A — La croissance de la foi;

B — La croissance et l’influence mondiale du christianisme;

C — La croissance du mal et de la corruption dans le monde.

 

 

La réponse C correspond le mieux au contexte des paraboles environnantes et au contexte historique, ce dernier étant essentiel.

 

La parabole décrit un grain de moutarde qui devient un grand arbre. Pour les gens de cette époque, une telle croissance pouvait avoir une connotation négative. La moutarde était connue comme une plante agressive et envahissante. L’écrivain romain Pline l’Ancien (23-79 après  J.-C.) écrivait : « La moutarde… une fois semée, c’est presque impossible de s’en débarrasser, car la graine, lorsqu’elle tombe, germe aussitôt. » (Histoire naturelle 19. 171). La littérature rabbinique reflète une préoccupation similaire. La Mishna (Traité Kilayim) aborde la question de la moutarde dans les lois relatives aux cultures associées, car elle se propage facilement et peut envahir d’autres cultures, créant ainsi des mélanges interdits (kilayim). Il est intéressant de noter que le mot hébreu pour moutarde, ḥardal, peut être interprété comme la combinaison de har (« montagne ») et dal ( pauvre ou faible ), tandis que le mot grec sinapi pourrait être lié à une racine signifiant piquer ou irriter. C’est pourquoi, afin d’éviter toute confusion avec Matthieu 17. 20, où la graine de moutarde symbolise clairement la croissance de la foi, il serait plus juste de comprendre cette parabole comme illustrant une croissance anormale et problématique : quelque chose de petit qui se développe rapidement et finit par dominer.

 

Remarquons que cette parabole de Matthieu 13 fait partie d’un ensemble de sept paraboles. Les quatre premières présentent une vision prophétique et problématique du Royaume de Dieu, montrant la présence de vrais et de faux croyants et le développement d’une foi institutionnalisée qui a facilité l’implantation de fausses doctrines.