L’histoire de Purim est remarquable à bien des égards. La plupart d’entre nous savent que le nom de Dieu n’y est mentionné nulle part, mais sa présence est omniprésente, perceptible dans chaque suite d’événements aussi imprévisibles qu’ironiques. Ces retournements de situation et ces contrastes forment une toile de fond saisissante qui révèle l’autorité divine tout au long du récit.

 

Un thème récurrent dans cette histoire de Purim est le chiffre 2. Voyons d’abord combien de fois le chiffre 2 apparaît dans cet événement historique.

 

-Deux reines (Esther 2. 17)

-Deux banquets (le banquet du roi, Esther 1. 3-5)

-Les deux banquets d’Esther (Esther 5. 4, 7. 1-10)

-Deux édits (Esther 3. 11-12 et 8. 11)

-Deux réunions de concubines (Esther 2. 8, 2. 19)

-Deux rencontres d’Esther avec le roi (Esther 5. 1-2 et 8. 3-4)

-Deux pendaisons (Haman, puis ses dix fils) (Esther 7. 9-10 ; 9.    8-10, 13)

-Deux dates en Adar (les 13 et 14) pour la défense du peuple juif (9. 15-16 ; 17-19)

-Deux dates pour célébrer Purim (Esther 9. 20-22 et 26-28)

 

 

Le chiffre 2 se distingue donc comme un fil conducteur. Il est intéressant de constater que certains affirment que Purim n’est qu’une fiction religieuse, une comédie satirique se déroulant dans une période historique invérifiable. Ce récit aurait été écrit pour encourager le courage et l’identité juive. Or, la présence omniprésente du chiffre 2 est fascinante, ce chiffre étant utilisé bibliquement pour valider un événement. On lit en Deutéronome 17. 6 que deux personnes sont le minimum requis pour que le témoignage soit valable.

 

On observe également que le chiffre 2 représente la division entre le bien et le mal (la lumière et les ténèbres). Dans nombre des exemples de « 2 » mentionnés plus haut, on observe à la fois une prophétie (de malheur) et un renversement, passant d’un danger imminent et d’un destin funeste au soulagement et à la liberté.

 

D’un point de vue rabbinique, le chiffre 2 revêt une grande importance, car il s’agit de la première lettre du premier verset de la Genèse, le « bet » du mot « beresheet », qui signifie commencement. C’est dans ce tout premier verset de la Genèse que se trouve le récit de la création, le début du monde physique. La lettre « bet » est également à l’origine du mot beracha, qui signifie bénédiction. Cette histoire de Purim relate la promesse de protection et de bénédiction divines accordées à ce peuple dès le jour de sa création.

 

L’interprétation rabbinique aborde également les deux inclinations, le bien (yetzer hatov) et le mal (yetzer harah), soulignant le conflit permanent qui anime le cœur et l’esprit de l’humanité entre le bien et le mal. On observe, par exemple, ce choix chez de nombreux Perses qui, craignant les Juifs, s’assimilèrent à eux (Esther 8. 17).

 

Le chiffre deux symbolise aussi le conflit, car c’est à partir de ce moment que la division survient entre les peuples… Il faut être deux pour qu’un conflit éclate. Les rabbins soulignent également que le chiffre deux, comme dans l’exemple d’Esther ordonnant deux banquets, a permis une montée en tension dans le récit et l’intervention divine. Ce qui est remarquable, c’est que, comme dans tous les aspects de la Parole de Dieu, il y a symétrie et finalité. Le chiffre 2 nous renvoie au Créateur parfait qui orchestre toute chose. Aussi,  le chiffre 2 peut représenter les deux mondes dans lesquels nous vivons : le monde physique dont nous faisons partie et le monde spirituel dont nous sommes citoyens.

 

Le chiffre 2 symbolise également une union permanente et magnifique entre le Seigneur et nous. Puisque le Messie vit en nous et que nous demeurons en Lui, nous passons des ténèbres et du mal à la lumière de la vie et à la joie de ses doubles bénédictions.

 

 

Chag Sameach. Joyeux Purim !