Est-il vrai que le mot Babylone n’apparaît jamais dans les Écritures hébraïques ?

 

 

Sur les 284 occurrences du mot hébreu Babel (בָּבֶל) dans les écritures hébraïques, il n’est traduit par Babel que deux fois (Genèse 10. 10 et 11. 9, en lien avec la Tour). Pour les 282 autres occurrences, les traducteurs ont opté pour la traduction grecque : Babylone. Mais est-ce vraiment important ?

 

Oui, absolument !

 

En hébreu, le mot « babel » signifie confusion, dérivé du verbe hébreu « balal », qui veut dire confondre ou embrouiller. Ceci explique ce qui s’est passé à la Tour de Babel, lorsque Dieu a jugé l’humanité en brouillant son langage, ce qui a entraîné sa dispersion sur toute la terre.

 

Il est intéressant de noter qu’en langue ancienne akkadienne, Babel signifie « la porte de Dieu », faisant référence non pas au Dieu de la Bible, mais à une autre divinité. Ce jeu de mots subtil met en lumière à la fois l’orgueil humain et la rébellion spirituelle.

 

Si les traducteurs avaient conservé le nom de Babel sous sa forme originale, les lecteurs se seraient constamment souvenus de son premier contexte dans la Genèse 11. Lorsque les prophètes ont ensuite parlé de l’empire de Babylone, nous n’aurions pas pensé à un simple lieu géographique, mais à la continuation de cette même rébellion spirituelle commencée à Babel.

 

Bien que le texte grec du Nouveau Testament utilise le nom de Babylone, il aurait été intéressant que les traducteurs aient conservé « Babel ». Le message de l’Apocalypse 17-18 aurait alors reflété plus clairement son origine ancienne : une rébellion née à la Tour et qui se poursuit dans la tentative constante de l’humanité de construire un monde séparé de Dieu.