Ouvrons nos Bibles au livre du prophète Sophonie. Bien que ce livre soit l’un des moins connus parmi tous les autres prophètes bibliques, son message a une portée profondément significative. Il est intéressant de noter que le nom « Sophonie » signifie « Le Seigneur a caché ». Si le livre lui-même et son auteur peuvent sembler cachés à beaucoup de gens aujourd’hui, ce n’est pas Sophonie ni ses écrits qui le sont. Il s’agit plutôt du thème central du livre qui reste caché à beaucoup, soit la précieuse nation d’Israël à notre époque.
Et, bien qu’il soit l’un des livres les plus courts de la Bible – cela prend environ 10 minutes à lire – en plus, c’est le livre des prophètes le moins cité tant dans le christianisme que dans le judaïsme, Sophonie a un message formidable et actuel même aujourd’hui.
Si vous demandez quel est le thème de Sophonie, invariablement la réponse est ceci : le jugement de Dieu ou le Jour du Seigneur. Il est vrai qu’il s’agit d’un message important des prophéties divines, mais ce n’est pas ce que l’on retient. En lisant ce livre, on retrouve une image de Dieu qu’on trouve rarement ailleurs dans la Bible. Par exemple, saviez-vous que dans ce livre il est écrit que Dieu chante ? À la fin, après en avoir fini avec les malheurs de la Tribulation, et dans sa grande joie de retrouver son troupeau, Sophonie 3. 17 nous dit « IL aura pour toi des transports d’allégresse… IL se réjouira de vous en chantant. »
Trois synonymes sont donnés ici, chacun plus fort que le précédent : le mot exulter, yasis. Ce mot décrit un saut, ou une danse. Ensuite, que cette rencontre se fera avec beaucoup de joie. : simcha, qui en hébreu désigne une grande célébration. Puis il criera, chantera, yagil. N’est-ce pas magnifique la façon dont Dieu se révèle dans sa parole ?
Quant aux descriptions des jugements et de la Tribulation à venir, juste avant le retour du Seigneur, et, bien que certains passages soient difficiles à lire, Sophonie a le don de les présenter avec une imagerie puissante, poétique et même ironique, ce qui rend la lecture du livre, tout compte fait, très agréable.
Par exemple, alors que le peuple ignorait les avertissements des prophètes et en était arrivé à manquer de respect et à mépriser ce qui est saint, le Seigneur dit dans Sophonie 1. 9 : « Regardez-les… ils sautent par-dessus le seuil. » Qu’est-ce que le seuil et comment le franchissent-ils ? Les gens connaissaient ce mot. Il s’agit du seuil du Temple, ce qui était évident pour eux, car, à peu près au même moment, le prophète Ézéchiel décrivait comment le Saint-Esprit se préparait à quitter le Temple et nous voyons comment IL le fait. IL sort du Lieu très saint, puis s’arrête, se tient sur le seuil du Temple et puis s’en va.
Ézéchiel mentionne le seuil à trois reprises. Tandis que ces injustes entraient dans le Temple, sans gêne comme s’ils entraient dans un club social, ils ne réalisaient même pas que Dieu se tenait là, prêt à quitter ce Temple, qui était voué à la destruction. De plus, à peu près au même moment, le prophète Jérémie reçut l’ordre de se tenir aux portes du Temple et de dire au peuple de n’y entrer seulement qu’après s’être repentis (Jérémie 17).
Nous lisons en Amos 3. 7 : « L’Éternel, l’Éternel, ne fait rien sans avoir révélé son conseil secret à ses serviteurs les prophètes. » Nous avons ici cinq personnes parlant à l’unisson : quatre prophètes : Ézéchiel et Daniel à Babylone, Sophonie et Jérémie et une prophétesse, Hulda, tous trois en Israël. Mais cela fut en vain, du moins pour la majorité. Nous lisons comment le Seigneur rapporte les pensées de ces rebelles qui pensent : « L’Éternel ne fait ni bien ni mal » (Sophonie 1. 12). Ils étaient tellement ancrés dans leurs traditions qu’ils étaient aveuglés malgré les paroles de Dieu transmises par ses prophètes. Mais ces prophètes continuent de parler, car leurs prophéties ne se sont pas toutes accomplies, mais tous s’accordent à dire que c’est la venue de Dieu ou du Messie qui mettra fin à tout ce mal. Le Messie n’est pas encore revenu et, nombreux sont ceux qui, encore aujourd’hui, franchissent le seuil, comme si de rien n’était, comme si rien n’arriverait.
Puis, à un moment donné, au sujet des ennemis d’Israël, on nous dit que le Seigneur prépare un festin pour son arrivée. Voyez ce qui est dit au verset 7 : « Car le jour de l’Éternel est proche. Car l’Éternel a préparé un sacrifice et a choisi ses conviés. » Il y a une ironie ici, car en lisant la suite, on se rend compte que les invités sont en réalité le sacrifice lui-même. L’idée est que ces ennemis d’Israël étaient tellement certains d’avoir Dieu de leur côté qu’ils pensaient être invités à assister à l’extermination d’Israël. En réalité, ils venaient pour voir le jugement rendu sur eux. Le mot « consacré » vient du mot hébreu kadosh (mis à part), tout comme il a préparé le Temple et les prêtres pour le service.
C’est toujours actuel, car on sait qu’aujourd’hui encore, nombreux sont ceux qui s’opposent aux Juifs au nom de leur dieu, tout en se croyant du côté de Dieu. Remarquez que le verset 1 commence par le nom de Dieu, suivi de huit noms, dont beaucoup contiennent le nom du Seigneur, Yah (יָהּ). Ce type de structure est riche dans les écritures hébraïques, et souvent chargée de sens prophétique. Lire ces noms dans leur langue originale constitue, pour un lecteur hébreu, une excellente introduction à la prophétie.
En hébreu, les noms ne sont pas seulement des identifiants, ce sont souvent des mini-prophéties. L’inclusion du nom divin symbolise souvent la présence de Dieu dans la vie ou le destin d’une personne ou d’une nation. Ainsi, en lisant tous ces noms ensemble, nous pouvons percevoir l’histoire d’Israël comme cachée, mais aussi précieuse pour Dieu, car c’est ce que signifie Sophonie : être caché comme on cache un trésor. Voyons ce que chaque nom nous dit. Si nous lisons, en français, l’ordre des noms énumérés dans ce verset, cela donne :
L’Éternel
L’Éternel a caché son trésor (Sophonie)
et l’a fait prospérer (Cushi).
L’Éternel est grand (Guedalia)
L’Éternel tient ses promesses (Amaria)
L’Éternel est ma force (Ézéchias)
L’Éternel guérit (Josias)
et multiplie (Amon)
alors il louera (Juda)
En continuant dans notre étude, nous verrons que ce qui est réellement caché aujourd’hui, c’est Israël et, déjà dans ce premier verset, nous voyons cette promesse inconditionnelle de restitution.