Dans notre dernier regard sur le livre de Joël, nous souhaitons nous concentrer sur les renversements de situation marquants, ceux qui transforment le désastre en restauration.

 

Dans Joël 1. 10, nous voyons que « les champs sont dévastés et la terre est en deuil ». Dans Joël 2. 19, la dévastation est décrite ainsi : « Le feu a dévoré les pâturages » et « La flamme a brûlé tous les arbres des champs ». Et dans Joël 2. 5, l’ennemi est décrit comme « sautant sur le sommet des montagnes ».

 

Mais maintenant, lors de notre passage et du retour du Messie, le paysage tout entier est transformé. En Joël 3. 18, les montagnes elles-mêmes ruisselleront de vin doux, révélant l’abondance et la richesse du pays. Le mot hébreu נָטַף (nāṭap), traduit par « goutte », suggère également une parole ou un témoignage, comme si la création elle-même proclamait les bénédictions de Dieu.

 

Et le lait coulera, symbolisant l’harmonie même au sein du règne animal, qui souffrait également nous dit Joël. Voyez comment ce verset indique que la maison du Seigneur, le Temple, sera reconstruite – non pas le troisième Temple, mais le quatrième, le grand Temple décrit dans Ézéchiel 40-48.

 

Tout d’abord, remarquez à la fin du verset 3. 18 comment l’eau coule dans la vallée de Sittim. Pourquoi mentionner la vallée de Sittim en particulier, parmi tous les lieux d’Israël ? Il ne s’agit pas seulement d’un lieu géographique, mais aussi d’un symbole spirituel et religieux. Le mot « sittim » en hébreu signifie « acacia ».

 

Cet arbre nous conduit directement au Lieu très Saint et au Lieu Saint du Temple. Là, nous voyons que l’Arche de l’alliance était en bois d’acacia et recouverte d’or. De même, l’autel des parfums était en bois d’acacia et recouvert d’or, et la table des pains était entièrement en acacia, tout comme les planches et les poteaux du Tabernacle. Ainsi, « sittim » fait référence à la nouvelle maison du Seigneur qui sera construite à Jérusalem.

 

Les rabbins comparaient le bois d’acacia à la Torah et aux alliances de Dieu, le considérant comme un symbole de foi en temps difficiles. C’est parce qu’il a été utilisé dans le Tabernacle et parce qu’il perdure dans le temps et à travers différentes situations.

 

Dans cette dernière étude sur Joël, nous abordons également une question importante : comment le message de Joël peut-il influencer la vie de ses lecteurs, tant ceux vivant aujourd’hui que ceux qui s’y tourneront lors de la Tribulation à venir ? Pour eux en particulier, les paroles de la prophétie leur paraîtront d’une réalité saisissante. Pensons, par exemple, aux 144 000 décrits dans les textes d’Apocalypse chapitres 7 et 14.

 

Comment ces serviteurs choisis trouveront-ils la force, recevront-ils des conseils et influenceront-ils le monde qui les entoure grâce au message du prophète et, plus particulièrement, à celui de Joël ? C’est précisément cette question que Joël lui-même anticipe et aborde dans une partie spécifique de sa prophétie.

 

Une section de ce livre est si importante qu’elle est considérée comme un chapitre distinct dans la Bible hébraïque. C’est pourquoi, dans la Bible hébraïque, Joël compte quatre chapitres, mais ils contiennent le même nombre de mots que nos traductions, qui n’en comptent que trois.

 

Ce chapitre ne contient que 5 versets de Joël 2. 28-32 dans nos traductions. Lisons les deux premiers versets, les versets 28-29 : « Après cela, Je répandrai mon Esprit sur toute chair ; vos fils et vos filles prophétiseront, vos vieillards auront des songes, et vos jeunes gens des visions. Même sur les serviteurs et les servantes, Je répandrai mon Esprit en ces jours-là. » Que viennent faire ces versets au milieu du livre de Joël ?

 

Ce passage est l’un des sujets les plus discutés de la littérature rabbinique. La plupart des érudits voient son accomplissement à l’ère messianique, lorsque l’Esprit de Dieu habitera en les justes. Cependant, il est peu probable que cette prophétie se réalise pendant les temps messianiques, mais plutôt pendant la période de Tribulation précédant le Second Avènement.

 

Si vous poursuivez votre lecture, vous découvrirez des descriptions apocalyptiques de guerre, comme celles de Joël 2. 30-31, avec « du sang, du feu, de la vapeur et de la fumée ». Ces événements se produiront avant le Jour grand et redoutable du Seigneur, décrit par Joël au chapitre 2, lorsque les nations envahiront Israël. L’Esprit sera répandu et tous, hommes et femmes, recevront des prophéties, des rêves et des visions. C’est pendant la Tribulation que les croyants seront certainement équipés et dotés de la puissance nécessaire pour proclamer la Parole de Dieu.

 

Pendant la Tribulation, Apocalypse chapitre 12 nous apprend que tous les démons seront confinés sur Terre. Les croyants, fruits de l’œuvre des 144 000 et des deux témoins, seront puissamment équipés pour les tâches qu’ils sont appelés à accomplir. En conséquence, Apocalypse chapitre 7 nous apprend que des millions d’âmes seront sauvées. Tout cela nous montre que le plus grand réveil de tous les temps aura lieu pendant la Tribulation. Ce sera le moment où le voile sera levé sur Israël et où un reste, à commencer par les 144 000, accomplira enfin le but qu’Israël était censé être à l’origine. Dans le livre de l’Exode chapitre 19 verset 6, Dieu déclare : « Vous serez un royaume de sacrificateurs », et plus tard, le prophète leur annonce qu’ils seront une lumière pour les nations. Ce sera ce moment. Comme l’affirme Paul dans Romains 11. 12 : « Si leur chute a été la richesse du monde, et leur échec la richesse des païens, à combien plus forte raison leur plénitude ! »

 

Leur plénitude, pleroma en grec, commencera à s’épanouir pendant la Tribulation, lorsque nous n’aurons pas un seul Paul, mais 144 000 proclamateurs de la Parole, et qu’ils accompliront des œuvres merveilleuses. Si, lors de leur chute, durant leur persécution et leur oppression, le Messie est venu et que nous avons reçu la Parole de Dieu, imaginez ce que sera durant la Tribulation !

 

Ce sera le moment où beaucoup, Juifs et non-Juifs reconnaîtront Celui qu’ils ont transpercé : cela se produira grâce à l’œuvre puissante des croyants durant cette période, d’abord les Juifs, puis les non-Juifs, tout comme ce fut le cas lors de la formation même de l’Église.

 

C’est alors que Pierre se leva et leur parla, citant Joël 2. 28-32, soit le chapitre 3 entier de la Bible hébraïque. Ce passage devait leur être familier. Le passage de Joël 2. 28-32 cité par Pierre avait été lu lors de la prière du matin à la synagogue, le jour de la Pentecôte, qui avait généralement lieu avant le lever du soleil, c’est-à-dire avant la sixième heure, à 9 heures nous dit Pierre.

 

Ce passage de Joël 2. 28-32 fait partie de la Haftara, la lecture des prophètes qu’on faisait ce jour-là. Ainsi, lorsque Pierre cite Joël, ils doivent simplement être rendu à cette lecture ce jour-là. À la fin de son discours et de sa citation, nous apprenons qu’ils furent profondément touchés et dirent à Pierre et aux autres apôtres : « Frères, que ferons-nous ? » (Actes 2. 37). Ils ne demandèrent pas : « Qui est Joël, et d’où viennent ces paroles ? » Ils connaissaient déjà Joël car ils venaient justement de lire quelque chose de son écrit.