Alors que le chapitre 3 de Sophonie parle des jugements supplémentaires sur Israël et les nations, Hulda offre aux Juifs comme aux non-Juifs un moyen d’échapper à la colère divine à venir. Ses paroles et la prophétie de Sophonie se complètent, formant un appel unifié à la repentance et à l’espérance. Et, comme il se doit, le livre se conclut par une promesse glorieuse : l’aube de l’ère messianique.
Il est intéressant de noter qu’il y a ici quelque chose de remarquable. Bien que deux prophètes éminents, Jérémie et Sophonie, aient été actifs à cette époque, Dieu a choisi de parler par l’intermédiaire d’une femme. Cette décision a intrigué beaucoup de gens et, au fil du temps, diverses théories ont émergé pour tenter de l’expliquer. Certains ont eu du mal à accepter l’idée que Dieu confie un message aussi significatif et opportun à une femme. Pourtant, ce choix spécifique nous rappelle que Dieu utilise souverainement qui IL veut, indépendamment des attentes humaines.
Parmi les nombreuses raisons invoquées, un rabbin a déclaré qu’en raison de la gravité de la prophétie à venir, une femme aurait plus de compassion qu’un homme, et qu’ils furent donc dirigés vers Hulda. Un midrash écrit : les femmes sont plus facilement enclines à la pitié que les hommes, et que, par conséquent, la prophétesse serait plus susceptible que Jérémie d’intercéder auprès de Dieu en sa faveur (Meg. 14a, b ; comp. Seder ‘Olam R. xxi). C’est intéressant. D’autres ont dit que Sophonie et Jérémie étaient tous deux trop occupés et que, comme Hulda vivait juste à côté du palais du roi, ils sont allés la voir en premier.
Ainsi, bien que le texte ne nous dise pas pourquoi ils allèrent voir une femme prophétesse, l’essentiel est qu’ils l’ont fait, et le texte l’évoque comme si c’était le choix le plus naturel et le plus évident. Et Hulda elle-même ne se montre pas surprise de leur arrivée. De nombreuses confessions chrétiennes seraient surprises par ce texte. Mais ce que nous savons, c’est ceci : si le Seigneur a choisi Hulda, c’est certainement parce qu’IL connaissait son cœur. Dieu lui a confié son message, qui a été donnée non seulement à la nation juive de l’époque, mais ce même message s’adresse également à nous aujourd’hui.
C’est ici, avec Hulda, que nous trouvons une échappatoire à la colère divine à venir. Lisons le magnifique verset 27 de 2 Chroniques 34 dans son intégralité. Voyez ce que le Seigneur exige de nous pour éviter cette colère imminente ; vous allez voir, c’est très simple. S’adressant au roi Josias, touché par la Parole de Dieu, Hulda dit : « Parce que ton cœur a été tendre et que tu t’es humilié devant Dieu en entendant ses paroles contre ce lieu et contre ses habitants, et parce que tu t’es humilié devant moi, que tu as déchiré tes vêtements et que tu as pleuré devant moi, Je t’ai vraiment exaucé », déclara le Seigneur. La première chose que nous remarquons est que le roi Josias croyait en la Parole de Dieu. Hulda dit : « Quand tu as entendu ses paroles. » Dans 2 Rois 22. 14, le Seigneur dit : « Quand tu as entendu ce que j’ai dit. » Le mot « entendu » en hébreu est shamah, dont le sens premier est : écouter, prêter attention, entendre et répondre.
C’est la première étape, et par conséquent, le cœur s’est attendri. Cette image est vraiment magnifique. Le mot tendre est רָכַך (rākak) qui signifie tendre ou doux et il est utilisé dans les Écritures pour désigner une personne ou un objet adouci par l’huile. Dans Ésaïe 1. 6, nous lisons que le Seigneur se plaint que son peuple n’adoucit pas ses blessures par de l’huile : IL parle des blessures causées par le péché. Le symbole de l’huile dans la Bible est la présence de l’Esprit de Dieu, nécessaire à la compréhension de sa Parole et que le Seigneur est prêt à déverser sur quiconque l’invoque. Josias fut ainsi touché, oint d’huile pour ainsi dire, par les Paroles de Dieu !
Puis, nous remarquons que Dieu dit quelque chose de plus à Josias. À deux reprises, il lui dit : « Tu t’es humilié. » C’est une chose que nous sommes également appelés à faire. Le mot « humble », en hébreu, כָנַע (kāna), signifie : fléchir le genou, tomber à genoux en signe de repentance. C’est ce que Dieu recherche.
Voilà une caractéristique du Messie : doux, humble. Abraham a fait preuve d’une grande humilité lorsqu’il laissa son neveu Lot choisir la meilleure place en premier. Étienne était si humble que, même persécuté et lapidé, il leva les yeux et il dit : « Ne leur imputez pas ce péché » (Actes 7:60). La douceur est ce qui décrit l’essence même de la personne de Yeshua ; « IL fut opprimé et affligé, mais IL n’ouvrit pas la bouche. » (Ésaïe 53. 7). C’était le moyen d’échapper à la colère de Dieu à ce moment-là, de même que pour ce qui est de la colère à venir. C’est simple. Dieu ne demande pas grand-chose. Cherchez la Parole de Dieu, lisez-la et repentez-vous de vos péchés. Alors vous serez sauvé de la colère à venir. C’est ce que promet la Bible. Car c’est là que vous rencontrerez Yeshua dont toutes les pages du Tanakh parlent.
La religion et la tradition, même dans leurs meilleures formes, ne peuvent sauver une âme. Elles peuvent guider, inspirer ou préserver, mais le salut vient d’une seule source : le Seigneur, par sa Parole et par son Esprit. Tel est le cœur du message de Hulda : un appel au Dieu vivant, car Lui seul a le pouvoir de sauver. Que ce soit par l’Enlèvement pour les croyants comme nous qui vivons avant la Tribulation, ou pour ceux qui croiront pendant la Tribulation, ces mêmes paroles divines sauveront des âmes.
Un dernier mot sur Hulda. Le verset 22 de 2 Chroniques 34 nous apprend qu’elle vivait dans le deuxième quartier, c’est-à-dire « ha-Mishneh » (הַמִּשְׁנֶה), le même endroit que Sophonie mentionnait comme étant le passage qu’emprunteront les armées pour envahir le pays. Et aujourd’hui, en Israël, à ce même endroit, se trouve la Porte de Hulda. Cette porte se trouve juste sous la mosquée Al-Aqsah, sur le mur sud du Mont du Temple. Elle porte un autre nom dans le Nouveau Testament : la Belle Porte, par où Pierre et Jean entrèrent dans le Temple à 9 h pour la prière du matin (Actes 3. 10). C’est près de cette porte que le boiteux fut guéri.
Mais ce mur sud du Temple comportait cinq portes. Trois d’entre elles permettaient au peuple d’entrer dans l’enceinte du Temple, et les deux autres d’en sortir (Middoth 1. 3 B). Les rabbins croyaient qu’Hulda était assise à l’une de ces trois portes d’entrée, proclamant la Parole de Dieu. Tout comme une autre prophétesse, Anne, qu’on voit dans Luc 2. 36-38. Peut-être était-elle aussi assise au même endroit, à l’entrée, où les gens pouvaient la voir.
Quant à Hulda, le Targum du passage de 2 Rois 22. 14 dit qu’elle résidait à Jérusalem, dans la maison de l’instruction… et qu’ils croyaient qu’elle était enseignante dans une école de Torah. C’était un très grand honneur accordé à une femme.