En ce qui concerne Israël, un problème majeur est souvent négligé : il ne s’agit pas d’une menace extérieure émanant de nations ennemies voisines, mais d’une division interne — une fracture que beaucoup considèrent comme représentant un danger encore plus grand pour l’avenir du pays.
Un enseignement rabbinique bien connu explique que la destruction du Second Temple en 70 après J.-C. ne fut pas seulement causée par Rome, mais aussi par la haine et les querelles intestines au sein du peuple juif. Le Talmud désigne ce phénomène sous le terme de « sinat chinam » (שִׂנְאַת חִנָּם), une haine gratuite envers son prochain. Qu’il s’agisse d’une nation, d’une congrégation ou d’une famille, lorsque l’on laisse une telle haine croître sans entrave, elle annonce souvent une destruction imminente.
Beaucoup d’Israéliens estiment que c’est précisément ce qui se passe actuellement dans leur pays. Un sondage récent, publié par le « Jerusalem Post » le 15 juin, révèle des résultats frappants à cet égard : 55 % des Israéliens considèrent les divisions internes comme la plus grande menace pour la survie de l’État d’Israël. À titre de comparaison, seuls 23 % ont cité le conflit avec l’Iran, et 18 % celui avec les Palestiniens.
En quoi consiste donc ce conflit interne ? Beaucoup pointent du doigt le fossé grandissant entre d’importantes franges de la société israélienne et l’establishment religieux ultra-orthodoxe, ainsi que la tension croissante entre la communauté ultra-orthodoxe – « Haredi » – et les autres secteurs de la société. Cette division est devenue l’un des enjeux les plus importants et les plus conflictuels auxquels la nation est confrontée aujourd’hui.
C’est ce qui a conduit Naftali Bennett, l’un des principaux prétendants au poste de Premier ministre pour les prochaines élections israéliennes, à déclarer il y a tout juste quelques semaines, le 23 juin, qu’il élaborait un plan pour « bâtir Israël à partir de zéro ». Son projet, baptisé « Nouvelle Alliance », est présenté comme « un plan fondateur pour réparer l’État ». Il est allé jusqu’à affirmer : « Nous démantèlerons l’État ultra-orthodoxe fonctionnant comme un État dans l’État, et nous bâtirons un État juif, démocratique, prospère et fort. »
Cette division est devenue manifeste. Par exemple, il y a quelques jours à peine, l’éminent rabbin ultra-orthodoxe Aryeh Yazdi a publiquement dénoncé le chef d’état-major de l’armée israélienne, déclarant : « Le chef d’état-major maudit du Tsahal — que son nom et sa mémoire soient effacés. » Il a proféré des malédictions à son encontre. Ses propos ont suscité une indignation générale et ont attiré de vives critiques de la part de nombreuses personnes à travers Israël.
La controverse découle du fait que, depuis la renaissance de l’État d’Israël en 1948, la plupart des Juifs haredim (ultra-orthodoxes) ont traditionnellement été exemptés du service militaire. Au sein de la communauté haredi, beaucoup estiment que l’étude à temps plein des textes sacrés et la prière assurent une protection spirituelle à la nation et sont tout aussi vitales pour la survie d’Israël que le service militaire lui-même. Toutefois, la grande majorité des Israéliens ne partagent pas ce point de vue. Face à des défis sécuritaires croissants et à un besoin accru de soldats, le gouvernement et l’armée ont commencé à incorporer certains hommes haredim au service militaire. Bien que cette mesure soit soutenue par 80 % de la population israélienne, elle a suscité une vague de protestations parmi de nombreux dirigeants ultra-orthodoxes. Le rabbin Aryeh Yazdi, entre autres, a pris part à des manifestations à travers le pays, soulignant ainsi les profondes divisions qui persistent au sein de la société israélienne. Réfléchissons-y un instant. Lorsque l’on observe l’Israël d’aujourd’hui, on constate une ressemblance frappante avec l’Israël du premier siècle. Une fois de plus, nous voyons une autorité religieuse — relativement restreinte mais influente — exercer une influence considérable sur l’orientation de la nation. Les noms ont changé, passant des Pharisiens et des Sadducéens aux dirigeants religieux actuels, mais la dynamique demeure remarquablement similaire.Cela ne devrait pas nous surprendre. En fait, c’est exactement le genre de contexte auquel les Écritures nous préparent pour les derniers temps. Lorsque Yeshua a évoqué la renaissance d’Israël à travers la parabole du figuier — une prophétie que beaucoup interprètent comme annonçant la restauration de la nation avant son retour — Il a immédiatement ajouté ces paroles marquantes : « En vérité, je vous le dis, cette génération ne passera point que tout cela n’arrive. » (Matthieu 24. 34) Que voulait-Il dire par « cette génération » ? Le mot grec « genea » a une portée plus large que celle de simples personnes nées à la même époque. Dans les évangiles, cela désigne souvent non pas une simple tranche d’âge, mais un peuple marqué par un caractère moral et spirituel particulier. Remarquez à quelle fréquence Yeshua a parlé de« génération mauvaise et adultère » (Matthieu 12. 39) et « génération adultère et pécheresse » (Marc 8. 38). Il décrivait bien plus qu’une simple période chronologique ; mais décrivait surtout un état spirituel.
Il est donc possible qu’en évoquant les derniers temps, Yeshua ait voulu dire que ce même esprit religieux qui s’est opposé à Lui au premier siècle serait encore présent lors de son retour.Si c’est ainsi, ce que nous observons aujourd’hui en Israël nous rappelle une fois de plus que le programme prophétique de Dieu s’accomplit exactement comme Il l’avait annoncé. Car, lorsque nous regardons Israël aujourd’hui, cette ressemblance est frappante. Une fois de plus, une minorité religieuse relativement restreinte mais influente exerce une emprise considérable sur la nation, alimentant des tensions et des divisions qui, de l’avis même de nombreux Israéliens, fragilisent le tissu social du pays. Par conséquent, Israël se trouve aujourd’hui dans une situation d’une extrême fragilité. De l’extérieur, le pays est entouré d’ennemis qui cherchent ouvertement sa destruction. De l’intérieur, il est en proie à de profondes divisions politiques, sociales et religieuses qui menacent son unité. Une telle fragilité nous amène à nous interroger : comment une nation aussi petite parvient-elle à survivre ? La réponse ne réside que dans la fidélité de Dieu. Il a préservé Israël tout au long de l’histoire et continue de veiller sur son peuple. C’est pourquoi les Écritures nous appellent à prier pour la paix de Jérusalem (Psaume 122. 6), à aimer le peuple d’Israël et, surtout, à placer notre confiance non pas dans les dirigeants politiques, mais dans le Seigneur, le Gardien d’Israël (Psaume 121. 4).