Un tout nouveau projet de loi a récemment été déposé à la Chambre des communes à Ottawa. Certains estiment qu’il pourrait à terme porter atteinte à la liberté d’expression, notamment en ce qui concerne la proclamation publique de la Parole de Dieu et, potentiellement, la distribution de publications religieuses, y compris des Bibles.
Ce projet de loi, connu sous le nom de Projet de loi C-9, semble de prime abord raisonnable et nécessaire. Il vise à lutter contre l’antisémitisme, les discours haineux et la propagande extrémiste, tout en renforçant la protection des lieux de culte, tels que les synagogues, les mosquées et les églises. Adopté par la Chambre des communes le 25 mars dernier par 186 voix contre 137, il est maintenant soumis à l’examen du Sénat. S’il est approuvé, il pourrait entrer en vigueur avant la fin de l’année. Faut-il s’en inquiéter ?
Certains politiciens se demandent ouvertement si certains passages de la Bible et d’autres textes religieux devraient continuer d’être protégés par la disposition du Code criminel relative à l’expression religieuse de bonne foi. Actuellement, cette disposition offre une protection juridique à ceux qui citent des textes religieux dans leur contexte, même lorsque ces textes abordent des comportements que l’Écriture qualifie de péchés, mais que la culture contemporaine peut considérer comme acceptables. Les détracteurs de cette disposition en demandent l’abrogation.
Ce débat a suscité l’attention nationale lorsque Marc Miller, ministre canadien de l’Identité et de la Culture, et qui a cité plusieurs passages bibliques lors d’une discussion publique le 30 octobre 2025, déclarant : « Dans le Lévitique, le Deutéronome et l’Épître aux Romains, on trouve des passages qui expriment une haine manifeste envers, par exemple, les homosexuels… » Remarquez comment il qualifie précisément certains livres de la Bible de haineux.
En tant que croyants, nous convenons qu’aucun passage de l’Écriture ne devrait jamais être utilisé pour promouvoir la haine, les mauvais traitements ou l’oppression de quiconque. La Parole de Dieu a pour but de révéler la réalité du péché, d’amener les gens à la repentance et de les conduire à Yeshua, dont le nom signifie « Salut ». Cependant, lorsque des textes bibliques sont qualifiés de haineux et lorsque les protections juridiques de ceux qui les citent de manière responsable sont remises en question, beaucoup y voient un pas important dans une direction inquiétante.
On craint que cela n’affecte la liberté d’expression et n’exerce une pression croissante sur ceux qui prêchent et enseignent les Écritures. Il s’agit d’une évolution significative. Des passages du Lévitique de Moïse, de l’épître aux Romains de Paul, et même des paroles de Jésus lui-même semblent de plus en plus offensants pour le monde, bien qu’ils soient censés amener à la repentance.
Mais cette tendance ne se limite pas au Canada. Plusieurs pays occidentaux ont adopté des lois qui restreignent de plus en plus l’expression religieuse dans la vie publique. Par exemple, la France a promulgué une loi interdisant les symboles religieux ostentatoires dans les écoles publiques et limitant considérablement l’expression religieuse au sein des institutions étatiques. Ces restrictions ont affecté le port de grandes croix, de turbans, de kippas et d’autres symboles religieux visibles. Des mesures similaires ont également été adoptées dans des pays comme la Belgique, les Pays-Bas et le Danemark, et, dans une large mesure, ici même, au Québec.
Au Québec, une loi connue sous le nom de Loi 9 (et non C9, qui porte le même numéro mais pourtant différente) témoigne d’une importance similaire accordée à la laïcité et à la réglementation de l’expression religieuse dans certains lieux publics. Le Projet de loi a reçu la sanction royale le 2 avril 2026, devenant ainsi officiellement Loi. Entre autres dispositions, il étend les restrictions existantes concernant les symboles religieux à d’autres secteurs financés par des fonds publics, notamment certains services de garde et établissements d’enseignement. Il exige également une autorisation municipale pour les rassemblements religieux organisés dans les espaces publics tels que les parcs et les rues.
Ce qui est particulièrement frappant, c’est que cette tendance concorde avec ce que les Écritures nous révèlent concernant les derniers jours. Les prophéties bibliques indiquent qu’un temps viendra où le monde ne tolérera plus la vérité déclarée dans la Parole de Dieu. L’apôtre Paul nous dit en 2 Thessaloniciens 2. 4 que l’AntiChrist, durant la Tribulation, s’opposera à Dieu, supprimera le vrai culte et s’élèvera au-dessus de « tout ce qu’on appelle Dieu ». Il est également écrit en Apocalypse 13. 7 qu’il fera la guerre aux croyants.
De plus, chaque année à Hanukkah, nous commémorons les actions d’Antiochus Épiphanes au 2e siècle avant J.-C., juste avant sa Première venue. Il a commis un acte sans précédent dans l’histoire en cherchant à éradiquer le culte du Dieu d’Israël en menaçant de mort ceux qui possédaient ou étudiaient les Écritures. Des exemplaires de la Loi furent confisqués et brûlés. Mais Antiochus était davantage qu’un tyran historique. Ses actions préfiguraient le caractère et les œuvres de l’AntiChrist avant la Seconde venue de Yeshua. Dans Matthieu chapitre 24, Jésus fait référence à « l’abomination de la désolation annoncée par le prophète Daniel », indiquant qu’Antiochus a certes partiellement accompli cette prophétie, mais qu’un accomplissement futur demeure. Cet accomplissement futur se manifestera assurément par la même hostilité envers la Parole de Dieu qu’Antiochus a manifestée en interdisant au peuple juif de posséder et d’étudier les Écritures.
Ainsi, bien que ces événements soient les prémices de ce qui va arriver, ils nous rappellent une réalité immuable : la Parole de Dieu ne sera jamais réduite au silence. Les gouvernements se succèdent, les lois sont promulguées puis abrogées, mais la Parole de notre Dieu demeure éternellement. Par conséquent, ne nous laissons pas décourager, mais soyons plus déterminés que jamais à vivre, proclamer et défendre la vérité des Écritures jusqu’au retour de notre Messie.