Ce qui anime notre cœur et oriente nos motivations déterminera l’efficacité de notre confrontation. Il est important de se rappeler qu’il s’agit d’un moment de correction pour le bien de l’amour, de la vérité, de la sainteté et de la reconstruction.

 

Les Écritures offrent une multitude d’exemples de confrontation, et nous avons beaucoup à gagner en les analysant et en en tirant de précieuses leçons. Faisons donc un rapide examen de la façon de nous préparer avant de nous affronter.

 

Prier : Ai-je prié pour la personne ? Et ai-je prié avec le bon motif ? Ai-je prié pour que la sagesse me conduise ? N’oubliez pas que nous devons rechercher les conseils de l’Esprit avant, pendant et même après la confrontation (analyse post-confrontation).

 

Le bon moment : ne tergiversons pas trop longtemps… vérifiez si la peur vous arrête. Nous ne tergiversons pas seulement parce qu’il s’agit de confrontation. De nombreuses personnes retardent leur baptême, par exemple, parce qu’elles estiment qu’elles ne sont pas spirituellement préparées ou qu’elles ne sont pas suffisamment informées. Nous pouvons trouver une douzaine de raisons de fuir nos responsabilités dans de nombreux domaines de notre marche spirituelle. Ne laissons pas cela arriver !

 

Parfois, la confrontation survient sur le moment quand les circonstances l’exigent. Si vous avez tendance à réagir de manière explosive lorsque vous êtes mis dans l’embarras, préparez-vous à l’avance : soyez prêt « en saison et hors saison ». Vous savez probablement déjà à qui vous devez faire face ; si y penser suscite en vous la colère, entraînez-vous d’abord à vous maîtriser. Répétez les résultats possibles, calmez vos émotions et n’abusez pas du moment en passant à l’attaque ou en étant offensant. Répondez plutôt avec patience, retenue et discernement. Nous savons que la connaissance de la Bible nous oriente, mais la sagesse nous donne l’occasion de  mettre de l’avant notre théologie.

 

Jetons un coup d’œil à deux exemples tirés des Écritures pour nous aider à éduquer, motiver et orienter notre réussite.

 

 

Eli et Hannah (Anne) – 1 Sam. 1. 9-18

Voici l’exemple d’un homme religieux qui, dans un cas, a confronté quelqu’un à tort et durement, mais n’a pas réussi à le faire lorsque cela était réellement nécessaire. Le Souverain sacrificateur Eli était assis près du montant de la porte du Tabernacle, dans un espace quelque peu public, avec des gens qui passent probablement par là pour le festival annuel. Il voit une femme (Hannah) pleurer et prier à voix basse et l’accuse immédiatement (peut-être publiquement, en présence de nombreuses personnes autour) d’être ivre, lui disant de cuver son vin.

 

 

Connaissait-il sa situation ?

A-t-il tenté de l’emmener dans un endroit plus privé pour enquêter sur le problème avant de porter un jugement ? On pourrait supposer que, étant donné le niveau de comportement impie observé dans le temple (souvenez-vous des fils d’Eli), ce Souverain sacrificateur n’était pas habitué à voir beaucoup de gens en prière profonde, désespérée et sainte. C’était un homme appelé à une responsabilité spirituelle, mais qui affronta durement Hannah. L’ironie fait surface lorsque, dans le chapitre suivant, nous apprenons que les deux fils d’Éli (appelés fils de Bélial ; ce qui signifie méchants et sans valeur) n’ont été que très faiblement réprimandés par leur père pour leur comportement totalement injuste au Tabernacle.

C’est une bonne leçon pour nous. Nous lisons plus tard que Dieu reprocha à Eli sa passivité. Si nous ne confrontons pas lorsque cela est nécessaire, cela peut conduire à un échec dans la protection des personnes qui nous entourent. Même si Eli, désormais vieux, affronte enfin ses fils, le mal est fait et le prix à payer pour sa passivité est élevé.

 

Quelle est la leçon en tirer ?

Devons-nous nous confronter sans rassembler au préalable tous les faits ? Avons-nous deux poids deux mesures lorsque nous confrontons et jugeons ? La peur nous empêche-t-elle d’affronter dès le début ? La procrastination permet au péché de continuer, comme ici, les péchés des fils d’Eli. Cela montre qu’il est souvent plus facile d’affronter des étrangers que ceux de notre entourage. Mais la réputation de Dieu ne doit jamais être compromise. Nous devons réaliser que si nous ne confrontons pas, nous donnons du pouvoir au coupable.

 

 

Confronter ceux qui sont proches

Si quelqu’un est plus vulnérable (par exemple Hannah), nous sentons-nous plus habilités à lui faire face que ceux auxquels nous sommes soumis ? Même s’il peut être difficile d’affronter nos proches, considérons quelques exemples de personnes qui ont dû tenir tête à leurs proches.

 

Moïse a confronté Aaron après l’incident du Veau d’or (Exode 32). Aaron était le frère aîné et, dans de nombreux domaines, ils étaient partenaires pour servir le Seigneur. Aaron détenait l’autorité sacerdotale, mais rien de tout cela ne l’exonérait de sa responsabilité. Moïse a été clair et précis lors de la confrontation : « Tu leur as fait commettre un grand péché. » Il n’avait pas peur de parler avec son frère, lui soulignant le péché, alors qu’Eli, lui, répondait passivement.

 

Un autre exemple de confrontation avec des gens de son cercle restreint est celui de Paul, qui a confronté Pierre dans Galates 2 : 11-14. Même si Pierre était dans le cercle restreintes disciples bien avant Paul, cela ne l’a pas arrêté. Même s’il était un ancien persécuteur de l’Église et un apôtre choisi après les autres, cela n’a pas empêché Paul de parler. «Je me suis opposé à lui en face parce qu’il était répréhensible.» Paul ne se déchaîne pas sur le caractère de Pierre et ne remet pas non plus en question son autorité apostolique. C’était une confrontation légitime et nécessaire car l’Évangile s’en était trouvé déformé.

 

Ce que cela nous enseigne, c’est que la véritable unité ne se réalisera par le silence mais en faisant ressortir ce qui doit être abordé. Nous apprenons que personne ne devrait être au-dessus des lois. La Parole de Dieu doit être privilégiée avant la loyauté personnelle, même si le prix peut être élevé.

 

 

Confronter ceux qui nous sont en autorité

Un autre excellent exemple de confrontation est celui d’une héroïne biblique, Abigaïl (1 Samuel 25. 1-42). C’était une femme dans une position de pouvoir moindre (que le roi David), mais elle a pris le courage d’affronter et finalement d’épargner à David beaucoup d’angoisse. Dans un moment d’émotion, David prête serment de faire violence à Nabal. Ce que fait Abigaïl, c’est intervenir et affronter avant même que le péché ne soit commis. La responsabilité ne lui incombe pas techniquement, pourtant elle intervient et redirige David. Elle le confronte à la vérité en lui disant (paraphrase) : Le Seigneur vous a nommé roi… le Seigneur fera de vous une maison stable… vous êtes solidement lié par le Seigneur… donc ne faites pas ce bain de sang pour vous venger vous-même.

 

Et quelle belle réponse de David après cette confrontation de la vérité. Il dit à Abigaïl (v. 32-34) : « Loué soit l’Éternel, le Dieu d’Israël, qui t’a envoyée aujourd’hui à ma rencontre. Béni sois-tu pour ton bon sens et pour m’avoir empêché aujourd’hui de verser le sang et de me venger de mes propres mains. Autrement, aussi sûrement que l’Éternel, le Dieu d’Israël est vivant, qui m’a empêché de te faire du mal, si tu n’étais pas venu vite à ma rencontre, il ne serait resté qui que ce fût à Nabal d’ici à la lumière du matin. »

 

Abigaïl affronte la situation d’un point de vue théologique et en lien avec l’alliance. Quelle femme sage ! Elle protège David du péché. David sent qu’il est respecté.  En fait, il est épargné de la culpabilité du sang. Il l’épouse même peu de temps après. On voit comment la sagesse et une confrontation appropriée peuvent même retenir un roi et préserver sa future réputation !

 

Nous avons une grande responsabilité entre nos mains, et lorsque nous nous tenons sur une base solide de vérité, d’humilité et de la Parole de Dieu, l’Esprit nous donne le courage d’affronter avec amour, ce qui peut même sauver une vie  selon Jacques 5. 20 : « Celui qui ramènera un pécheur de la voie où il s’était égaré sauvera une âme de la mort et couvrira une multitude de péchés. »