A. Le nom du bouc qui était sacrifié (Lévitique 1. 8, 10)
B. Semblable au « bouc de Judas », qui conduit les autres animaux à l’abattoir
C. Le nom du « démon-bouc » mentionné dans Lévitique 17. 7
D. Un autre nom pour Joseph, qui fut vendu par ses frères (Genèse 27. 31)
RÉPONSE
Aucune de ces propositions.
Aucun mot hébreu dans la Bible ne signifie « bouc émissaire ». Pour comprendre ce qui se passait lors du rituel de Yom Kippour décrit en Lévitique 16, il faut clarifier ce que représentait chaque bouc. Lors de Yom Kippour, le Souverain Sacrificateur accomplissait une cérémonie et un sacrifice assez particuliers.
On tirait au sort : un bouc était choisi : LA-YHWH (pour l’Éternel), tandis que l’autre était destiné à Azazel (Lévitique 16. 8). Ce second bouc n’était ni Azazel ni un bouc émissaire.
Comment la notion de « bouc émissaire » est-elle apparue ? La Septante (traduction grecque réalisée des siècles avant Yeshua) a interprété le terme Azazel comme désignant quelque chose que l’on renvoie ou que l’on éloigne (ce qui correspondait au rôle du second bouc). Plus tard, la Vulgate latine a adopté une interprétation similaire, qualifiant le bouc de « renvoyé ». Finalement, la traduction anglaise de William Tyndale a utilisé le terme « scapegoat » (bouc émissaire), repris par la suite dans la version King James.
Ainsi, « bouc émissaire » est une traduction interprétative du mot hébreu Azazel. Rappelons que ce second bouc était destiné à Azazel et envoyé dans le désert, vers Azazel (Lévitique 16. 8, 10, 26). La signification exacte d’Azazel fait l’objet de débats depuis l’Antiquité. Les rabbins de l’Antiquité et du Moyen-Âge y voyaient le chef des démons, le diable. Cette interprétation nous permet d’explorer une autre facette incroyable de ce rituel mystérieux : le second bouc pourrait en effet préfigurer l’œuvre du Messie et correspondre à « asham », l’offrande pour la culpabilité qui n’est pas mentionnée explicitement dans le rituel de Yom Kippour.