originelle. Pourquoi ? On explique qu’elle dépend entièrement du Temple, et sans le Temple, l’offrande ne peut être faite. D’accord. Mais réfléchissons : le Yom Kippour dépend lui aussi du Temple, et pourtant il est toujours célébré aujourd’hui, bien que sans sacrifices. Mais pas les Prémices. Cette fête même, aujourd’hui cachée, est au cœur de la Torah car elle symbolise la résurrection du Messie : à la Pâque, Il meurt, à Yom Ha-Bikkurim, Il ressuscite, et c’est précisément cela qui s’est produit au premier siècle.
Visionner : Trois Fêtes, un Messie : Mort – Sainteté – Résurrection