Examinons maintenant l’un des rêves prophétiques de Joseph, une vision importante que l’apôtre Jean reprend dans l’Apocalypse, le dernier livre des Écritures. Jean y utilise les mêmes images du soleil, de la lune et des étoiles pour illustrer l’histoire d’Israël, de l’époque de Joseph à la Seconde venue de Yeshua.

Ce faisant, Jean tisse magnifiquement les rôles du Messie ben Yoseph et du Messie ben David, tout en révélant les origines des souffrances et des persécutions qui ont suivi le peuple juif depuis ses origines. Explorons le rêve de Joseph et voyons comment Jean l’utilise et l’enrichit.

Ce rêve se trouve dans Genèse 37. 9, où Joseph dit : « Voici, j’ai encore eu un rêve : le soleil, la lune et les onze étoiles se prosternaient devant moi. »  Quelle est la signification de ce rêve ? L’explication est donnée par Jacob lui-même. Quand Jacob entendit ces paroles, il dit à Joseph dans le verset suivant : « Est-ce que moi, ta mère et tes frères, viendrons vraiment nous prosterner devant toi jusqu’à terre ? » Ainsi, dans le rêve, le soleil représente Jacob, la lune Rachel et les onze étoiles les frères de Joseph.

Cette prophétie a en fait une double référence. Premièrement, elle nous amène au récit même de la Genèse, lorsque les frères de Joseph, ignorant qu’il s’agissait de leur propre frère, se prosternèrent devant celui qui était le second du Pharaon d’Égypte.

La prophétie a ensuite une seconde référence qui nous amène à la Seconde venue du Messie, lorsque tout Israël et le monde se prosterneront devant le Messie et reconnaîtront enfin Celui qu’ils ont transpercé. C’est à ce moment-là, dans l’Apocalypse, que l’apôtre Jean a la même vision. Voici ce qu’il dit : « Un grand signe parut dans le ciel : une femme enveloppée du soleil, la lune sous ses pieds, et une couronne de douze étoiles sur sa tête. Elle était enceinte, elle criait, étant en travail et dans les douleurs de l’enfantement. »

Les mêmes éléments du rêve de Joseph sont repris, mais cette fois, Jean ajoute un détail important : il y a maintenant douze étoiles. Cela s’explique par le fait que Joseph lui-même n’est pas le Messie, mais l’un des frères qui, ensemble, forment la femme représentant Israël, un élément que Jean ajoute au rêve. Elle est ici revêtue du soleil, symbole radieux de gloire et de protection divine. Mais cette vision illustre également le travail de cette femme qui donne naissance à un Fils, le Messie lui-même. Le rêve de Joseph est ici réinterprété comme une représentation de la nation d’Israël comme le moyen par lequel notre Rédempteur, le Messie, viendrait. Mais on sait que le chemin d’Israël pour donner naissance au Sauveur sera semé d’angoisse, d’opposition et de persécutions incessantes.

Remarquez que l’Enfant, le Messie, naît alors que la femme, Israël, crie dans l’accouchement et la douleur. Cela explique pourquoi Israël a enduré de si profondes souffrances tout au long de l’histoire et continue d’en subir davantage aujourd’hui : elle a été choisie pour donner naissance au Messie.

 

Pourtant, sa mission n’est pas terminée. Les Écritures nous disent que Jésus reviendra un jour vers elle, et que c’est à Jérusalem qu’Il établira son royaume. Dès la restauration future d’Israël, il régnera sur toutes les nations de la terre. Nous comprenons mieux maintenant pourquoi on parle tant de Jérusalem, des Juifs et d’Israël.

 

Ces deux rêves réunis brossent, en quelques mots, l’histoire d’Israël. Mais qui est derrière cette femme, derrière les souffrances et les persécutions d’Israël ? Ce n’est ni le Hamas, ni l’Iran. Jean révèle ici un autre personnage au cœur de ce combat, celui qui est à l’origine non seulement des souffrances d’Israël, mais aussi de celles du monde entier. Le verset 3 l’identifie. « Puis un autre signe apparut dans le ciel : un grand dragon rouge, ayant sept têtes et dix cornes, et sur ses têtes sept diadèmes. » Qui est ce dragon ? La traduction est regrettable, car ce mot « dragon » évoque une figure mythologique, généralement une grande créature serpentine et puissante telle que l’on voit de nos jours dans les dessins animés.

Mais c’est bien plus grave. Le mot grec « drakon » dérive du mot « serpent ». Dans la Septante, en Exode 7, les rabbins traduisent le mot « serpents » par « drakons » et celui d’Aaron qui liait les autres serpents. C’est donc d’un serpent dont parle Jean, mais qui est ce serpent ? Inutile de chercher bien loin pour le trouver : il est dévoilé au verset 9 : « Et il fut précipité, le grand dragon, le serpent ancien, appelé le diable et Satan, celui qui séduit toute la terre. »

Il l’identifie clairement. Ce dragon est le diable lui-même, le serpent ancien, celui dont parle la Genèse. Il est le dieu de ce monde, celui qui trompe le monde entier. Sa force, sa principale stratégie, consiste à se cacher et à faire croire qu’il n’existe pas, mais ici, dans l’Apocalypse, il est pleinement révélé. Le serpent est donc la source de l’antisémitisme et de la persécution actuelle d’Israël. Aujourd’hui, il tente d’isoler et de décimer Israël afin d’empêcher la seconde venue de Jésus (Matthieu 23. 39, Luc 13. 35, Zacharie 12. 10).

C’est ce qui nous est expliqué au verset 4b : « Et le dragon se tint devant la femme qui allait enfanter, pour dévorer son enfant dès qu’elle serait née. » C’est ce qu’il fit tout au long de l’histoire de la femme, Israël, par qui le Messie est venu. Cependant, ne pouvant dévorer l’enfant, il se concentre désormais sur la femme, Israël. C’est là que nous pouvons voir la racine de l’antisémitisme. Il s’est tenu devant la femme, et nous voyons les racines de la haine contre Israël qui imprègne les pages de notre histoire et de notre temps présent. Satan s’est tenu devant la femme jusqu’à ce qu’elle donne naissance à l’Enfant, mais une fois l’Enfant monté au ciel, (verset 5) il reste devant la femme jusqu’à la fin.

Ce chapitre nous apprend que pendant la Tribulation, soit les sept dernières années avant la Seconde venue de Yeshua, l’antisémitisme atteindra son paroxysme : il décrit ainsi comment Satan perçoit l’approche de son heure. Nous lisons au verset 17 : « Le dragon fut irrité contre la femme, et il s’en alla faire la guerre au reste de sa descendance, à ceux qui observaient les commandements de Dieu et qui avaient le témoignage de Jésus-Christ. »  Commençons-nous aujourd’hui à assister à la montée de cette fureur ? Il est fort possible que tout soit en place pour que la Tribulation commence.

Les Écritures disent qu’à la fin, il sera tellement en colère que Dieu devra lui cacher un reste d’Israël, comme l’explique Apocalypse chapitre 12. C’est alors que Jean, utilisant le rêve de Joseph, pointe du doigt les racines de l’antisémitisme. Et nous apprenons que, tout comme le Messie a été rejeté par son propre peuple en tant que Fils de Joseph, Israël a également été rejeté par les nations. La ressemblance est indéniable.