La semaine dernière, nous avons abordé l’importance d’un temps de prière matinal structuré et ordonné. À présent, en examinant la dernière partie du Psaume 5 verset 3, nous sommes appelés, une fois nos prières correctement formulées, à attendre avec espérance.

 

Ce mot hébreu, « attendre avec espérance », se traduit par « atzafeh », qui signifie « je lèverai les yeux et je veillerai ». C’est le même verbe que celui utilisé pour les gardes postés sur les tours ou sur les hauteurs. Leur rôle était d’observer et de signaler toute menace à la sécurité de la ville. « Atzafeh » ne désigne pas un simple coup d’œil ou une observation rapide. Ils étaient chargés de veiller constamment. C’est aussi notre responsabilité : veiller constamment, veiller avec espérance sur nos prières.

 

Allons-nous simplement semer nos prières au hasard, comme des confettis, sans savoir où elles atterriront ? Nous devons attendre activement et fidèlement, à l’image de ces hommes sur les remparts de la muraille, en faisant confiance à Dieu et en anticipant sa réponse.

 

Mais c’est là que réside une menace potentielle pour notre paix. Dieu est le scénariste, et dans notre profond désir de voir nos prières exaucées rapidement, nous devons nous rappeler que Dieu ne répond pas nécessairement comme nous l’attendons.

 

Revenons à l’époque où Yeshua – Jésus – avait deux ans. Hérode publia un édit ordonnant la mise à mort de tous les garçons juifs de moins de deux ans à Bethléem, car les mages étaient venus chercher le roi des Juifs. Effrayé, le roi, paranoïaque, craignait de perdre son pouvoir. Dieu avertit alors en songe Joseph de prendre l’enfant et sa mère et de fuir en Égypte.

 

Mais comment allaient-ils financer ce voyage en Égypte ? Après tout, ils étaient pauvres. Comment le savons-nous ? Souvenez-vous : quarante jours après la naissance de Jésus, Miriam se rendit au Temple pour y offrir un sacrifice. Le sacrifice requis était un agneau, mais la loi mosaïque autorisait les familles qui n’avaient pas les moyens d’offrir un agneau à offrir deux tourterelles à la place ou encore deux jeunes pigeons. C’est précisément ce que Miriam (Marie) et Joseph présentèrent. Alors, comment allaient-ils trouver les ressources nécessaires pour se rendre en Égypte et y rester aussi longtemps que nécessaire ? Ces fonds ne provenaient ni d’un autre membre de la famille ni d’un ami, mais de sources étrangères et inattendues : un groupe de visiteurs venus d’une terre lointaine. Il s’agissait de mages à la recherche du roi des Juifs qui venaient de la région où se trouve l’Irak actuellement.

 

Remarquez ce qu’ils apportèrent en cadeau : de l’or – une denrée toujours précieuse, où que l’on aille – ainsi que de l’encens et de la myrrhe. Ces deux derniers étaient très recherchés en Égypte, utilisés aussi bien pour la fabrication de cosmétiques que pour les rituels religieux. Cette famille reçut donc tout le soutien financier nécessaire au moment parfait voulu par Dieu, d’une manière tout à fait inattendue. Avec le Seigneur, nous devons tenir compte de l’inattendu, mais le problème survient lorsque nos attentes sont malheureusement erronées. C’est pourquoi il est si important de demeurer dans les Écritures afin de comprendre la volonté de Dieu.

 

Le manque de connaissance des Écritures a engendré des attentes erronées concernant le Messie, et par conséquent une forme d’aveuglement national de la part d’Israël lors de sa venue. Qu’est-ce qu’on leur a enseigné au sujet de cette attente ? C’est que le Roi-Messie à venir accomplirait trois choses principales : premièrement, qu’Il libérerait Israël de l’oppression romaine ; deuxièmement, qu’Il reconstruirait le temple et troisièmement qu’Il rétablirait la paix dans le monde. Yeshua a-t-il accompli cela lors de sa première venue ? Non. Non seulement Il n’a pas vaincu les Romains, mais ce sont eux qui l’ont mis à mort.

 

S’ils avaient véritablement connu les Écritures, ils auraient eu une description parfaite de ce que le Messie accomplirait, tant lors de sa première que de sa seconde venue. Oui, Il doit instaurer la paix dans le monde, mais seulement après sa mort et sa résurrection. Il devait accomplir la prophétie d’Ésaïe chapitre 53, Lui qui était, après tout, le serviteur souffrant qui devait d’abord porter nos péchés.

 

La compréhension erronée des Écritures par Israël s’est avérée être une catastrophe majeure. En tant que nation, elle a rejeté le Messie et, quarante ans plus tard, en 70 après J.-C., de nombreux Juifs furent exilés. Beaucoup furent tués ou réduits en esclavage et leur temple fut incendié, ainsi qu’une grande partie de Jérusalem.

 

Mais le problème des attentes erronées ne se limite pas au peuple juif. De nombreux croyants aujourd’hui sont confrontés à la même difficulté : celle de placer de fausses attentes envers Dieu.

 

Comment nous sentons-nous lorsque nous attendons une certaine réponse de Dieu et qu’Il ne le fait pas ? Certains d’entre nous finissent par remettre en question leur foi, leur salut et la bonté de Dieu. Nous espérons que Dieu nous épargnera de toutes les épreuves, mais Il ne le fait pas.

 

Qu’a bien pu penser Abraham ? Il quitta le pays d’Ur, et en Genèse chapitre 12, Dieu lui promit qu’il prendrait possession d’une nouvelle terre, un héritage divin. Pourtant, cent ans plus tard, le seul bien qu’Abraham a eu comme possession était une concession funéraire à Hébron, et encore, il dut l’acheter.

 

Souvenons-nous de David, homme de prière et de foi. Sans doute que Dieu le bénirait une fois qu’il aurait été oint comme roi. Mais qui aurait pu prévoir que David serait en fuite pendant les dix années suivantes ? Ni David, ni Abraham, ni les milliers de croyants martyrisés ne s’attendaient à souffrir ainsi.

 

Mais, sans souffrance, une huître ne pourrait jamais produire une belle perle. Une perle se forme lorsqu’une substance étrangère pénètre dans l’huître. Elle réagit en produisant des couches de nacre jusqu’à former une perle. La souffrance peut engendrer une transformation magnifique. De la même manière, le charbon sous pression devient un diamant. La souffrance peut aussi transformer notre façon de penser. Comment David a-t-il pu composer tant de magnifiques psaumes au Seigneur, empreints d’une compréhension si profonde de la grâce et de la sainteté de Dieu ? La souffrance lui a enseigné la patience et la confiance en Dieu. Elle lui a enseigné la repentance, après la sombre histoire avec Bath-Schéba, Urie et de l’enfant illégitime mort.

 

L’une des réponses les moins désirées et les moins attendues de Dieu est la souffrance. Pourtant, considérons que notre véritable liberté se trouve dans l’Incarnation divine – cette puissance inattendue venue du ciel, jaillie d’une racine sortie d’une terre aride, d’un territoire inconnu, du fils de Jessé. Nous avons reçu un Messie aux origines des plus humbles, qui a affronté la persécution, le rejet et, finalement, la mort sur la croix. Un destin inattendu, et pourtant, c’est en Lui que doit reposer toute notre espérance. C’est en Lui que notre victoire est assurée.

 

« Mon âme, repose-toi sur Dieu seul, car c’est de Lui et de Lui seul que vient notre espérance. » (Psaume 62. 5).