La semaine dernière, le 10 janvier, vers trois heures du matin, un jeune homme a incendié la synagogue Beth Israel dans le Mississippi, une congrégation d’environ 150 familles. L’incendie a causé d’importants dégâts, détruisant une partie du bâtiment, dont deux rouleaux de la Torah, rendant la synagogue inutilisable pour une durée indéterminée.
Ce qui nous attriste profondément, ce n’est pas seulement l’acte lui-même, mais aussi l’esprit qui le sous-tend. En apparence, ce jeune homme de 19 ans se disait chrétien. Il avait même créé un site web intitulé « The One Purpose »,(« Le but ») un site axé sur l’identité et le développement personnel, où il publiait régulièrement des versets bibliques et proposait des leçons bibliques gratuites.
Lors de sa première comparution, interrogé par le juge sur sa compréhension de son droit à un avocat, il répondit : « Oui, monsieur, Jésus-Christ est Seigneur. » Au moment de son arrestation, ses paroles révélèrent une tragique distorsion. Il aurait ri et qualifié le bâtiment de « synagogue de Satan ». Ce moment nous invite à la réflexion. À travers l’histoire, cette phrase a été détournée pour blesser, accuser et diffamer le peuple juif.
Aujourd’hui, elle refait surface, notamment en ligne, souvent reprise par des extrémistes ou par des individus qui ignorent son contexte biblique et ses conséquences dévastatrices. Or, un tel détournement des Écritures ne reflète ni le cœur de Dieu, ni les enseignements de Jésus, ni le Nouveau Testament (le Brit Chadashah). Il nous rappelle la responsabilité solennelle qui nous incombe de traiter la Parole de Dieu avec vérité, amour et humilité, afin que le langage sacré ne devienne pas un instrument de violence et de haine, mais un instrument de guérison.
Ces mots, « synagogue de Satan », viennent de la bouche de Jésus lui-même, Yeshua, qui les a prononcés à deux reprises dans son discours aux sept Églises de l’Apocalypse. Voici ce qu’il a dit : « Je connais ta tribulation et ta pauvreté ; mais tu es riche, et je connais les calomnies de ceux qui se disent Juifs et ne le sont pas, mais qui sont une synagogue de Satan. » (Apocalypse 2. 9 et 3. 9). À quoi, à qui Jésus fait-il référence lorsqu’il parle d’une synagogue de Satan ? À bien des égards, la réponse est plus simple qu’il n’y paraît. Yeshua dit que ces gens prétendent être Juifs, mais ne le sont pas. En termes clairs, ils ne sont pas Juifs.
D’un point de vue biblique, un Juif est un peuple, et non une simple étiquette religieuse ou une foi adoptée arbitrairement. C’est une identité enracinée dans la lignée et l’ascendance, et non quelque chose que l’on acquiert par une simple affirmation. Alors, qui sont ces gens qui se disent Juifs mais ne le sont pas ? Ce sont des non-Juifs, (des gens qui proviennent des nations), qui cherchent à effacer le peuple juif des Écritures et à le remplacer, s’appropriant les promesses et l’identité d’Israël. Autrement dit, le problème n’est pas la croyance en Dieu, mais la revendication abusive de l’identité et du rôle d’Israël, faite au détriment du peuple juif.
Imaginez-vous arrivant à l’aéroport, valise à la main, prêt à embarquer pour Paris. Au comptoir, l’agent vous demande : « Puis-je voir votre passeport ? » Vous répondez avec assurance : « Je n’en ai pas, mais je me sens français. » L’agent cligne des yeux. « Excusez-moi, monsieur, êtes-vous citoyen français ? » Vous dites : « Eh bien… non. Je n’ai jamais vécu en France. Je n’y suis pas né. Mes parents ne sont même pas français. En fait, je ne parle pas très bien la langue… Mais je m’identifie profondément à la France et j’ai décidé que j’appartenais à la France. » À ce moment précis, la sécurité de l’aéroport commencera sûrement à se rassembler autour de vous !
Aucune affirmation, aucun sentiment, aucune imitation ne peut remplacer une véritable identité. On ne devient pas Français simplement en le déclarant. Et on ne devient pas Juif en prenant le nom d’Israël tout en essayant de s’approprier les bénédictions du peuple juif. Les paroles de Jésus dans l’Apocalypse sont claires. Il ne condamne pas les Juifs : au contraire, Il les défend ! Le problème qu’Il dénonce n’est pas la croyance, mais bien l’usurpation d’identité.
Il convient également de rappeler que, bien que la vocation et le ministère uniques de Paul s’adressaient principalement aux non-Juifs (Romains 11. 13), chaque fois qu’il entrait dans une nouvelle ville, il se rendait tout d’abord à la synagogue. Tout au long de ses voyages relatés dans le livre des Actes des Apôtres (chapitres 13 à 28), on peut dénombrer au moins dix villes où ce schéma se répète. Paul serait-il jamais entré dans une « synagogue de Satan » ? Certainement pas ! Il fréquentait assidûment les synagogues juives, où il proclamait la Parole de Dieu. Ce schéma confirme d’autant plus que l’expression de l’Apocalypse ne peut se référer aux synagogues juives en tant que telles, mais à tout autre chose.
Au contraire, lorsqu’il parle du peuple juif, Paul a écrit un texte très poignant, au cœur même du Nouveau Testament, le Brit Chadashah, où il dit, Romains 9. 2-3 : « J’éprouve une grande tristesse et une douleur incessante dans mon cœur. Car je souhaiterais être moi-même anathème, séparé du Messie, à cause de mes frères, de mes parents selon la chair. »
Ici, nous ressentons la profonde souffrance que portait l’apôtre Paul dans son cœur. Alors que l’antisémitisme gagnait déjà du terrain dans le monde romain et que les croyants juifs se sentaient de plus en plus indésirables dans les églises, Paul était loin d’être indifférent. Sa réaction est stupéfiante. Son amour pour son peuple, Israël, était si grand qu’il déclara qu’il serait prêt, si cela était possible, à être séparé de Dieu lui-même pour eux.
Avec la plus grande force, Paul affirmait être prêt à endurer la séparation afin qu’Israël puisse recevoir le salut de Dieu. Cela contraste fortement avec ceux qui instrumentalisent la Parole de Dieu pour accuser ou diffamer le peuple juif ! Les paroles de Paul révèlent le véritable cœur du Nouveau Testament : un cœur rempli de douleur, d’amour et d’une défense farouche d’Israël.
Voilà ce que la communauté juive a besoin d’entendre aujourd’hui : non pas une condamnation, mais l’amour du Messie et le témoignage clair des Écritures qui s’opposent à la haine, la déformation et la désinformation. Le message qu’elle a le plus besoin d’entendre de notre part, de la part de la communauté qui croit en la Bible, n’est pas une accusation, mais une assurance. Juifs et chrétiens, croyants en la Bible, ont besoin de savoir que le Nouveau Testament, le Brit Chadashah, n’enseigne pas que le Dieu de leurs pères les a abandonnés, mais que le Messie d’Israël, Yeshua lui-même, les aime d’un amour parfait et éternel.
Visionner: Israël et les nations – Qui est la Synagogue de Satan?