Parmi les prophéties qui résonnent le plus directement avec notre époque, l’une se distingue en particulièrement. Souvent considérée comme le fondement de la prophétie biblique, elle se trouve dans Daniel 9. 24-27. Cette prophétie décrit une période totale de 490 ans se divisant en deux parties principales. La première, d’une durée de 483 ans, sépare l’époque de Daniel de la venue du Messie. Elle se divise elle-même en 2 parties ; 49 ans durant lesquels Jérusalem et le Second temple furent reconstruits sous Esdras et Néhémie, suivis de 434 années supplémentaires jusqu’à l’apparition du Messie.

Au verset 26, il est dit que « le Messie sera retranché » et que « le peuple du prince qui doit venir détruira la ville et le sanctuaire ». C’est précisément ce qui se produisit lors de la crucifixion de Yeshua, puis lorsque les Romains détruisirent Jérusalem et le Temple en 70 après Jésus-Christ. Les prophéties de Daniel concernant ces événements, notamment celles des chapitres 9 à 11, sont si précises que même Flavius ​​Josèphe, historien juif du premier siècle, qui n’était pas un croyant messianique, en fut profondément impressionné. Il écrivit : « Daniel a laissé par écrit toutes ces choses, telles que Dieu les lui avait révélées ; de sorte que ceux qui lisent ses prophéties et voient comment elles se sont accomplies s’émerveillent de l’honneur que Dieu a témoigné à Daniel. »  Il déplorait que, du fait de cette extraordinaire précision, certains critiques aient même prétendu que le livre de Daniel avait dû être écrit après que les événements se soient déjà produits. De fait, cette opinion demeure celle de nombreux érudits contemporains.

 

Cependant c’est la seconde partie de la prophétie de Daniel qui nous intéresse particulièrement aujourd’hui. Cette dernière section commence au verset 27 et révèle la suite des événements de l’histoire du monde. Ce dernier verset introduit les 7 dernières années de la prophétie, une période qui verra l’apogée des événements de la fin des temps. Voici ce que la prophétie nous révèle ce à quoi nous devons nous attendre prochainement : « Il fera une alliance ferme avec un grand nombre pendant une semaine (7 ans) ; mais au milieu de la 7e année, il fera cesser le sacrifice et l’offrande de grain. Sur l’aile de l’abomination viendra celui qui dévaste, jusqu’à ce que la ruine et ce qui a été résolu fondent sur le dévastateur. (Daniel 9. 27) Ici, Daniel présente un nouveau personnage, qui fera alliance avec Israël pendant 7 ans.

 

Ce sont les 7 années manquantes des 490 ans. 483 ans se sont écoulés, et il reste encore une période de 7 ans qui représentera les phases de paix durant lesquelles cet individu, que Jean appelle l’AntiChrist (1 Jean 2. 19), puis la Bête surgira du sein des nations pour régner sur le monde (Apocalypse 13). Il viendra tout d’abord comme le libérateur d’Israël, garantissant la paix et la sécurité.

 

Mais ce sera une paix trompeuse.

 

Remarquez ce que Daniel nous dit d’emblée : au milieu des 7 années, il instaurera ce qu’on appelle « l’abomination de la désolation », une expression utilisée par Yeshua lui-même qui dit à Israël de se méfier après les trois ans et demi de la signature de cette alliance.

 

Selon le livre de l’Apocalypse, cette seconde partie de la période de 7 ans représente le temps des grandes guerres et la guerre finale et dévastatrice d’Armageddon. Jean confirme également cette seconde partie en mentionnant le nombre de mois, 42, et le nombre de jours, 1260, qui représentent tous trois ans et demi exactement. Rappelons-nous que Jean et Daniel utilisaient le calendrier lunaire biblique, où une année compte 360 ​​jours.

 

De plus, cette alliance de fausse paix mentionnée dans le livre de Daniel 9. 27 revêt une grande importance dans le contexte prophétique, car l’idée d’une telle paix trompeuse apparaît dans plusieurs autres passages de l’Écriture.

 

Par exemple, le livre prophétique d’Ézéchiel décrit Israël vivant dans un sentiment de sécurité juste avant la guerre de Gog et Magog. Cet événement est associé par les anciens rabbins et par de nombreux exégètes juifs modernes à la venue du Messie. Israël y est décrit comme se croyant en sécurité.

 

Au début du chapitre 38, nous lisons que le Seigneur s’adresse à Gog, le chef du nord, en ces termes : « Dans les derniers temps, tu viendras au pays de ceux qui ont été ramenés de l’épée et rassemblés d’entre les peuples sur les montagnes d’Israël, longtemps restées désolées. Ils ont été arrachés aux nations, et maintenant ils habitent tous en sécurité. » (Éz 38. 8). Le mot traduit par « en sécurité » ici n’est pas le shalom hébreu, qui signifie « paix véritable ». Il s’agit plutôt de beṭaḥ, qui exprime un sentiment de sécurité, de confiance, voire d’insouciance, une impression d’être protégé ou d’être sans méfiance.

 

On retrouve ce même mot ailleurs dans les Écritures. Dans le livre de la Genèse, au chapitre 34, lorsque Siméon et Lévi ont attaqué la ville de Sichem, les habitants sont pris par surprise : c’est le même mot. On le retrouve également dans le livre des Juges 8. 11, lorsque Gédéon surprend le camp ennemi : encore le même mot.

 

Dans Ézéchiel 38, cette situation tragique est à nouveau soulignée. Au verset 14, le Seigneur dit : « C’est pourquoi, fils de l’homme, prophétise et dis à Gog : « Ainsi parle le Seigneur, l’Éternel : Quand mon peuple Israël habitera en sécurité, ne le sauras-tu pas ? » De nombreux rabbins de l’Antiquité ont compris qu’à la veille de la guerre finale et de la venue du Messie, Israël serait amené à croire, à tort, vivre en sécurité ; des passages comme la Pesikta Rabbati (36) et d’autres écrits le confirment. Ce sentiment de sécurité se révélera finalement illusoire.

 

L’actualité révèle des signes avant-coureurs d’une paix factice. Ces dernières années, plusieurs pays arabes ont entamé des négociations et conclu des accords avec Israël, donnant l’illusion d’une stabilité régionale accrue. Deux initiatives souvent mentionnées à cet égard sont les Accords d’Abraham et le projet de Conseil de la paix.

 

Les accords d’Abraham sont une série d’accords diplomatiques signés en 2020, par lesquels plusieurs pays arabes ont normalisé leurs relations avec Israël, établissant des liens diplomatiques, économiques et sécuritaires officiels après des décennies d’hostilité.

 

Le Conseil de la Paix est un cadre international proposé visant à coordonner la coopération politique et économique entre plusieurs nations afin de promouvoir la stabilité régionale et de faciliter les négociations de paix au Moyen-Orient. Il est possible que ce climat de sécurité croissante se maintienne et aboutisse à un moment où un dirigeant puissant confirmera une alliance de paix plus large, une alliance que les Écritures décrivent comme durant sept ans, mais qui se révélera finalement être une paix illusoire.

 

Les Écritures nous avertissent donc que le dernier grand conflit ne commencera pas par la guerre, mais par une promesse de paix, une paix qui deviendra finalement la plus grande tromperie de tous les temps.

 

Je regardai, et voici, un cheval blanc. Celui qui le montait tenait un arc ; une couronne lui fut donnée, et il partit en vainqueur, pour vaincre. »

 

D’abord, au début de la Tribulation, Jean, qui représente le croyant, se voit dire : « Viens et vois. » Mais où est-il invité à regarder ? La scène se déroule du ciel, suggérant que les croyants s’y trouvent déjà avant le début de la Tribulation. Mais voyez qui apparaît : un cavalier sur un cheval blanc. Ce n’est pas Jésus, car Il revient plus tard au chapitre 19, également sur un cheval blanc, et lorsqu’IL apparaîtra, tous le reconnaîtront comme le Roi des rois. Mais ce cavalier-ci est différent.

 

Ce personnage présente une particularité : il porte un arc, pourtant aucune flèche n’est mentionnée. Comment interpréter cela ? S’il s’agissait d’un guerrier, on s’attendrait à voir des flèches. L’absence de flèches suggère que sa conquête pourrait ne pas commencer par la guerre, mais par la diplomatie ou la promesse de paix.

 

Certains pourraient donc voir dans cet arc vide le symbole de la fausse alliance de paix que ce puissant chef établira, faisant croire à Israël et aux nations que la paix véritable est enfin arrivée.

 

Il est intéressant de noter que le mot grec traduit par arc dans l’Apocalypse est τόξον (toxón). Ce même mot apparaît dans la Septante, l’ancienne traduction grecque des Écritures hébraïques, pour désigner une alliance.

 

Par exemple, lorsque Dieu établit son alliance avec Noé dans le livre de la Genèse 9. 13, il dit : « Je place mon arc-en-ciel dans la nuée, et il sera le signe de l’alliance entre moi et la terre. » Le mot hébreu utilisé pour arc-en-ciel est  (qeshet), qui signifie littéralement « arc ».

 

La Septante traduit ce mot par le grec τόξον (toxón), le même terme employé dans l’Apocalypse pour l’arc du cavalier sur le cheval blanc.

 

Dans les Écritures hébraïques, l’arc est parfois associé à l’idée d’alliance. Par exemple, dans Genèse 49. 24, lorsque Jacob parle de Joseph, il dit que l’arc de Joseph est resté ferme. Une interprétation rabbinique du Zohar explique ce symbolisme : « Mais son arc est resté ferme, ceci fait référence à l’alliance de Joseph… l’arc est lié à l’alliance, et l’alliance et les justes sont unis. »

 

Dans cette explication, l’arc est associé à plusieurs reprises à l’idée d’alliance, en particulier à l’alliance des justes.

 

Résumons maintenant ce que nous avons vu dans ce passage important du livre de Daniel 9. 27. Selon cette prophétie, un puissant dirigeant mondial apparaîtra – celui que nous appelons l’Antichrist. Il confirmera une alliance qui semble garantir à Israël un accord de paix de sept ans.

 

Cependant, après trois ans et demi, il rompra l’alliance. Ce dirigeant révélera alors sa véritable nature. Il entrera à Jérusalem, prendra le contrôle de la ville et déclenchera les événements qui mèneront au conflit mondial final, souvent appelé bataille d’Armageddon.

 

Daniel décrit la dévastation qui s’ensuivra en utilisant l’expression hébraïque , qui signifie « abominations et désolations ». L’association de ces deux mots a donné naissance à l’expression bien connue « l’Abomination de la désolation ». Cette expression apparaît également dans Daniel 11. 31 et 12. 11, et elle est aussi citée par Jésus le Messie dans l’Évangile selon Matthieu 24. 15.

 

Dans notre prochaine étude, nous examinerons de plus près cet événement crucial et verrons comment les prophètes, les paroles de Yeshua, les lettres de Paul et le livre de l’Apocalypse convergent pour le décrire.

 

 

Visionner :  La dernière semaine de Daniel