La calomnie est souvent perçue comme un péché mineur car elle est généralement commise discrètement. Une remarque anodine peut la rendre inoffensive, mais sous cette apparente innocuité se cache un danger grave. La calomnie n’est pas un simple lapsus ; elle découle d’une intention malveillante. Elle peut nuire aux réputations et créer de profondes divisions au sein des communautés, y compris nos propres paroisses et églises.

 

Le mot « calomnie » vient du vieil anglais « esclandre », apparenté au latin « scandalum », qui signifie pierre d’achoppement ou cause d’offense. En anglais, il apparaît dès la fin du XIIIe siècle sous la forme « slaundre ». Cependant, le concept lui-même est bien plus ancien.

 

La première calomnie

Dans le jardin d’Éden, nous découvrons le premier acte de calomnie. Le personnage connu sous le nom de Satan, dont le nom hébreu signifie « accusateur », joue le rôle d’un faux procureur. Il remet en question la véracité de Dieu en disant : « Vous ne mourrez certainement pas », contredisant ainsi directement la déclaration divine. Il jette également le doute sur la nature divine, suggérant que Dieu refusait à Adam et Ève un bienfait, à savoir la connaissance du bien et du mal. Quelle est la gravité de la calomnie ? Songez aux conséquences pour Adam et Ève lorsqu’ils y prêtèrent attention. Confrontés à un choix crucial dans l’exercice de leur libre arbitre, ils marquèrent la chute de l’humanité.

 

Tout au long de l’histoire biblique, la calomnie est utilisée comme une arme destructrice, que ce soit par vengeance personnelle, pour conquérir le pouvoir ou pour diffamer les serviteurs de Dieu. Prenons l’exemple de Joseph : faussement accusé par la femme de Potiphar, qui recourait à la calomnie pour dissimuler son propre péché et son orgueil blessé, il fut emprisonné.

 

David souffrit lui aussi énormément de calomnies. Le roi Saül l’accusa de vouloir usurper le trône. Par peur et à cause des fausses accusations de Saül, David fut contraint de fuir pendant des années. Il décrit le poids émotionnel de ces attaques en Psaume 31. 13 : « Car j’entends les calomnies de beaucoup ; la peur m’entoure de toutes parts ; tandis qu’ils se liguent contre moi, ils complotent pour m’ôter la vie. » Les calomnies lui causèrent une profonde détresse et une angoisse constante. Plus tard, même son propre fils, Absalom, le discrédita par la tromperie et des paroles blessantes. L’apôtre Paul subit également des calomnies, tant de l’intérieur que de l’extérieur de son entourage. Certains remettaient en question son autorité d’apôtre, tandis que d’autres l’accusaient d’enseigner contre la Loi de Moïse et de profaner le Temple en y introduisant des païens. Paul dut même se défendre contre des accusations de malhonnêteté financière (2 Corinthiens 12. 16).

 

L’Alliance abrahamique

Considérons un autre exemple de calomnie qui est directement lié à notre situation mondiale actuelle. Rappelons-nous comment les adversaires, les Samaritains, par l’intermédiaire de Sanballat et Tobia, envoyèrent des « lettres ouvertes » du temps de Néhémie. Ces lettres, destinées à être lues publiquement, accusaient le peuple juif de fomenter une révolte et de reconstruire le mur pour faire de Néhémie son roi. Ce n’était pas un péché anodin. En apparence, il pouvait sembler s’agir d’une manœuvre politique visant à stopper les travaux et à préserver le pouvoir régional et les intérêts économiques samaritains. Pourtant, intentionnellement ou non, ils cherchaient également à entraver le rétablissement du peuple juif en Terre promise, élément essentiel de l’alliance abrahamique. Si le peuple restait et que le mur était achevé, Jérusalem serait restaurée et le Temple reconstruit, préparant ainsi la voie à la venue du Messie. Nous percevons ici le dessein caché de Satan.

 

Aujourd’hui, la calomnie contre le peuple juif et Israël persiste sous de nombreuses formes. On continue d’accuser les Juifs de contrôler les systèmes financiers ou les médias. L’Holocauste est déformé, sa légitimité remise en question et sa réalité minimisée. On observe également fréquemment deux poids, deux mesures : Israël est pointé du doigt pour des violations des droits de l’homme, tandis que les abus commis ailleurs par d’autres sont souvent ignorés. Parfois, le peuple juif ou l’État d’Israël sont tenus responsables de crises mondiales majeures, telles que la guerre actuelle entre les États-Unis et l’Iran et la fermeture du détroit d’Ormuz. De tels discours alimentent l’hostilité et, dans certains cas, font écho en fait aux appels à la destruction d’Israël.

 

D’un point de vue biblique, ce type de calomnie s’inscrit en définitive dans l’opposition aux desseins de l’alliance de Dieu et à son plan de rédemption. La calomnie, surtout lorsqu’elle est répandue, peut avoir des conséquences profondes et destructrices.

 

Notre responsabilité

Calomnier autrui est un affront à la création de Dieu. L’Écriture nous appelle à une autre voie : craindre Dieu et rejeter toute forme de discours perverti. Nous devons examiner notre cœur et sonder nos motivations dans tout ce que nous entendons et répétons.

 

La calomnie n’est pas seulement un péché ; elle est décrite en termes forts dans l’Écriture. Elle est considérée comme une abomination. Les Proverbes identifient plusieurs formes de paroles nuisibles parmi ce que Dieu hait, notamment la langue menteuse, le faux témoin et celui qui sème la discorde.

 

D’autres passages le confirment :

• Évitez les paroles corrompues – Éphésiens 4.29;

• Ne répandez pas de fausses rumeurs – Lévitique 19.16;

• Ne médisez pas les uns des autres – Jacques 4. 11.

 

Nous sommes donc appelés à mettre fin à la propagation de la calomnie : au sein de nos familles, dans notre communauté et sur les questions internationales, en particulier face aux fausses informations concernant Israël. Nous devons la combattre lorsque cela s’avère nécessaire, l’examiner attentivement et y répondre avec vérité et sagesse. Lorsque cela est possible, recherchons la réconciliation avec bienveillance et compassion.

 

La grâce peut être un bouclier, apportant la guérison à ceux qui ont été lésés. De nombreuses figures bibliques, comme Joseph, David et Paul, ont subi des accusations injustes. Pourtant, Dieu les a soutenus. Souvenons-nous aussi de la grâce du salut que nous avons reçue, même lorsque Satan nous a accusés à tort. Puisse cette même grâce guider nos relations avec les autres.