En parcourant les cinq visions d’Amos, nous découvrons un panorama prophétique qui s’étend de l’époque du prophète jusqu’aux conflits ultimes annoncés dans les Écritures, notamment Harmaguédon et la guerre de Gog et Magog. Pourtant, au cœur de ces visions, le récit s’interrompt soudainement. Sans crier gare, nous sommes devant ce qui semble être un épisode historique sans lien direct apparent : la confrontation entre le prophète Amos et le sacrificateur Amatsia.
À première vue, cet épisode paraît mal placé, telle une parenthèse au sein du flux prophétique. Il n’en est rien. Cette rencontre recèle un conflit qui a marqué toute l’histoire d’Israël et continue de diviser les gens encore de nos jours : l’affrontement entre Amos et Amatsia incarne la lutte entre la Parole de Dieu et les traditions, institutions et les ambitions humaines.
C’est l’histoire de l’ingérence humaine dans l’œuvre divine et de son intrusion dans la vérité révélée par Dieu ; en somme, il est question de religion — de toute religion du monde qui s’oppose à la Parole de Dieu, pure et sans altération. C’est pourquoi le message d’aujourd’hui s’intitule : « La bataille qui divise encore Israël aujourd’hui : Amos contre Amatsia ».
Dans ce récit, Amos incarne à la fois le cri du peuple et celui de Dieu, reflétant le désir persistant de ce dernier de ramener à Lui son peuple — ainsi que tous les peuples. C’est ici qu’intervient l’échange remarquable entre Amos et Amatsia. Nous voyons alors la position stratégique de ce récit à cet endroit du livre. Dans les deux premières visions, Amos voit une invasion de sauterelles suivie d’un feu dévorant ; toutes deux symbolisent des jugements dévastateurs balayant le pays. Pourtant, en réponse à l’intercession du prophète, le Seigneur fait preuve de miséricorde et y renonce, interrompant ainsi la destruction. Vient ensuite la troisième vision : celle du fil à plomb. Ici, le Seigneur se tient au sommet d’un mur, un fil à plomb à la main, mesurant son peuple à même la norme parfaite de sa justice. Cette vision révèle la raison même des jugements à venir. Fait significatif, Amos n’offre aucune prière d’intercession cette fois-ci, comme si la culpabilité de la nation était devenue d’une évidence accablante. Et puis, à cet instant précis, le cours de la prophétie est interrompu. La confrontation entre Amos et Amatsia s’insère là, comme suspendue directement sous le fil à plomb, mettant en lumière l’une des causes principales de la chute d’Israël : le rejet de la Parole de Dieu par une faction religieuse corrompue. C’est comme si le Seigneur disait : « Voici pourquoi le jugement doit avoir lieu. Voici pourquoi l’exil et la dévastation sont inévitables. » La suite du récit ne fait que renforcer ce message.
La quatrième vision dépeint des fruits d’été qui, selon les rabbins, sont des figues enfermées dans une cage. C’est une image qui donne à réfléchir pour décrire l’exil de la Diaspora, suivi de descriptions apocalyptiques violentes des guerres finales. Ce thème se poursuit dans la cinquième vision mais, Dieu soit loué, car dans la dernière vision, Dieu se tient sur l’autel pour mettre fin à ces guerres et à ces invasions, pour apporter le salut et inaugurer le temps où toutes ses promesses seront enfin accomplies. C’est ainsi que le livre d’Amos parvient à sa magnifique conclusion. Mais avant d’en arriver là, penchons-nous sur la rencontre révélatrice entre Amos et Amatsia ; une confrontation qui non seulement éclaire la situation d’Israël à l’époque du prophète, mais préfigure aussi le rejet du Messie et le conflit permanent entre la religion humaine et la Parole vivante de Dieu. Mais alors… qu’est-ce qui troublait véritablement Amatsia et sa descendance, pour ainsi dire ? Quel était l’enjeu réel ? La réponse se trouve à la fin du verset 10 : « Le pays ne peut supporter toutes ses paroles. » Pourtant, ce n’étaient pas les paroles d’Amos que la nation ne pouvait plus supporter, mais les paroles de Dieu qu’Amos rapportait. Ce rejet du message divin s’est enraciné si profondément que le Seigneur a annoncé un nouveau jugement un chapitre plus loin seulement : lisons ce passage puissant en Amos 8. 11 ; « Voici, les jours viennent… où j’enverrai la famine dans le pays, non pas la faim du pain ou la soif de l’eau, mais celle d’entendre les paroles de l’Éternel. » Remarquez la précision de cette prophétie. Il ne s’agit pas d’une famine de la Parole de Dieu, car sa Parole demeure éternellement et ne peut donc être anéantie. Il s’agit d’une famine « d’entendre » la Parole de Dieu. Les Écritures existeront toujours et resteront accessibles sous une forme ou une autre, par contre les gens ne voudront plus écouter. Ils refuseront de tolérer des vérités qui remettent en question leurs traditions, leurs présupposés ou les croyances qu’ils ont choisi d’adopter. C’est vers cette direction que le monde semble se diriger. La Parole de Dieu confronte le péché et appelle à la repentance ; pourtant, beaucoup rejetteront sa vérité parce qu’elle remet en cause le mode de vie même qu’ils ont choisi de garder.C’est ce que l’apôtre Paul a prédit dans 2 Timothée 4. 3-4 : « Car un temps viendra où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine, mais, désireux d’entendre des choses agréables, ils s’entoureront d’une foule de maîtres selon leurs propres désirs, se détourneront de la vérité et se tourneront vers des fables. » Une fois que les gens rejettent la vérité, ils ne se contentent pas d’abandonner Dieu ; ils remplacent souvent la vérité divine par ce qu’ils perçoivent comme étant la religion établie. La tradition, l’autorité humaine et l’opinion populaire commencent alors à primer sur l’enseignement clair des Écritures. C’est ce qui se produit chaque fois que les gens s’éloignent de Dieu. Sa Parole devient peu à peu dérangeante, puis offensante, et finit par devenir insupportable. Au lieu de laisser les Écritures les corriger, ils recherchent des enseignants et des systèmes qui encouragent leurs convictions personnelles. C’est exactement ce qui s’est passé à l’époque d’Amos, et c’est le même schéma que nous voyons se reproduire à notre propre époque, alors que nous approchons de la fin des temps. Imaginez un médecin qui dirait à chaque patient : « Vous êtes en parfaite santé », quels que soient les résultats des examens. Sa salle d’attente se remplirait rapidement, car tout le monde aime entendre de bonnes nouvelles. Pourtant, l’état de ses patients empirerait, faute de traitement. Paul avertit qu’un jour viendra où les gens préféreront des mensonges rassurants à une vérité salvatrice et s’entoureront d’enseignants qui apaisent la conscience au lieu de mettre le péché en lumière. C’était là tout le problème du « docteur » Amatsia.
Visionner l’étude Amos 8e partie : Le combat qui divise encore Israël aujourd’hui : Amos contre Amaziah