Yeshua a prononcé une quarantaine de paraboles au cours de son ministère. Chacune d’elles a été soigneusement élaborée pour révéler une vérité spirituelle. Parmi elles figurent les paraboles prophétiques du chapitre 13 de l’évangile de Matthieu, dans lesquelles Yeshua dévoile les mystères du Royaume des cieux — l’époque même dans laquelle nous vivons aujourd’hui.
Ces paraboles éclairent le paysage spirituel de notre monde. Elles répondent à des questions que les croyants réfléchis se posent depuis des siècles, notamment : pourquoi les gens réagissent-ils si différemment à une même Parole de Dieu ? Pourquoi existe-t-il tant de croyances et de dénominations contradictoires parmi ceux qui affirment fonder leur foi sur les Écritures ? Pourquoi la vérité semble-t-elle si claire pour certains, tout en restant cachée à d’autres ? Voici la réponse.
Parmi ces paraboles prophétiques, l’une d’elles se distingue tout particulièrement : la parabole du semeur. Pourquoi cette parabole occupe-t-elle une place à part ? Parce que Jésus lui-même l’a distinguée des autres. Dans l’Évangile de Marc chapitre 4 verset 13, Il a demandé à ses disciples : « Ne comprenez-vous pas cette parabole ? Comment alors comprendrez-vous toutes les autres paraboles ? » Yeshua affirme que cette parabole est la clé de toutes les autres. Si nous ne la comprenons pas, nous aurons du mal à comprendre les autres.
Il est essentiel de comprendre le contexte dans lequel cette parabole a été énoncée. Après le rejet de son Royaume par les chefs religieux, Jésus présente « les mystères du royaume des cieux ». Il commence par sa parabole la plus fondamentale : celle du semeur. Nous la trouvons dans l’évangile de Matthieu (13. 3-9). À première vue, la scène semble simple. Jésus décrit une situation que tout habitant de Galilée reconnaîtrait immédiatement : un agriculteur traversant son champ en semant des graines. Mais une question surgit presque aussitôt. Comment autant de graines ont-elles pu tomber au bord du chemin, sur un sol pierreux ou parmi les épines ? Le semeur ne travaillait pas soigneusement ? A-t-il simplement jeté les graines un peu partout, sans discernement ? La réponse est : non ! Les méthodes agricoles du premier siècle différaient de celles d’aujourd’hui. De nos jours, l’agriculteur laboure généralement le sol avant d’y semer les graines. Dans l’Israël antique, l’ordre était souvent inversé. Comme l’atteste le Talmud (b. Shabbat 7, 2), le semeur répandait d’abord les graines sur tout le champ et ne labourait le sol qu’ensuite. La charrue incorporait alors les graines au sol, quel que soit l’endroit où elles étaient tombées.
Ce détail historique est bien plus qu’une simple anecdote agricole : cela nous prépare à la leçon spirituelle qui suit. Jésus va bientôt nous dire que la semence représente la Parole de Dieu. Tout comme le semeur répand sa semence sur tout le champ, Dieu, dans sa bonté et sa grâce commune, permet à sa Parole d’être librement offerte à tous. L’invitation ne se limite pas à quelques privilégiés : elle s’adresse à chacun. Si la semence est identique, la terre, elle, diffère. Penchons-nous maintenant sur l’explication que Jésus lui-même donne de cette parabole remarquable. Chacun des quatre types de sol illustre une réaction différente face à la Parole de Dieu. Le quatrième sol, tout comme le premier, ne laisse place à aucune ambiguïté : il représente celui qui croit véritablement et porte du fruit — au centuple, 60 fois ou 30 fois plus. Le premier sol, quant à lui, décrit une personne qui, bien qu’ayant entendu la Parole tout comme les autres, ne possède aucune racine. Les deux autres types de sol posent un défi bien plus grand. Au premier abord, il n’est pas toujours aisé de déterminer s’ils désignent de véritables croyants ou simplement des personnes qui semblent croire. C’est précisément ce qui rend cette parabole si pénétrante. Dans la réalité, la frontière entre une foi authentique et une simple profession de foi n’est pas toujours nette. Les apparences peuvent être trompeuses, et seul Dieu connaît véritablement le cœur.
Les oiseaux
En Marc 4. 15, Yeshua dit : « Ceux qui sont le long du chemin où la parole est semée, ce sont ceux qui, lorsqu’ils l’ont entendue, aussitôt Satan vient et enlève la parole qui a été semée en eux. » Les oiseaux qui ont dévoré la semence sont identifiés ici. Ce ne sont pas de simples oiseaux : ils représentent Satan lui-même. C’est une vérité saisissante. Une fois de plus, nous voyons que le combat de Satan se concentre avant tout sur une chose : la Parole de Dieu. Remarquez avec quelle urgence Satan agit. Yeshua dit : « …aussitôt Satan vient. » Pourquoi aussitôt ? Parce que Satan connaît la puissance de la Parole. Il comprend que si la Parole prend racine dans le cœur humain, elle produira la foi, transformera une vie et, finalement, brisera l’emprise qu’il exerce sur cette personne. L’empressement de Satan témoigne en fait de la puissance de la Parole de Dieu. Il ne peut pas se permettre d’attendre. Son premier objectif est d’empêcher la Parole de jamais prendre racine.
La bonne terre
Tournons-nous maintenant vers la quatrième et dernière terre : la bonne terre. Voici l’explication de Yeshua en Marc 4. 20 : « Ceux qui ont reçu la semence dans la bonne terre, ce sont ceux qui entendent la parole, la reçoivent et portent du fruit : 30, 60 et 100 pour un. » Il est frappant de constater qu’il s’agit de la plus courte des quatre descriptions. Lorsque la Parole trouve un cœur préparé il reste peu de choses à expliquer. La moisson s’ensuit naturellement. En réunissant les récits de Matthieu, de Marc et de Luc, nous découvrons sept caractéristiques du croyant qui porte du fruit. Ensemble, elles forment un magnifique portrait du véritable disciple.
1. Entendre : Matthieu 13.23, Luc 8.15
2. Comprendre : Matthieu 13. 23
3. Recevoir : Marc 4. 20
4. Être honnête : Luc 8. 15
5. Avoir un bon cœur : Luc 8.15
6. La garder fermement : Luc 8. 15
7. Persévérer : Luc 8. 15
La parabole du semeur se termine comme elle a commencé : avec une semence. La semence n’a pas changé. Le Semeur n’a pas changé. La question n’a jamais porté sur la puissance de la Parole. La seule question est celle-ci : quel genre de sol le cœur sera-t-il ?
Là où la Parole est accueillie, comprise, reçue et patiemment mise en pratique, Dieu produit toujours une moisson — au centuple, 60 pour un ou 30 pour un — le tout pour sa gloire.
Visionner : Une semence, quatre coeurs – L’anatomie de la réponse humaine à la Parole de Dieu