Bien que bref, le livre d’Amos, le premier des seize livres prophétiques, serve d’introduction à de nombreux thèmes que les prophètes ultérieurs développeront plus en détail. Pour souligner la gravité des avertissements de Dieu, Amos présente le jugement avec une intensité rarement égalée, enchaînant les avertissements, sans répit.
Mais une autre stratégie est à l’œuvre ici. À travers ces descriptions, il avertit et prépare le lecteur à rencontrer son Dieu : après de nombreux récits saisissants de ce qui va arriver, il conclut en 4. 12 : « Préparez-vous à rencontrer votre Dieu. » Le mot « rencontrer » peut avoir une signification positive ou négative, et Amos est sur le point de nous dire que nous ne voulons pas rencontrer Dieu en jugement, car Il est un feu dévorant. Saisissez le salut maintenant, pendant qu’il est encore temps, et rencontrez-Le afin de recevoir sa bénédiction.
N’oublions pas que ce que nous lisons n’est pas simplement une transcription des paroles d’Amos. Ce sont les paroles de Dieu Lui-même, cherchant à montrer à Israël et à chaque individu qui lit sa Parole qu’un jugement est à venir, mais que personne n’a nécessairement besoin de le subir.
Les prophéties d’Amos ne se sont pas encore totalement accomplies. Telles les lumières des étoiles qui ne parviennent à nos yeux que maintenant, ces prophéties ont été prononcées il y a longtemps, mais leur accomplissement reste à venir.
La restauration du trône de David, promise au chapitre 9, ne s’est pas encore produite. L’ère de paix, de prospérité et d’abondance qui y est décrite ne s’est jamais pleinement réalisée dans l’histoire d’Israël. De même, les prophéties de guerre et de jugement demeurent à venir, car la repentance généralisée annoncée par les prophètes ne s’est pas encore produite. Les signes cosmiques décrits en Amos 8. 9 ne sont pas encore apparus, pas plus que n’est arrivé le Jour du Seigneur qu’Amos décrit avec tant de force tout au long de son livre.
Le message d’Amos n’est donc pas un simple récit d’événements passés. C’est un avertissement prophétique pour l’avenir. Le Seigneur a préservé ces prophéties car Il veut que nous sachions ce qui va arriver et, plus important encore, parce qu’Il désire nous rencontrer, non pour nous juger, mais pour nous bénir. En effet, Yeshua a déjà porté tous ces jugements, et nul n’a à les subir.
Dans le livre d’Amos, chapitre 4, à partir du verset 6, nous trouvons une magnifique illustration de l’amour de Dieu pour l’humanité. Nous y découvrons jusqu’où le Seigneur était prêt à aller pour ramener Israël, et finalement le monde entier, à Lui. Ce chapitre recèle quelque chose de remarquable. En poursuivant votre lecture, soyez attentifs à une phrase qui se répète cinq fois, comme un refrain. Ces mots résonnent tout au long du passage : « Pourtant, vous n’êtes pas revenus à moi », déclare le Seigneur. Ces paroles comptent parmi les plus tristes de toute l’Écriture. Chaque répétition fait suite à un jugement précis que Dieu a permis pour réveiller son peuple et le conduire à la repentance.
Et ces jugements ne sont pas énumérés au hasard. Ici, au chapitre 4, Amos est comme aux côtés de Moïse. Ces mêmes jugements sont inclus dans les avertissements en rapport avec l’alliance que Moïse avait donnés des siècles auparavant, en Lévitique 26 et Deutéronome 28.
Cela ne devrait pas nous surprendre, car les prophètes des Écritures hébraïques ont souvent servi de procureurs de l’alliance de Dieu. Ils rappelaient au peuple la Loi, dénonçaient son manquement à l’obéissance et avertissaient des conséquences déjà annoncées par Moïse. Amos fait exactement cela tout au long de son livre, rappelant la désobéissance d’Israël et pointant du doigt les jugements prédits par Moïse.
Remarquez la progression : famine, bouleversements climatiques, mauvaises récoltes, peste, guerre et, finalement, Moïse et Amos concluent par le même avertissement, que l’Histoire confirme : la chute de la nation et l’exil, en 722 av. J.-C. (Assyrie), en 586 av. J.-C. (Babylonie) et en 70 après J.-C. (destruction du Second Temple et de Jérusalem). Il faut considérer ce dernier événement comme se poursuivant jusqu’à l’établissement du Royaume messianique. Alors, le Seigneur ramènera les Juifs des quatre coins du monde (Ésaïe 11. 11-12).
Et puis, à la fin, un miracle se produit dans le texte suivant ces avertissements. Soudain, le lecteur est enveloppé d’un sentiment de paix et de sécurité, comme le doux son d’un instrument apaisant qui s’élève au-dessus d’une symphonie bruyante et assourdissante. Lisons le dernier verset du chapitre 4 : « Car voici, Celui qui forme les montagnes, qui crée l’âme et qui révèle à l’homme ses pensées, Celui qui change l’aurore en ténèbres et qui foule les hauteurs de la terre, l’Éternel, le Dieu des armées, tel est son nom. » À cet instant, nous sommes soudainement transportés dans une autre réalité, une autre dimension des merveilles divines. Ce même Dieu qui a pris la peine d’avertir Israël à maintes reprises et d’envoyer des prophètes pour rappeler son peuple à lui est le Créateur du ciel et de la terre. Il est aussi le Créateur de nos âmes, Celui qui connaît chacune de nos pensées, chacune de nos peurs, chacune de nos préoccupations et chacun de nos fardeaux.
Remarquez les mots qu’Amos utilise pour décrire Dieu : trois d’entre eux renvoient directement au récit de la création dans le livre de la Genèse. Premièrement, Il est Celui qui forme (yāṣar), le même mot employé lorsque Dieu façonna l’homme de la poussière de la terre (Genèse 2. 7). Deuxièmement, Il est Celui qui façonne (ʿāśâ), le Dieu qui a créé l’étendue des cieux et tout ce qui les remplit (1. 6). Troisièmement, Il est Celui qui crée (bārāʾ). Sous cette forme, ce verbe est réservé dans l’Écriture à l’œuvre créatrice unique à Dieu. C’est le mot utilisé dans Genèse 1. 1 : « Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. »
Il est également répété trois fois dans Genèse 1. 27, comme si l’Écriture s’arrêtait pour souligner le couronnement de la création divine : « Dieu créa l’homme à son image, Il le créa à l’image de Dieu, Il créa l’homme et la femme. » L’humanité n’est pas le fruit du hasard. L’homme et la femme sont le chef-d’œuvre de la création divine. C’est précisément pourquoi les avertissements d’Amos sont si pressants. Celui qui nous appelle à la repentance n’est ni une divinité lointaine ni une force impersonnelle. Il est notre Créateur. Il nous a formés, nous connaît parfaitement et nous aime suffisamment pour nous avertir avant le jugement. Le message d’Amos parle du cœur d’un Créateur qui recherche contact avec sa création. Du début à la fin, le désir du Seigneur est resté le même : que les hommes reviennent à Lui et trouvent la vie.
Et une dernière réflexion : en observant ce déroulement et en lisant ce dernier verset, c’est comme s’il parlait à un reste, en disant : « même si vous n’êtes pas revenus à moi… pourtant… je suis toujours là avec vous. » En un sens, il suffit de déplacer le mot « pourtant » du début à la fin de la phrase, et tout change. C’est alors que nous saisissons le message d’Amos.
Après tous les avertissements, tous les jugements et tous les appels à la repentance, il nous reste une grande vérité : le Dieu qui nous a formés est le Dieu qui nous cherche. Le Dieu qui nous a créés est Celui qui nous appelle. Et le Dieu que nous rencontrerons un jour est Celui-là même qui nous invite à venir à lui aujourd’hui, même au cœur des épreuves de la vie. Puissions-nous ne jamais entendre ses paroles : « Pourtant, vous ne revenez pas à moi », mais plutôt répondre à son invitation pleine de grâce tant qu’elle demeure : « Cherchez-moi et vous vivrez. »
Visionner l’étude Amos 5e partie : Amos : La phrase la plus triste que Dieu ait jamais prononcée