Si nous devions attribuer un nombre au Reste, quel serait-il ? Peut-être le nombre 153 !
Cela fait référence au nombre de poissons que les disciples ont pêché lorsque Yeshua leur a dit, en Jean 21. 6 : « Jetez le filet du côté droit de la barque et vous ferez une prise. » Ils s’exécutèrent et, au verset 11, nous lisons : « Simon Pierre monta et tira le filet à terre ; il était rempli de 153 gros poissons et, malgré leur grand nombre, le filet ne se déchira pas. »
Pourquoi mentionner le nombre 153 et que signifie-t-il ? Ce nombre n’était pas inconnu à l’époque. Les Esséniens, auteurs des Manuscrits de la mer Morte, estimaient que les eaux du Déluge avaient recouvert la terre pendant 153 jours avant de se stabiliser sur le mont Ararat (4Q252). Ce nombre devait symboliser une délivrance du jugement marquant l’entrée dans une ère nouvelle.
Cela devient encore plus évident si l’on compare cet événement à un autre, similaire, survenu au début du ministère de Yeshua. En Luc 5. 4 nous lisons ce que Yeshua a demandé à Simon Pierre de faire : « Avancez en eau profonde et jetez vos filets pour la pêche. » Ils le firent, mais lorsqu’ils tentèrent de remonter le filet, celui-ci était si lourd qu’il se déchira et les deux barques faillirent sombrer.
Mais le second épisode de « pêche miraculeuse », survenu après la résurrection, a permis de remonter 153 gros poissons, et le filet ne s’est pas rompu. Nous avons ici un événement au début du ministère de Yeshua et un autre à la fin, après sa résurrection et avant que les disciples ne commencent à répandre l’évangile parmi les nations. Ainsi, compte tenu de ces éléments, que peut bien signifier le nombre 153 ? La réponse ne réside peut-être pas dans le nombre lui-même, mais dans sa précision : il n’est pas arrondi ; il ne s’agit ni de 150, 155, 160, mais exactement 153. Le décompte minutieux de Jean nous rappelle que le Messie ressuscité connaît chaque poisson présent dans le filet. Ces poissons peuvent symboliser les personnes sauvées, illustrant et confirmant les paroles de Yeshua rapportées dans ce même Évangile : « que Je ne perde rien de tout ce qu’Il [le Père] m’a donné » (Jean 6. 39) et « j’ai gardé ceux que Tu m’as donnés et aucun d’eux ne s’est perdu » (Jean 17. 12). Nous pouvons également relier ces passages à la dernière parabole du Royaume, celle du filet, dans laquelle des poissons de toutes sortes sont rassemblés ; une fois sur le rivage, les anges les trient, rejetant les mauvais et gardant les bons. Jésus en donne l’interprétation suivante : « Il en sera de même à la fin du monde ; les anges viendront séparer les méchants d’avec les justes, et ils les jetteront dans la fournaise ardente, où il y aura des pleurs et des grincements de dents » (Matthieu 13. 49-50). Cette surabondance dans le filet (Luc chapitre 5) peut refléter le grand nombre de personnes se disant être des croyants au sein de l’Église durant l’ère du Royaume — une situation à laquelle Yeshua a fait allusion dans ses paraboles, ce nombre incluant l’ivraie. Il y a donc une charge considérable, mais tous ne sont pas de véritables croyants ; par conséquent, le filet ne peut pas tous les retenir et finit par se rompre. À l’inverse, le filet ne se rompt pas lorsque le nombre de poissons est exact, chaque poisson représentant un véritable croyant.
À présent, tout comme nous le ferions dans un midrash (méthode d’interprétation rabbinique), examinons plus particulièrement le nombre 153. En le décomposant, trois nombres importants se distinguent : 100, 50 et 3. Le nombre 100 évoque souvent la plénitude (totalité) ou l’achèvement. Dans la parabole de la brebis perdue racontée par Yeshua, le berger possède 100 brebis. Mais, lorsqu’il en manque une, il part à sa recherche (Matthieu 18. 12 et Luc 15. 4). Le troupeau n’est complet que lorsque la brebis égarée est retrouvée. Abraham avait 100 ans lorsque naquit Isaac, le fils de la promesse (Genèse 21. 5). Paul en fait mention dans l’épître aux Romains (chapitre 9). Lorsque Isaac sema dans le pays, l’Éternel le bénit en lui accordant une récolte au centuple (Genèse 26. 12). Le nombre 50 nous renvoie immédiatement à l’année du Jubilé, célébrée tous les 50 ans. Le Jubilé symbolisait la liberté, la restauration, l’achèvement d’un cycle et le commencement d’une ère nouvelle. Enfin, le nombre trois. Dans les Écritures, trois peut exprimer la confirmation et l’accomplissement. Le troisième jour est tout particulièrement associé à l’intervention décisive de Dieu, à la délivrance, à la restauration et, par-dessus tout, à la vie de résurrection. Nous aboutissons ainsi à l’équation : 100 + 50 + 3 = 153. Cela ne ferait-il pas partie de la beauté de ce nombre de 153 poissons mentionné dans le chapitre 21 de l’évangile de Jean ? Je ne veux pas être dogmatique, Jean ne donnant pas d’explication sur ce nombre. Toutefois, quelle image pertinente cela constituerait, évoquant le « Reste » : complet dans la connaissance de Dieu, restauré selon Ses promesses et introduit dans la vie de la résurrection par le Messie.
Et ce qu’il y a peut-être de plus beau : ils sont rassemblés. Ils sont comptés. Pas un seul ne manque à l’appel. Ce Reste peut nous sembler bien petit, tout comme le prophète Élie qui se croyait seul. Mais Dieu sait exactement qui ils sont. Il les préserve et accomplira à coup sûr toutes les promesses qu’Il a faites.
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